Croisières 101

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En 2003, alors que le tourisme international baissait de 1,2% à cause de l’économie, de la menace du SRAS et du conflit en Irak, la clientèle des croisières progressait de 10,9%. Leur environnement étant relativement protégé, on les considère sécuritaires, ce qui rassure une bonne proportion de passagers, notamment ceux qui optent pour des destinations exotiques.

La popularité des croisières tient également au fait que les fournisseurs ont su flairer le vent et diversifier leurs produits. Il n’y a pas si longtemps, les croisières se limitaient plus au moins aux Caraïbes, étaient réservées à l’élite et nécessitaient une luxueuse garde-robe. Plus décontractées et plus démocratiques, elles couvrent maintenant le globe. Les inconditionnels des croisières aiment découvrir plusieurs destinations au cours d’un même voyage sans refaire quotidiennement leurs bagages et sans conduire ou se taper de longues heures d’autocar. Les croisières sont à la fois reposantes et stimulantes.

Quoi de neuf ?

Le monde s’ouvre aux croisiéristes grâce à de nouveaux itinéraires, notamment en Europe, en Amérique du Sud, en Asie et en Océanie. Certains paquebots proposent même des tours du monde dans une gamme de prix plus diversifiée qu’auparavant. Par ailleurs, les croisières sur les grands fleuves européens se développent en parallèle, ouvrant une fenêtre différente sur le vieux continent.

On note une tendance générale vers le haut de gamme. Appartements sur deux étages, salles de bains en marbre, produits de toilette raffinés, piscines privées… les bateaux redéfinissent le luxe! Étonnant, mais il semble y avoir une demande pour les suites grandes comme des maisons: elles seraient souvent les premières à se vendre! Voilà qui va de pair avec le retour des différentes classes, comme au temps du Titanic, mais en plus subtil, les passagers des suites et autres cabines de catégorie supérieure ayant droit à une gamme de services exclusifs.

D’autre part, les croisières économiques connaissent un certain essor. Elles s’adressent à une clientèle peu exigeante pour laquelle l’itinéraire passe avant la gastronomie, le confort et le prestige du bateau. Easy Cruise, par exemple, a développé ce créneau sur le modèle du transport aérien à rabais.

Une infinité d’activités

Les mégapaquebots continuent d’être populaires, mais les bateaux de taille moyenne, qui peuvent naviguer vers des endroits inaccessibles aux villes flottantes, connaissent un retour en grâce. Les compagnies de croisières suivent les grandes tendances contemporaines. On trouve sur les bateaux les mêmes services que sur la terre ferme: bibliothèques, lounges, bars à vins, à martinis ou à champagne. La plupart des bateaux sont branchés; le service de téléphonie cellulaire et l’accès à Internet sans fil y sont disponibles, mais coûteux.

Curieux et intéressés, les croisiéristes en profitent pour s’initier à Photoshop ou à la conception d’un site Web, assister à des conférences sur les espèces en voie de disparition, l’œnologie, l’impressionnisme, la conquête de l’espace, participer à des ateliers de scrapbooking et de photo ou suivre des cours de danse, d’aquarelle, de poterie ou de langues.

Des croisières thématiques mettant en vedette le chocolat, le golf, le bridge, la musique et l’art constituent autant de prétextes aux vacances en mer, tout comme les croisières consacrées à la remise en forme, mettant en vedette marches matinales, cours de cuisine minceur, végétarienne ou macrobiotique, leçons de taï chi et de pilates, massages et méditation.

Les paquebots modernes ont pris le virage santé. Quelques compagnies se targuent par ailleurs d’avoir éliminé les gras trans, d’autres ont introduit des plats végétariens, faibles en gras, en calories, en sodium ou en cholestérol et des préparations sans gluten ou sans lactose. Murs d'escalade, patinoires, rings de boxe et parcours de golf font de l’œil aux plus actifs. Pour plaire à une clientèle plus jeune et plus intrépide, les compagnies ont d’ailleurs de plus en plus tendance à proposer quelques excursions hors des sentiers battus.

Compagnies et itinéraires

Essentiel: bien choisir sa compagnie, son itinéraire, son bateau et sa cabine. Autrement, la croisière risque de ne pas s’amuser… Les conseillers en voyages spécialisés s’avèrent une aide précieuse dans la planification d’une croisière. Ils vous orientent vers les produits qui vous conviennent le mieux, qu’il s’agisse d’un voyage en amoureux, en groupe ou en famille nucléaire ou élargie, selon la destination, la longueur prévue des vacances, le budget et les intérêts.

Les compagnies se spécialisent par marché. Le choix devrait reposer sur les moyens financiers dont on dispose et sur ses affinités. Le nom de Cunard, par exemple, évoque le luxe et la tradition avec son paquebot emblématique, le Queen Mary 2. Les Fun Ships de Carnival attirent une clientèle pus jeune et plus fêtarde, alors que Holland America plaît à ceux qui ont des goûts plus classiques. La Norwegian Cruise Line propose pour sa part un style décontracté avec son Freestyle Cruising qui permet notamment de dire adieu aux repas à heure fixe. Par contre, les Yachts of Seabourn, Regent Seven Seas, Silversea et Windstar donnent carrément dans le luxe, la sophistication et l’exotisme.

Le choix de l’itinéraire se fait en fonction du temps disponible, de l’intérêt des destinations, de la durée des escales et du nombre de journées en mer. Quand on choisit une croisière parce qu’elle s’arrête à Barcelone, par exemple, et que le temps est tellement limité que l’on peut à peine apercevoir la Sagrada Familia de loin, l’escale peut s’avérer frustrante…

Il faut vérifier si le bateau accoste à quai. Sinon, il sera ancré plus loin et l’utilisation de petits bateaux pour transporter les passagers sur la terre ferme prendra plus de temps et restreindra d’autant la durée réelle de l’escale. Les journées en mer permettent en principe aux passagers de se reposer et de se dorloter et il y a toujours beaucoup d’activités planifiées à bord, mais trop de mer peut déplaire à certains caractères hyperactifs…

Quel bateau? Quelle cabine?

Les critères à considérer pour choisir le type de bateau: sa taille et son âge. La préférence pour des bateaux de petite ou de grande taille est tout à fait personnelle. Les plus grands bateaux proposent habituellement davantage de services et d’options, mais leur choix de ports est limité. En comparant les itinéraires de bateaux de différentes tailles, on peut se faire une idée de ce qui nous convient. Les bateaux plus récents, à la fine pointe des tendances et de la technologie, peuvent faciliter la vie, mais les plus anciens, entretenus et rénovés gardent leur charme.

Les balcons sont de plus en plus populaires et ont considérablement modifié la silhouette des paquebots. Selon les itinéraires, choisir bâbord ou tribord fera la différence pour ceux qui veulent être aux premières loges pour l’entrée à Venise ou pour admirer le lever de lune sur Santorin… Les cabines intérieures sont les moins chères, mais aussi les moins intéressantes. Certains passagers qui voyagent en groupe ne répugnent pas y à dormir s’ils peuvent profiter à l’occasion du balcon de leurs amis. Les passagers qui choisissent la cabine sans hublot devraient se mettre, dès le premier jour, à la recherche d’un coin agréable avec vue dans un espace public où ils pourront notamment lire en paix.

On trouve les plans de chaque bateau dans les brochures des compagnies et sur leur site Web. Plus la cabine est située à un étage supérieur, moins on sent le roulis et le grondement des moteurs. À éviter: les cabines trop près des ascenseurs et celles situées immédiatement sous le gym…

Les excursions

Les passagers sont invités à acheter les excursions à l’avance. Pourquoi pas, si elles peuvent être annulées sans frais! Autrement, il sera toujours temps de s’inscrire à bord. Quand la demande le justifie, on ajoute un groupe supplémentaire. Les excursions sont habituellement très chères (parfois même beaucoup trop…), ce qui amène les croisiéristes expérimentés à choisir d’autres options. L’idéal est de s’informer à l’avance des excursions offertes et de vérifier pour chaque port les options disponibles. Internet est pour cela d’un grand secours. Sur Google Earth, il est possible de visualiser le port et de voir s’il est près ou non du centre-ville.

Par ailleurs, les excursions offertes et les visites guidées sont souvent affichées sur les sites Web des offices de tourisme des différentes escales. Dans plusieurs ports européens, comme Naples, la plupart des bateaux accostent pratiquement dans la ville. Muni d’un bon guide de voyage, il est possible de visiter une ville sans avoir recours aux excursions de groupes. Les bons marcheurs pourront facilement atteindre à pied le Musée archéologique de Naples. À Cannes, ceux qui décident de passer la journée à la plage peuvent facilement en trouver une à distance de marche du quai de débarquement.

La situation est différente pour les excursions vers les endroits plus éloignés des ports, comme Pompéi ou Florence, mais les passagers expérimentés s’organisent en partageant un taxi ou même en prenant le train. Ces expériences loin de la foule déchaînée peuvent être plus enrichissantes et évitent les pertes de temps associées aux déplacements en autocar. Une seule contrainte: ne pas manquer le bateau…

Les prix

Il est préférable de réserver à l’avance pour un meilleur choix de cabines et de prix. Plusieurs compagnies feront profiter les passagers ayant déjà réservé d’éventuelles baisses de prix, ou accepteront d’annuler sans frais au moins 90 jours avant le départ.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les croisières n’ont pas de tarif tout compris. Sauf sur les bateaux haut de gamme, les croisiéristes doivent payer leurs boissons alcooliques, y compris le petit cocktail de bienvenue proposé sur le pont, leur vin au repas, la bouteille d’eau qu’ils apportent en excursion et même le cappuccino qu’ils sirotent au bar! Les pourboires sont la plupart du temps automatiquement portés sur la carte de crédit du passager, qui est par ailleurs libre d’ajouter une prime aux membres du personnel qui auront été particulièrement attentifs à ses besoins. On peut obtenir des tarifs avantageux sur certains sites Web, hors saison et en période de repositionnement. Attention toutefois à la saison des ouragans! 

Croisière sans vol

On entend parfois des histoires d’horreur sur des voyages ratés pour cause de correspondance loupée et de vol en retard. Mieux vaut planifier les vols en se donnant largement le temps d’atterrir avant que le bateau ne largue les amarres. Quand ce n’est pas possible, il faut arriver la veille ou repartir le lendemain, ce qui ajoute par contre au prix de la croisière.

Après un certain 11 septembre, plusieurs Américains ont été réticents à prendre l’avion, ce qui a incité les compagnies à multiplier les ports d’attache nord-américains. On en trouve maintenant sur les côtes est et ouest des États-Unis et sur le golfe du Mexique. Pour les Québécois, le port de New York représente une alternative intéressante. Le Manhattan Cruise Terminal est à moins de sept heures de route de Montréal. Le stationnement, visible du quai, est facilement accessible en arrivant du Lincoln Tunnel. À 30$US par jour, il en coûte moins de 250$US pour garer sa voiture pendant une croisière de 8 jours. On est loin du prix de deux billets d’avion, auquel il faut ajouter les transports vers l’aéroport et de l’aéroport ou le stationnement à l’aéroport…

Et le mal de mer?

Les paquebots modernes sont équipés de stabilisateurs qui réduisent grandement le risque de mal de mer, une pathologie qui transforme rapidement des vacances en cauchemar. On suggère aux personnes sujettes au mal de mer de choisir une cabine au milieu du bateau, d’éviter l’alcool et de manger légèrement, mais souvent, question de ne pas avoir l’estomac vide.

Les affres du mal de mer se supportent mieux à l’extérieur, en regardant dans le sens de la navigation. On peut aussi avoir recours aux antihistaminiques, à l’homéopathie, aux huiles essentielles, aux bracelets anti-mal de mer, aux timbres que l’on applique derrière l’oreille…

L’idéal est de consulter son médecin ou son pharmacien avant le départ. Bien sûr, il y a toujours une infirmerie à bord…

Une mine d’informations

Croisières dans les Caraïbes, une petite bible de 272 pages publiée aux Éditions Ulysse, fait le tour de tout ce qu’il faut savoir sur les croisières. Même si l’ouvrage se limite aux itinéraires des Caraïbes, on y trouve beaucoup d’informations pertinentes sur les croisières en général. Les auteurs y brossent le portrait des principaux croisiéristes et dispensent des conseils sur la préparation d’une croisière.

Le site de la Cruise Lines International Association regroupe une vingtaine de compagnies de croisières. www.cruising.org

Aubaines appréciables sur les croisières et renseignements pratiques sur les compagnies, les bateaux, les escales, etc., au www.vacationstogo.com

Pour recueillir des informations et poser des questions sur des bateaux, des itinéraires ou des excursions à des adeptes expérimentés, grâce au forum de discussion: www.lemondedescroisieres.com

Mise à jour: février 2010


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