Billet

Quand ça va mal...

Dans un magazine, on réfléchit au contenu longtemps d’avance. Chaque année, les équipes se réunissent afin de trouver les thématiques les plus susceptibles de vous intéresser ou de vous être utiles. 

Quand ça va mal...

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

En tourisme, par exemple, nous avions envie de vous présenter le Texas, une destination qui monte chez les snowbirds, en VR notamment. On a donc décidé qu’Élise, journaliste et responsable de notre site, irait explorer la région. Musées, restos, bons endroits, infos intéressantes... Tout allait bien, puis brusquement, a surgi Harvey, pire ouragan à frapper cet État depuis 1961. Par chance, elle a réussi à revenir sur un des derniers vols, deux heures avant la fermeture de l’aéroport. 

Au même moment, nous terminions notre numéro d’octobre avec un grand dossier sur les Keys pour accompagner ceux d’entre vous qui iraient là-bas ces prochains mois. Ce magazine avec «Spécial Floride» en grand sur la couverture, vous l’avez reçu... le jour où Irma frappait ces îles de plein fouet! Enfin – ça ne s’invente pas – hier, en toute fin de bouclage de ce numéro, un terrible séisme ravageait Mexico et l’État voisin de Puebla, auquel nous consacrions nos pages Voyage, persuadés que «là au moins, il ne se passerait rien». Mais existe-t-il encore des endroits où il ne se passe rien? On accumule les tornades et les records de chaleur, sans compter les feux de forêt, toujours plus intenses au Canada et ailleurs. 

Après toutes ces catastrophes, certains sociologues ont parlé de «point de bascule», ce moment où une situation change d’un coup net et pour toujours. Le concept est né d’un phénomène observé aux États-Unis dans les années 1970: dès que des familles afro-américaines s’installaient dans une banlieue au point de représenter 20 % de sa population, presque toutes les familles blanches en déménageaient en un rien de temps, spontanément et sans même se concerter. À en croire ces sociologues, nous serions tout proches de l’effondrement total de notre civilisation: d’ici 2030, ils nous promettent destruction nucléaire, famines et épidémies, puis dans les années suivantes, une lutte implacable entre les humains restants et, vers 2050, le début d’une nouvelle ère sans technologie ni industries. Faut-il croire ces prédictions alarmistes? Je ne sais pas, mais je n’aime guère l’avenir qu’on dépeint pour mes deux grands enfants. 

Heureusement, le grand avantage d’Internet, c’est qu’on y trouve aussi du bon. Selon une autre étude, ces points de bascule peuvent aussi s’avérer positifs. Partout sur terre, notamment dans les communautés fortement touchées par les changements climatiques ou les conséquences de la surconsommation, des initiatives voient le jour, permettant un nouveau départ. Comme en Gaspésie où, à force de pêcher trop de homards sans épargner les femelles ou les jeunes, l’extinction n’était plus loin. Pour survivre, les pêcheurs ont alors réfléchi à une façon différente de faire leur métier. Malgré les efforts que cela représentait, ils ont accepté de ne sortir de l’eau que certains spécimens précis (taille et genre)... et depuis, on n’a jamais connu pareille abondance! Je pense aussi à ces chômeurs de Detroit, vus dans le film Demain, qui, pour manger à leur faim et faire revivre leur ville, se sont lancés dans la culture de légumes et de fruits, alors qu’ils n’avaient jamais touché une bêche de leur vie. 

Après tant d’images apocalyptiques ces dernières semaines, cette histoire de points de bascule positifs, ça fait du bien... Moi, j’ai envie d’y croire! Et vous? 

Aline Pinxteren, rédactrice en chef

aline.pinxteren@lebelage.ca

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