Billet

Le bonheur à tout prix

70 000 $ par an. Au-dessus de ce seuil, l’argent ne nous rendrait pas plus heureux! Une fois que nos capacités financières dépassent ce montant, on se sentirait dans une certaine sécurité, suffisamment loin de la pauvreté pour respirer. 

Le bonheur à tout prix

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

C’est du moins ce qu’affirme un expert dans le très intéressant documentaire La dictature du bonheur (on peut l’écouter sur le site de Télé-Québec). Tout l’argent supplémentaire, tous les biens qu’on accumulerait ensuite ne feraient pas le bonheur... parce que celui-ci ne se cache de toute façon pas dans une grosse maison, une nouvelle auto ou une télé plus grande.

Mais ce fameux bonheur que nous sommes nombreux à chercher une bonne partie de notre vie ne se trouve pas juste en nous, non plus. Les guides de croissance personnelle pullulent, les conférences sur la pen- sée positive se multiplient, les réseaux sociaux et les annonces nous renvoient sans cesse des images de couples heureux et de familles unies... On en viendrait presque à se culpabiliser de se sentir parfois triste, mal dans notre peau ou même malade. À la question réflexe «Ça va?», tellement de gens n’osent pas dire non, de peur de plomber l’ambiance ou de sortir du cadre des convenances. Et pourtant, burnouts et dépressions n’ont jamais été si nombreux, ni l’isolement aussi grand...

Vous, par exemple, aimez-vous la période des Fêtes? Pour plusieurs, elle replonge douloureusement dans les souvenirs joyeux du passé, elle rappelle les proches désormais absents ou trop éloignés, elle renforce le sentiment de solitude avec son battage médiatique autour du plaisir d’être entouré. D’autres adorent ce temps de sapin qui embaume, de cadeaux échangés et de repas partagés, mais appréhendent la fatigue, le trop-plein et les petites tensions qui vont souvent de pair avec les grandes réunions de famille.

Alors que nous parlions de cette période, une de mes collègues m’a lancé tout de go que pour elle, Noël était un jour comme les autres, qui n’avait rien de particulier et qu’elle n’aimait donc pas particulièrement. Bam! C’était tellement loin du discours ambiant que je n’ai bêtement pas su quoi lui répondre, comme si une sorte d’interdit social empêchait de s’exprimer avec une telle franchise (le même qui pèse sur ceux qui ne fêtent pas la Saint-Valentin). Alors que oui, on a le droit de ne pas se sentir plus heureux ce jour-là que d’autres.

De toute façon, c’est quoi, être heureux? Se sentir bien, à sa place, entouré de gens qu’on aime, en santé, amoureux ou utile à la société? Et vous, vous sentez-vous heureux justement, dans votre quotidien, votre milieu de vie, vos occupations? Croyez-vous à cette histoire de seuil de 70 000 $, ou faut-il bien plus de sous pour faire le bonheur? Que vous manque-t-il pour être pleinement satisfait de votre vie? Voir vos proches plus souvent, sortir davantage de chez vous, retrouver plus d’énergie? Le Bel Âge fêtera cette année ses 30 prin- temps, et c’est précisément ce thème – le bonheur des 50 ans et plus au Québec – que nous voudrions aborder dans notre numéro anniversaire, à travers vos témoignages entre autres, comme le magazine a justement été lancé pour vous. N’hésitez donc pas à nous envoyer votre opinion sur le sujet ou vos réponses aux questions ci-dessus. Nous les publierons à cette occasion!

En terminant, une étude a aussi prouvé que ce qui rend vraiment heureux, au-delà du confort matériel et du travail sur soi, ce sont nos relations avec nos proches, amis, voisins, connaissances et autres figures fami- lières du quotidien... Être entouré ferait toute la différence! C’est d’ailleurs exactement ce que nous souhaitons chez Bel Âge: garder ce lien solide avec vous et même le renforcer à travers plus d’activités ensemble en cette nouvelle année. Et ça, c’est un vrai bonheur aussi! 

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Aline Pinxteren, rédactrice en chef

aline.pinxteren@lebelage.ca

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