La Provence de Marcel Pagnol

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Sur les traces de Pagnol

Il reste quand même, ici et là, des symboles de la Provence de Pagnol. Le petit bar méridional protégé des mouches et du soleil par un rideau en olives de bois, avec son comptoir de marbre et ses banquettes en faux cuir a survécu dans les vieux quartiers et les villages. Le café devant lequel Raimu prend sa mémorable cuite dans La Femme du boulanger existe toujours, place de la Source, à Beausset.

Mais pour retrouver la vraie Provence, pastorale, buissonnière et bon enfant, la Provence de Jean de Florette et d’Ugolin, il faut aller plus loin, plus haut, vers le nord, passé la Durance. Il faut se perdre dans la Haute-Provence, là où les noms des villages deviennent de vrais poèmes: Buis-les-Baronnies, Vaison-la-Romaine, Dieulefit, Suze-la-Rousse, Mérindol-les-Oliviers...

C’est ici que l’on retrouve, encore intacte, la campagne d’Occitanie, où asperges et champignons sauvages, figues et pignes à pignon nourrissent encore des paysans attachés à leur terre rocailleuse, où les grandes bastides gardent leurs volets obstinément clos, où les murets de pierre courent encore le long des collines tricotées de vignobles, picotées d’oliviers, d’amandiers, d’abricotiers et des coussins parfumés de la lavande.

La Provence des cinéastes

Bien que Pagnol situe ses romans plus près de Marseille, les cinéastes qui les ont mis en scène ont trouvé les paysages qu’il décrit dans ces montagnes désertes coiffées de gros pitons blancs, que l’on appelle des baous, et truffées de grottes profondes d’où jaillissent des sources précieuses, ainsi que dans ces villages haut perchés qui ont miraculeusement résisté au modernisme, gardant tout leur cachet.

Grambois, dans le Vaucluse, devint ainsi le village de La Treille dans La Gloire de mon père. Les scènes de la fontaine et du café, dans Manon des sources, ont été filmées à Mirabeau, et la jeune sauvageonne se marie dans l’église d’Ansouis. Enfin, c’est à Dauphin que l’on trouve la boulangerie.

Ces villages riches en histoire et admirablement préservés constituent de hauts lieux du tourisme, particulièrement en été, bien que l’hiver apporte son lot de visiteurs. Ils viennent y voir les fabuleuses crèches et célébrer Noël dans toute sa pompe provençale. Mais… où aller pour éviter les touristes?



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