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Traitement et prévention

Hormonothérapie: oui ou non?

Les symptômes de la ménopause peuvent être très perturbants et durer longtemps. Doit-on les supporter par crainte de l’hormonothérapie? 

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Il y a quelques années, on prescrivait l’hormonothérapie à toutes les femmes en ménopause, ou presque, en vantant ses bienfaits: soulagement des symptômes, protection contre la perte osseuse et les maladies cardiovasculaires, ralentissement du vieillissement des tissus, prévention du cancer du côlon, de la maladie d’Alzheimer...

Puis, en 2002, l’étude américaine Women’s Health Initiative (WHI), menée auprès de plus de 160000 femmes de 50 à 79 ans, a montré que l’hormonothérapie augmentait les risques de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral, de cancer du sein et de démence. Résultats: nombre de médecins ont conseillé à leurs patientes de l’abandonner, ce que 50% des utilisatrices nord-américaines ont fait.

Mais voilà qu’en janvier dernier, la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada publiait de nouvelles directives cliniques sur la ménopause. Après une analyse fouillée des données, la SOGC concluait que «l’hormonothérapie est une option viable et sûre pour bon nombre de femmes, pourvu qu’elle soit mise en œuvre au début de la ménopause et qu’elle serve, à court terme, à soulager des symptômes occasionnant des difficultés».

Peu après, le New England Journal of Medicine diffusait les résultats d’une recherche démontrant que le traitement hormonal, composé d’une combinaison d’œstrogène et de progestérone, augmentait bel et bien le risque de cancer du sein! De quoi y perdre son latin...

Le risque de cancer du sein expliqué


«On savait bien avant l’étude américaine que les femmes qui suivent une hormonothérapie (HT) durant plus de quatre ans augmentent légèrement leur risque de cancer du sein», souligne la Dre Sylvie Dodin, professeure au Département d’obstétrique et de gynécologie de l’Université Laval, directrice du Centre Ménopause Québec, chercheuse clinicienne et consultante en santé publique. On parle d’une hausse de 26% de risque de cancer du sein après 4 ans d’utilisation. «Cela signifie que, sur 10000 femmes qui ne prennent pas d’hormones, 20 auront un cancer du sein alors que sur 10000 qui prennent des hormones, 26 en développeront un», explique la Dre Dodin. L’hormonothérapie serait donc responsable de 6 cas de plus de cancer du sein par tranche de 10000 femmes par année: voilà ce que montrent les études. «En tant qu’épidémiologiste en santé publique qui s’adresse à l’ensemble de la population, je dirais que l’hormonothérapie ne devrait pas être prescrite à toutes les femmes à la ménopause parce qu’on élève leur risque de cancer du sein, sans diminuer le risque de maladies cardiovasculaires comme on le croyait autrefois», poursuit-elle.

Mais son attitude change quand elle se trouve devant une femme qui a des bouffées de chaleur à n’en plus finir, qui se réveille fatiguée ou ne dort pas la nuit, ne fait plus d’exercice par crainte de nouvelles bouffées de chaleur, ne surveille plus son alimentation parce qu’elle est déprimée et gagne du poids... «Elle a le droit de prendre une décision éclairée par rapport à l’hormonothérapie, dit-elle. Surtout si elle ne fait plus d’exercice: elle va prendre du poids... ce qui augmente son risque de cancer du sein!»

«Les effets nocifs de l’hormonothérapie sont restreints, insiste le Dr Michel Fortier, professeur au département d’obstétrique et de gynécologie de l’Université Laval et coauteur de la mise à jour des avis médicaux au sujet de la ménopause. C’est ce qu’il y a de meilleur pour soulager les symptômes vasomoteurs – bouffées de chaleur, troubles du sommeil... Et il y a une réaction en chaîne: une fois cet aspect réglé, plusieurs symptômes s’atténuent.»

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Commentaires

Peut-être?

Bon article éclaireur!
J' ai beaucoup aimé la conclusion ( comparaison avec le trajet d'un avion)... C'est vraiment comme ça ...

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