Si on cessait de se comparer aux autres

Si on cessait de se comparer aux autres

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Se comparer aux autres: une arme à deux tranchants

Bien malin qui peut dire qu’il ne se compare jamais aux autres. En réalité, tout le monde le fait, mais à des degrés divers. On le fait souvent même sans s’en rendre compte, ce qui, de prime abord, n’est pas bien grave. Selon la psychologue Josée Jacques, il s’agit, en effet, d’une réaction humaine normale, inculquée dès le plus jeune âge. «Nos parents nous comparaient à la fratrie et aux bambins de l’entourage. À l’école, on était classés par rapport aux notes et aux performances. On utilisait nous-mêmes la comparaison pour obtenir certains privilèges, comme la possibilité de se coucher plus tard que le benjamin. Bref, on a développé notre identité, notre confiance et notre estime de soi en étant comparés, mais aussi en nous comparant aux autres enfants. Chacun se situait selon qu’il était pareil, meilleur, différent, moins bon. En vieillissant, la plupart des adultes s’affranchissent un peu de ce mécanisme, mais jamais complètement. On sait cependant que, plus l’estime de soi est élevée et plus on est satisfait de ce qu’on est, moins on a tendance à se comparer aux autres.» 

Car, il faut bien l’admettre, la comparaison est une arme à double tranchant. Elle peut être positive ou négative, selon la façon dont on s’en sert. «La comparaison est saine lorsqu’on s’en sert pour nous évaluer afin de nous améliorer, de progresser et de devenir encore plus nous-mêmes, rappelle la psychologue Brigitte Hénault. En revanche, si elle a pour objectif de nous prouver qu’on n’est pas correct, qu’on pourrait faire mieux, qu’on ne vaut pas la peine, qu’on n’est pas aussi bien nanti que le voisin ou, au contraire, qu’on est mieux que les autres, alors là, c’est carrément destructeur. Même effet si elle nous empêche d’apprécier ce que nous avons. La comparaison ne doit pas servir à envier quelqu’un ou à se diminuer, mais à s’inspirer et à se prendre en main pour être mieux dans sa peau.» 



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