Pour un parfait voyage au sommet!

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Dangers physiologiques

Dangers physiologiques

Or, si l’on pense aux coups de soleil et aux infections potentielles quand on prépare sa trousse de voyage, il faut aussi prendre l’altitude très au sérieux. «Se déplacer à La Paz n’a rien à voir avec marcher dans la Baie des Chaleurs...», résume l’omnipraticienne et urgentiste Anne-Marie Charest, qui s’intéresse à la médecine en altitude et d’aventure. Elle a notamment cofondé l’Association québécoise de médecine de montagne et d’aventure, qui veut notamment sensibiliser les médecins aux dangers des hauteurs.

Selon elle, les dangers physiologiques de l’altitude restent largement méconnus, même si le père José de Acosta en avait déjà décrit les symptômes au XVIe siècle lors de la conquête espagnole dans les Andes, longtemps après les Chinois, un siècle avant Jésus-Christ, quand leurs caravanes franchissaient des cols à 4500 m sur la route de la soie...

Bruno Laberge, un quinquagénaire récemment rentré du Mexique, a trouvé laborieux de se déplacer à Mexico. «Sur la rue, je devais marcher lentement, me sentant à bout de souffle dès que j’accélérais. En haut de la vingtaine de marches conduisant à ma chambre d’hôtel, je devais m’arrêter une minute pour reprendre mon souffle. Pourtant, je suis en forme. Ma conjointe, elle, n’a pas eu ce problème.» «Respirer plus vite à partir d’environ 2500 m, c’est normal, précise Anne-Marie Charest. Il y a moins de pression, donc moins d’oxygène dans une bouffée d’air. Le cœur bat plus vite, à la recherche du carburant vital. Certains s’en rendent davantage compte que d’autres.» À partir du moment où l’essoufflement disparaît après quelques minutes de repos, il n’y a aucun problème: le corps est en train de s’adapter.

Mais l’acclimatation ne se fait pas toujours. À partir de 2000 m et jusqu’à 3000 m, 1 personne sur 5 souffre du mal aigu des montagnes (MAM). À 3000 m, on passe à 2 personnes sur 5. «En réalité, les problèmes commencent plus souvent à partir de 3000 m», précise Anne- Marie Charest. Si l’on s’en occupe bien, le MAM n’a rien de dramatique. L’important, c’est de le reconnaître et, quand il le faut, de prendre les bonnes décisions.



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