La Provence de Marcel Pagnol

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Chaude et sensuelle comme les filles de la Méditerranée, ensorceleuse et énigmatique comme ces Gitanes qui vagabondent sur ses routes, la Provence a de tout temps inspiré peintres et poètes.

Les plumes de Mistral, Daudet et Giono ont célébré les beautés de son âme paysanne, mais, de tous ses chantres, Marcel Pagnol est celui qui a su le mieux capturer l’essence profonde de la Provence et qui a campé avec le plus de justesse ses habitants pleins de verve. Écrivain, cinéaste, dramaturge, il est véritablement le fils du pays.

Né à Aubagne, la capitale des santons, en 1895, le petit Marcel passe sa jeunesse à Marseille où il s’imprègne de «l’odeur des profonds magasins où l’on voit dans l’ombre des rouleaux de cordage...». Il découvre les «petits bars ombreux le long des quais et les fraîches Marseillaises aux éventaires de coquillages». À 27 ans, Pagnol monte à Paris comme tous les jeunes ambitieux de province, mais il a vite le mal du pays. «Alors, je commençai à écrire l’histoire de ce Marius...», confie-t-il à ses mémoires.

Pagnol n’a qu’à plonger dans ses souvenirs pour camper ses personnages, car les Provençaux semblent jouer la comédie en permanence. Toute conversation devient pour eux une joute sportive, copieusement assaisonnée de cet accent, l’asseng qui fait chanter la langue. Qui ne se rappelle les répliques croustillantes de César et de Marius ou la célèbre partie de cartes qui réunit César, Panisse, Escartefigue et Monsieur Brun? Un classique.

À la recherche du temps passé

Aujourd’hui, pour retrouver les héros de Pagnol, ce n’est pas sur la Cannebière qu’il faut aller. Le Marseille du Café de la Marine, des goélettes et du ferri-boate a disparu depuis longtemps. Ce n’est pas non plus à la Treille qu’il faut chercher le Château de ma mère. Ce hameau, où le père de Marcel louait une villa au début du siècle, a été absorbé par la cité phocéenne. Et si la «Bastide Neuve» existe toujours au fond du chemin des Bellons, ce n’est plus le bout du monde, comme le pensait Marcel.

C’est en vain que l’on cherche le «petit chemin de Provence qui se promenait entre deux murailles de pierres cuites par le soleil, au bord desquelles se penchaient vers nous des larges feuilles de figuiers, des buissons de clématites et des oliviers centenaires», comme il le décrit dans La Gloire de mon père. La garrigue est maintenant envahie par les condos, les villages de retraités et les concessionnaires automobiles.



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