Billet

On sort-tu?

Un mercredi tout à la fin du mois de juin, alors que le soleil se faisait moins fort dans les rues de Pienza, village de Toscane, des personnes âgées, souvent au bras de plus jeunes quand elles avaient du mal à marcher, sortaient de leurs maisons sous mes yeux de flâneuse, prenant d’assaut les bancs publics ou les chaises en terrasse des petites places, jouant aux cartes, discutant, hélant une connaissance pour qu’elle se joigne à leur groupe.

On sort-tu?

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

Ces rassemblements spontanés, comme un rituel d’avant-souper, je les ai vus aussi à Lucca, Volterra, San Gimignano et même à Rome, dans le quartier si typique du Trastevere où je logeais durant ces vacances. Dans la Petite-Italie, mon quartier de Montréal, toute la journée, l’été, des retraités prennent le frais sur leur porche, regardant passer les gens, bien calés dans leur fauteuil... mais en solo le plus souvent. Chez nous, un tiers des 65 ans et plus vivent seuls, et 40 % des 75 ans et plus.

Si la météo s’en mêle, rendant les activités extérieures plus difficiles, on risque de s’enfermer chez soi davantage, par la force des choses, et de s’éloigner de ses proches. Avec des impacts sur la santé dont on n’a pas toujours conscience... En effet, selon le Conseil national des aînés et l’association Les Petits Frères, l’isolement social affaiblirait non seulement le système immunitaire, favorisant les problèmes cardiaques, le diabète et l’arthrite, mais accentuerait aussi les risques de dépression, de fatigue chronique et de pertes de mémoire.

Mais rassurez-vous, l’idée ici n’est pas de vous faire ressentir la sinistrose de fin d’automne en plein été: vous savez bien qu’au Bel Âge, ce sont de solutions qu’on offre, pas davantage de problèmes! Vous êtes d’ailleurs de plus en plus nombreux à nous lire: 946 000 désormais chaque mois dans tout le Québec, d’après les derniers chiffres officiels (merci, tellement merci!). Or, justement, cette communauté que nous représentons tous ensemble, nous aimerions la rendre encore plus vivante, renforcer ces liens qui se tissent à travers le magazine, notre site, les lettres et les courriels que nous échangeons.

Dans leurs messages, plusieurs me parlent de cette solitude, de leur sensation d’être mis à l’écart de cette société à laquelle ils ont tant contribué, de ne plus être des citoyens à part entière. Ils rêvent d’un appel, d’une balade au parc, d’un verre entre amis, d’une visite au centre commercial ou, mieux encore, d’une invitation à souper... Pourquoi ne lancerions-nous pas, avec vous tous, communauté du Bel Âge, des projets pour que les plus isolés des retraités retrouvent une vie sociale?

À la rédaction, nous aurons bientôt un gros remue-méninges à ce sujet. Impossible donc de ne pas vous mettre aussi à contribution sur ce sujet important, pour que vous y pensiez vous aussi à la maison. Quelles sorties vous feraient plaisir, vous qui avez envie de sortir davantage de vos

quatre murs? Même question d’ailleurs pour tous ceux qui ont la chance de pouvoir compter sur un entourage plus présent: voyez-vous des activités dans lesquelles nous pourrions nous lancer pour briser la solitude et s’entraider?

Encore plus envie de lire vos réponses que d’habitude!

Aline Pinxteren, rédactrice en chef

aline.pinxteren@lebelage.ca

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