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Saint Jérôme. Actifs comme jamais!

Inévitable, le vieillissement du cerveau? Julie Deslauriers, coordonnatrice du Quartier 50+, un immense centre récréatif municipal qui regroupe près de 3 000 membres à Saint-Jérôme, refuse d’y croire!
«Comme je travaille depuis plus de 20 ans auprès des aînés, je m’intéresse aux recherches permettant de vieillir avec la meilleure qualité de vie possible.» Lorsqu’elle a eu vent des travaux que menait le neuropsychologue Louis Bherer dans son Laboratoire d’étude de la santé cognitive chez les aînés (LESCA) de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, elle a eu l’idée d’un partenariat.

Dans le cadre d’une étude visant à démontrer les bienfaits de l’activité physique et de la stimulation cognitive sur le cerveau, des hommes et des femmes de 60 ans et plus ont accepté l’automne dernier de se soumettre à des épreuves considérables. Pendant 12 semaines, ces valeureux volontaires de Saint-Jérôme ont exercé leur cœur, leurs neurones et leurs habiletés motrices en participant à des activités hautement stimulantes sous la supervision de l’équipe de chercheurs. 

«En échange, ça nous a permis de proposer des activités non seulement récréatives, mais dont les bienfaits pour le cerveau ont été démontrés scientifiquement», se réjouit Mme Deslauriers. Une initiative que la municipalité, qui cherchait justement des façons d’encourager sa population aînée à se surpasser, s’est empressée de soutenir. «Avec une espérance de vie qui a grimpé au-delà de 80 ans, pas question de rester assis devant le téléviseur pendant 15 ans, je n’y crois pas! s’exclame le maire Stéphane Maher. Nous voulons dire à nos aînés: “Vous pouvez jouir d’une grande qualité de vie pour très longtemps encore et continuer de participer au développement communautaire de la ville.”»

Du pep à revendre
Pour les 50 aînés participants, ainsi que ceux ayant reçu une formation d’entraîneur en cognition afin de diriger et d’animer les activités dans cette catégorie, l’aventure a été... sportive! Répartis dans trois groupes d’entraînement – cardiovasculaire (spinning), habiletés motrices (exercices d’agilité, d’équilibre, de coordination et d’étirement) et cognitif (stimulation du cerveau à l’aide d’un logiciel), ils se sont exercés trois fois par semaine, à raison de 60 minutes par séance. «Au début, il a fallu une bonne dose d’encouragement pour les inciter à ne pas lâcher!» admet Mme Deslauriers. Même s’il est un habitué du vélo, Michel Pilon se souvient encore des premières séances de spinning. «Ç’a été très exigeant, d’autant plus qu’il fallait s’y mettre dès 8 h 15, raconte le septuagénaire en riant. Mais tant qu’à le faire, j’ai décidé d’y aller à fond.»

Et ça continue!
Même si les résultats de l’étude seront connus dans quelques semaines seulement, les participants ont déjà constaté des améliorations. Pour sa part, Michel Pilon a reçu des notes beaucoup plus élevées que celles obtenues avant le programme. «J’étais plus rapide et plus éveillé lors des tests cognitifs, par exemple.» Afin de ne pas perdre ces acquis gagnés à la sueur de leur front, M. Pilon et les autres volontaires peuvent continuer de profiter des programmes de spinning et d’habiletés motrices élaborés par le neuropsychologue Louis Bherer et son équipe; ils sont offerts depuis le mois de janvier au Quartier 50+ en version plus ludique.

«Prochain défi: on va essayer d’effecteur un aller-retour à Sainte-Agathe à vélo!» annonce Michel Pilon. Côté cognitif, des ateliers Musclez vos méninges, basés également sur les travaux de Louis Bherer, sont offerts par le CLSC Saint-Jérôme, donnés au Quartier 50+ et animés par un membre du centre récréatif formé à cet effet. «Ici aussi on fait coup double, puisque les moniteurs aînés préparent des exercices qui stimuleront les participants sur les plans mental, intellectuel, cognitif et émotif», explique Julie Deslauriers. De cette palpitante aventure scientifique, les aînés participants ont retenu qu’ils gagnaient à varier les activités au maximum et à ne pas ménager leurs efforts. «On sait maintenant que, pour préserver notre qualité de vie et notre autonomie, il est essentiel de travailler encore plus fort que lorsque nous étions jeunes!»

Pour en savoir plus sur les travaux du neuropsychologue Louis Bherer: lesca.ca. En collaboration avec le Carrefour Action Municipale et Famille. BA