Billet

Si loin, si proches


Cette semaine, quand une collègue a déposé sur mon bureau un sondage concernant une tranche de la population dont on ne parle presque jamais, j’ai d’abord parcouru le document d’un œil distrait, mais il m'a vite captivée. 

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

Il faut dire que les chiffres étaient franchement surprenants! Selon vous, dans ces statistiques, de qui est-il question?

1. 87 % d'entre eux préfèrent lire des livres et des magazines papier plutôt que numériques.

2. 92 % préfèrent les rencontres en personne à celles via appel vidéo.

3. Quand un ami vit des moments difficiles, pour lui remonter le moral, 88 % passent le voir en vrai au lieu de lui envoyer des encouragements par texto.

4. Une majorité peut très bien se passer de wifi, réseaux sociaux et cellulaire pendant une semaine.

5. Plus de 60 % ne soutiennent pas la légalisation sur le cannabis.

6. La plupart ne sont tentés ni par les faux cils ni par les implants mammaires, et ne voient pas la nécessité de s’épiler les jambes.

7. La plupart se sentent d’ailleurs également bien avec leur apparence, et 74 % n’ont jamais fait de régime.

8. Un bon tiers cite un proche de la famille comme modèle dans la vie.

9. 75 % trouvent le végétalisme un peu ou fort exagéré.

10. 83 % aiment suivre l’actualité.

On parle ici des Québécois de… 14 à 17 ans! 

C’est à l’excellent mensuel Curium (curiummag.com), destiné aux 14-17 justement, qu’on doit cette enquête qui bat en brèche bien des idées reçues. Le plus étonnant? Leurs aspirations professionnelles! Une grande majorité de ces jeunes rêve de garder son emploi longtemps, un critère qui compte à leurs yeux bien plus qu'un bon salaire, des avantages sociaux ou des responsabilités!

À peine 4 % se montrent critiques de leur relation avec leurs parents. Plus d’un tiers l’estime au contraire sereine, et un autre tiers se verrait même sans problème vivre avec eux sur une île déserte! Les trois quarts s’appuient d’ailleurs en priorité sur leurs parents pour leurs choix de carrière.

Vous souvenez-vous du sondage que nous avions effectué l’an dernier pour les 30 ans de notre magazine? Il brossait un portrait des 55 ans et plus tout aussi éloigné des clichés: actifs, positifs, ouverts, dynamiques, curieux de tout. À cette occasion, un analyste de l’Institut Léger, avec qui nous l’avions élaboré, avait relevé de grandes similitudes entre les aînés sondés et cette génération appelée Z, qui partagent l'un et l'autre l’envie à la fois de se faire plaisir et de jouer un rôle dans la société. Les boomers québécois ont été de tous les combats sociaux. Les Z, quand on leur demande ce dont ils rêvent pour l’avenir, évoquent quant à eux surtout leur désir d’une population plus solidaire et consciente de l’importance de son environnement.

Travailleurs, sérieux, respectueux de leurs aînés et des autres, allumés… On dit si souvent que le monde court à sa perte qu’entendre, pour une fois, un discours aux antipodes, ça fait du bien. Quand les nouvelles seront trop sombres en cette fin d’hiver, relire ces quelques chiffres fera l’effet d’une bouffée de printemps. Et les vôtres, de petits-enfants, petits-neveux ou petites-nièces? Auraient-ils répondu de la même façon à cette enquête? Dites-moi, écrivez-moi, je suis curieuse de savoir… En attendant, c’est plutôt rafraîchissant. Et rassurant!

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Aline Pinxteren, rédactrice en chef

aline.pinxteren@lebelage.ca

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Commentaires

Quel beau constat

Bonjour Madame Pinxteren,

J'ai lu moi aussi avec un très grand intérêt votre article sur ces si surprenantes statistiques en fait je dirais aussi, si positives et si encourageantes. Je suis ravie de voir que les statistiques reflètent ce que je suis en mesure de constater avec mes petits-enfants et encore plus récemment à travers les étudiants que j'essaie de jumeler avec des aînés vivant seuls pour leur venir en aide à travers un organisme que j'ai fondé il y a un an. Elles devraient être connues de tous car il y a encore tellement de tabous à propos de ces jeunes et je vois à quel point ces tabous peuvent devenir des barrières qui empêchent des générations différentes de se rejoindre dans l'harmonie. Je dois avouer que même moi en les lisant au début j'aurais parié que ceux dont on parlait avait plus de 60 ans.
Merci de nous en faire part.
Denise Tessier

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