Grandes entrevues Le Bel Âge: Catherine Major et sa mère

Grandes entrevues Le Bel Âge: Catherine Major et sa mère

Martin Laprise

À l’unisson

Lorsque Catherine Major a bifurqué vers autre chose que le pur classique (elle a obtenu un baccalauréat en musique pop), Jacinthe ne s’en est pas offusquée, bien au contraire. On sent que pour elle, la seule chose qui comptait, c’était que sa fille se réalise dans ses choix personnels. Et puis vint la chanson. Là encore, Jacinthe a joué un rôle important. L’adolescente savait plus ou moins que sa mère écrivait. Un jour, donc, alors qu’elle «fouille» dans un tiroir, elle y découvre un texte qui la saisit, alors même qu’il aborde des sujets profonds et tristes. «J’ai tout de suite eu envie de mettre en musique les mots de ma mère», affirme-t-elle. Ce sera «La Clé», qui figure sur son tout premier album, Par-dessus bord, pour lequel elle a obtenu, en 2004, le fameux prix Coup de coeur de l’Académie Charles-Cros. Cette collaboration n’a jamais cessé depuis. Catherine Major s’était déjà fait remarquer à Petite- Vallée, poussée par l’animatrice Monique Giroux. La sortie de Rose sang (2008) viendra magnifiquement confirmer qu’elle n’était pas une simple chanteuse, mais bien une auteure-compositrice-interprète, et de quel calibre!

Entre la mère et la fille, il n’y a pas vraiment de règle établie. Parfois Catherine offre une musique à Jacinthe; d’autres fois, cette dernière soumet un texte à sa fille. Et dans ce dernier cas, cela donne des chansons comme «Amadeus», «Chanson sans lui» (un texte qui ne contient pas la lettre e, un défi!) ou encore «Bouche-à-bouche», qui figurent dans Le désert des solitudes, le troisième album sorti en 2011. L’artiste a déjà déclaré en entrevue : «Ma mère écrit des textes qui me chavirent.» Et lorsqu’elle les chante, ils nous chavirent tout autant. Car elle est «chavirante», Catherine Major, dans la vie comme sur scène: intense, passionnée, fébrile par moments. Il semble que la pomme ne soit pas tombée trop loin de l’arbre puisque, sous son air calme et détendu, Jacinthe avoue être tout aussi anxieuse: «Je suis une angoissée. Dans la famille, on est tous comme ça.» 



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