Les grandes villes d’art italiennes

Les grandes villes d’art italiennes

Rome: éternelle, mais bien vivante

«En Italie, l’art est tellement partout que même les lampadaires sont élégants!» J’ai entendu un jour un touriste faire cette réflexion dans une rue de Rome qui n’avait pourtant rien d’exceptionnel. Mais à sa façon, ce visiteur exprimait avec justesse un trait commun à plusieurs villes italiennes, dont Rome, Florence et Venise. En effet, dans ces trois villes aux nombreux musées et aux églises riches de trésors inestimables, l’art nous attend à tous les coins de rue, sur les façades des palais, sur les ponts, dans les alcôves cachées au fond de petites rues paisibles, sans oublier les places publiques, toujours d’une grande beauté. 

À Rome, par exemple, on peut admirer de nombreux chefs-d’oeuvre architecturaux d’à peu près toutes les époques: des obélisques rapportés d’Égypte jusqu’aux splendeurs du baroque, en passant par les vestiges du Forum et du Colisée de la Rome antique qui nous rappellent l’extraordinaire survivance de cette «ville éternelle». Mais l’art et l’art de vivre s’y conjuguent aussi au présent, notamment sur les magnifiques piazzas. Dès que le soleil réchauffe les sept collines de Rome, ses places majestueuses deviennent en effet de véritables théâtres offrant un joyeux mélange de commerçants affairés et de touristes bien déterminés à profiter de la dolce vita tout en dégustant d’onctueuses gelati. Plusieurs optent pour la place d’Espagne, histoire de lézarder dans ses fameuses «marches espagnoles» ou encore à ses pieds, autour de la fontaine de la Barcaccia. D’autres vont directement à la fontaine de Trévi, immortalisée par Fellini. Cette belle baroque du XVIIe siècle est devenue si populaire qu’il faut parfois jouer du coude pour y apercevoir le char de Neptune et ses deux chevaux symbolisant les humeurs de l’Océan. Et comment ne pas se rendre à l’immense piazza Navona, l’une des splendeurs de la Rome baroque grâce aux trois majestueuses fontaines du sculpteur Bernin? Au centre trône sa fontaine des Quatre- Fleuves, dont les statues allégoriques représentent le Nil, le Rio de la Plata, le Gange et le Danube. Aux extrémités on remarquera la fontaine de Neptune et celle des Maures, dont les personnages se découpent sur les murs colorés des maisons avoisinantes. Le soir venu, sans ses peintres et ses vendeurs de tableaux, la piazza Navona devient encore plus magique, alors que s’entremêlent les conversations animées sur les terrasses tout autour, nimbées par l’éclairage nocturne des fontaines. 

Après avoir profité des plaisirs romains sur les piazzas et fait quelques emplettes au sympathique marché du Campo dei Fiori, on peut difficilement quitter cette ville sans aller voir les trésors du Vatican. Enclavé au centre de Rome, le plus petit État souverain du monde est dominé par l’imposante basilique Saint-Pierre, elle aussi marquée par le génie de Bernin, qui signa notamment l’immense baldaquin surplombant l’autel. Le tombeau de saint Pierre y est bien gardé, Michel-Ange lui-même ayant travaillé à la coupole de la basilique peu avant sa mort. L’église renferme aussi une Pietà de Michel-Ange, alors que les palais juste derrière cachent son chef-d’oeuvre: les fresques du Jugement dernier et de la Genèse qui ornent la chapelle Sixtine. Pas étonnant que les cardinaux y tiennent encore leur conclave quand ils doivent élire un pape... Quel privilège ils ont de pouvoir apprécier ces fresques pendant des heures, alors que le commun des mortels n’y passera qu’une quinzaine de minutes tout au plus, nombre de visiteurs oblige. Heureusement, il y a moins de contraintes (et de monde !) dans les autres parties des musées du Vatican, ce qui laisse le temps d’admirer les collections de cartes anciennes et de sculptures classiques, les chambres peintes par Raphaël ou les anciens appartements du pape Alexandre VI, père de César Borgia...



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