Grandes entrevues Le Bel Âge: Guylaine Tremblay

Grandes entrevues Le Bel Âge: Guylaine Tremblay

Photo: Laurence Labat; maquillage: Richard Bouthillier; coiffure: Jonathan Lee; stylisme: Annie Richard; vêtements et accessoires: Le Château.

Double rôle

Depuis quelques mois, Guylaine Tremblay a une nouvelle corde à son arc: elle anime l’émission Banc public à Télé-Québec. Produite par France Beaudoin, l’animatrice bien connue des téléspectateurs, cette émission d’intérêt général aborde des sujets aussi variés que la schizophrénie, les enfants de couples gais, l’héroïsme et la déchéance du commandant Piché ou le travail difficile d’un médecin légiste. Guylaine y est-elle une journaliste ou une comédienne jouant un rôle de journaliste? Il y a quelques années, on a décrié le mélange des genres au Québec, des comédiens s’étaient d’ailleurs insurgés contre les humoristes qui acceptaient des rôles au théâtre ou à la télévision. Aujourd’hui, la situation est encore plus complexe: la comédienne Marina Orsini anime une émission de services, l’animateur Éric Salvail fait des apparitions dans certaines fictions et Claude Meunier anime un faux talk-show déguisé en son personnage de Ti-Mé! Pour Guylaine, la question du mélange des genres ne s’est jamais posée: «Je n’y ai même pas pensé. Quand France Beaudoin m’a proposé cette émission, j’ai vu que c’était un projet solide, bien ficelé, qui me permettrait d’approfondir mes connaissances. En plus, c’était une occasion de m’amuser. Alors, j’ai accepté, c’est tout!»

Entourée d’une belle équipe de recherchistes et de scripteurs, l’actrice-animatrice impressionne par le sérieux qu’elle injecte dans cette émission d’une heure. Les sujets y sont souvent disparates, ce qui la force à se concentrer davantage: «Je suis très curieuse. Alors, vous imaginez bien que j’éprouve un plaisir fou à rencontrer des gens dont l’expérience de vie est à mille lieues de la mienne. J’aime échanger avec les autres, c’est dans ma nature. Pour moi, ces rencontres ne sont pas des entrevues formelles, mais des brins de jasette avec des personnes extraordinaires. Et les quelques préjugés que je peux entretenir prennent souvent le bord en discutant. Je me souviens d’un homme qui allait devenir papa à 72 ans. Avant de le rencontrer, je le trouvais bien égoïste, mais en parlant avec lui, j’ai découvert un être humain parfaitement heureux et conscient de ses limites. À la fin, mon opinion sur lui avait changé: qui suis-je pour juger les autres? Pourquoi n’y aurait-il qu’un seul modèle de bonheur? Ses enfants seront peut-être contents d’avoir eu un père comme lui!»

Guylaine est très spontanée et cela se sent lorsqu’on regarde Banc public. Même si ses recherchistes lui fournissent une série de questions à poser à ses invités, il arrive qu’elle s’écarte du scénario. Ainsi, elle a demandé au père Lacroix, centenaire, s’il était déjà tombé amoureux d’une femme. Le sage homme répondit: «Oui, mais j’ai préféré aimer la terre entière!» Ces moments de grâce comblent Guylaine... et le public!



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