Chronique 8: Honduras, Salvador et Guatemala

Ah, que la vie est dure! Durant notre virée au Panama, nous avons brisé la courroie serpentine, pièce essentielle de notre véhicule. Petite affaire, direz-vous? Un paquet de troubles, je vous répondrais. Nous avons réussi à trouver une courroie de dépannage qui nous a permis de revenir, mais celle-ci étant trop étroite ne permet pas au moteur de déployer toute sa puissance. Nous devons donc renoncer à plusieurs visites prévues, dont les sites archéologiques de Tikal et de Copán, au Guatemala et au Honduras, car nous devrions alors cheminer dans des montagnes de 1 500 mètres d’altitude.

À contrecoeur, nous prenons donc la décision de rentrer au Mexique en suivant la côte du Pacifique, donc la plaine. Il faut ajouter aux ennuis mécaniques et aux bris de la caravane portée, la fatigue physique et morale, car visiter ces pays du Tiers-monde, où tous les jours on côtoie une extrême pauvreté, ne va pas sans nous remuer intérieurement. Les gens vivent dans des maisons aux murs de tôle, et même de boîtes de bananes. Ils sont si pauvres que lorsque nous donnons quelques córdobas ou quelques lempiras, nous avons l’impression de jeter une goutte d’eau dans un sol desséché et quand un enfant ou un vieillard prend cet argent tenu entre vos doigts, il vous arrache une partie du cœur.

Comme il nous presse d’entrer au pays du président Calderón, nous attaquons les frontières en commençant par El Amatillo, la terrible; elle a mauvaise réputation, car ici la procédurite est endémique. Notre surprise est totale. Ce matin-là, un officier des douanes du Honduras – s’étant levé du bon pied, faut-il croire – nous prend en charge et nous pilote à travers les dédales du poste frontière. Il fait diligence et, une demi-heure plus tard, nous sommes prêts à nous frotter aux officiels du Salvador où une panne du système informatique nous retarde d’une bonne heure.



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