Pages :

Traitement et prévention

La dyspareunie expliquée

Vous ressentez une douleur au moment de la pénétration? Près de 15% des femmes vivent le même problème. Pour mieux comprendre la dyspareunie, voici un tour d’horizon du sujet en cinq questions et réponses.

iStockphoto.com

1. Qu’est-ce que la dyspareunie?

La dyspareunie, aussi appelée coïtalgie, est le terme général pour désigner toute douleur, tant légère que grave, ressentie pendant les relations sexuelles. Cette douleur, habituellement éprouvée durant le coït, peut aussi se manifester lors des caresses vaginales ou après la relation sexuelle. Hélas, ce problème demeure très peu rapporté par les femmes, qui ne parlent pas d’emblée de leurs difficultés sexuelles. Les statistiques seraient donc bien en dessous de la réalité.

2. Comment se manifeste la douleur?

Selon Sophie Bergeron, psychologue au Service de thérapie sexuelle et de couple à l’hôpital Royal Victoria et professeure au Département de sexologie de l’UQAM, la douleur peut avoir différentes caractéristiques: «La douleur peut être ressentie à l’entrée du vagin ou encore en profondeur, par exemple au moment où le pénis touche au col de l’utérus. Cette douleur peut être vécue comme une brûlure, un élancement, une sensation de coupure, une irritation.

Malheureusement, la crainte d’avoir mal fait incite la femme à contracter ses muscles pelviens au moment de la pénétration, ce qui risque d’accentuer la douleur et de rendre la pénétration encore plus difficile.»

3. Quelles sont les principales causes de la dyspareunie?

Il en existe plusieurs. «Le syndrome de la vestibulodynie – aussi connu sous le nom de vestibulite vulvaire – est l’une des plus fréquentes chez les femmes de moins de 40 ans, souligne Sophie Bergeron. Il s’agit d’une douleur localisée à l’entrée du vagin qui provoque une sensation de brûlure ou de coupure lors des relations sexuelles, mais aussi lors d’activités impliquant une pression au niveau du vestibule, comme au moment de l’insertion d’un tampon, de l’examen gynécologique ou même d’une promenade à vélo. Ce syndrome peut être facilement diagnostiqué durant l’examen gynécologique. Le médecin va tout simplement toucher diverses zones du vestibule avec un coton-tige. Les femmes qui en souffrent vont éprouver de la douleur au cours de ce test.»

Parmi les autres causes, se trouvent notamment l’endométriose, le vaginisme, les maladies transmises sexuellement, l’inflammation du col de l’utérus, l’infection vaginale, les kystes à l’ovaire et la mauvaise cicatrisation après un accouchement difficile.

«On note aussi une forme de dyspareunie chez la femme ménopausée qui ne prend pas d’hormones, ajoute le Dr Claude Fortin, gynécologue. Cette dyspareunie est reliée à la sécheresse vaginale et à l’atrophie de la muqueuse vaginale causées par la perte d’oestrogènes. La douleur se situe au niveau du vagin. Les relations sexuelles de plus en plus espacées accentuent le phénomène. Facile à comprendre: si vous ressentez de la douleur, vous avez moins envie d’avoir des relations sexuelles; et si vous avez moins de relations sexuelles, la muqueuse ne sera plus stimulée aussi fréquemment et elle s’atrophiera plus vite. C’est un cercle vicieux.»

Partagez votre opinion

Réagissez à cet article

La dyspareunie expliquée

Laissez ce champ vide, il est là pour prévenir contre les soumissions automatisées en spam.

Voir les politique de commentaires