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Saint-Roch-des-Aulnaies - Planche d’appui

Pour Saint-Roch-des-Aulnaies, petite municipalité au bord du fleuve Saint-Laurent, l’intégration des personnes âgées dans la vie communautaire est une priorité. On y prête donc une oreille très attentive aux multiples suggestions de la population aînée.
Ainsi, quand Léon Chouinard et Gérald Bérard, respectivement menuisier-charpentier et spécialiste de la rénovation, ont voulu redonner vie à la vieille caserne de pompiers, vouée à la démolition, en y aménageant un atelier d’ébénisterie intergénérationnel, la Ville n’a pas hésité à soutenir l’initiative, jugée très soudante pour la collectivité. «Leur concept était de créer un lieu ouvert à tous où l’on pourrait se rencontrer, échanger, transmettre des connaissances, offrir des services de proximité ainsi que seconder des projets scolaires, ce qui nous semblait positif et bénéfique pour tous», explique Dominique Giroux, agente de développement local. Au fil des ans, la dynamisation de ce coin de paradis, situé à quelques kilomètres de La Pocatière et de Saint-Jean-Port-Joli, est devenue l’affaire de tous les quelque 1000 habitants, jeunes et moins jeunes, qui ne chôment pas pour préserver le cachet patrimonial de leur paroisse et, par la même occasion, renforcer leur sentiment d’appartenance à la communauté. L’idée du tandem Chouinard-Bérard tombait donc pile, suite logique des efforts déjà fournis par la municipalité et les citoyens pour revitaliser la place de l’église, incontournable pour les habitants et les touristes. Ces deux patenteux ingénieux, avec l’aide d’une quinzaine de bénévoles, ont d’abord déménagé l’ancien repaire des pompiers afin de bien l’intégrer dans l’endroit. «On a ensuite refait le plancher, installé une salle d’eau pour le public et peint l’extérieur en rouge et blanc, pour rappeler sa vocation d’antan», explique Léon Chouinard. «En conservant notre vécu d’autrefois, on prépare le vécu de demain», commente le fougueux ouvrier de 75 ans.

Des outils de communication

Le clou du projet? L’aménagement d’un atelier de menuiserie, équipé d’outils et d’une table de travail. L’endroit se veut rassembleur et ouvert aux hommes et femmes, petits et grands, qui souhaitent assister à des ateliers ou y effectuer de menus travaux, comme la réparation de petits meubles ou de fenêtres, tout en profitant d’un coup de pouce des bénévoles experts. C’est aussi un sanctuaire où plusieurs passent aux aveux: «Les hommes surtout, qui ne se parlent pas de grand-chose à part la pluie et le beau temps, la boxe ou le hockey, ont ici l’occasion de s’ouvrir tout en cognant du marteau», confie Léon en riant. Gageons aussi qu’avec les multiples panneaux d’interprétation qu’il faut fabriquer pour les maisons anciennes, la seigneurie et le moulin de la région, ainsi que les nombreux projets du weekend, comme la course de tacots nécessitant la construction de bolides pour enfants, les cabanes d’oiseaux et autres projets, la caserne sera achalandée! «Le but est d’inviter les diverses générations à travailler ensemble, en plus de favoriser la transmission des connaissances», ajoute Léon
Chouinard, qui a lui-même appris à manier le bois d’un vieil oncle, à l’âge de six ans: «Si on réussit à encourager un seul jeune à se prendre en main, à développer le goût de créer, de bâtir, de s’ouvrir aux autres, je serai très content!» La première activité dans l’atelier d’ébénisterie intergénérationnel s’est tenue à la fin octobre. Une dizaine de personnes de 5 à 75 ans ont travaillé de concert et avec un immense plaisir à la fabrication de bonshommes de paille, sous le regard attentif des deux initiateurs... Et ce n’est qu’un début!

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L’embarras du choix!

Pour mobiliser les 55 ans et plus (37 % de la population totale de Saint-Roch-des-Aulnaies en 2011), les aînés ne sont pas en panne d’inspiration. «Des idées et des projets, ça nourrit son homme», affirme Gérard Bérard, qui ne s’ennuie pas une miette depuis que lui et ses confrères du troisième âge ont entrepris une foule de projets bénévoles bien cimentés, visant à rehausser de façon concrète «la qualité de vie de tous et à revitaliser notre patelin». Parmi ceux-ci, on compte la construction d’un magnifique pavillon face au fleuve, où se tiennent concerts et événements spéciaux pendant la belle saison, l’aménagement d’un sentier d’observation des oiseaux et l’installation de lampadaires et de panneaux d’interprétation. En 2015, le projet SIPA (Sortir de l’isolement les personnes aînées) a aussi vu le jour. Le but: offrir des ressources et des activités (cours de gymnastique du cerveau, déjeuners-conférences et autres) aux doyens afin de les maintenir dans le feu de l’action. Bref, une bourgade qui n’en finit pas de se rénover... et de rajeunir!