MADA

Saint-Fabien-de-Panet – Gym à l’église

S’entraîner dans une église? Qui l’aurait cru? Et pourtant, c’est bien ce que font les aînés de Saint-Fabien-de-Panet chaque semaine pendant l’hiver. La municipalité des environs de Montmagny a lancé l’idée il y a plus de quatre ans afin de les encourager à bouger même quand la saison froide se met de la partie.

Le patelin étant juché sur une côte, les marcheurs se retrouvaient exposés aux éléments. «On gèle, le vent nous percute de plein fouet et, par-dessus le marché, certaines rues n’ont pas de trottoir, raconte Suzanne Vocal, conseillère municipale et propriétaire d’une boulangerie. Bien des personnes ont peur de tomber et de se blesser.» C’est au cours d’une discussion sur la politique familiale dans le cadre de la démarche MADA que la conseillère a demandé aux citoyens: «Que diriez-vous d’aller marcher dans l’église?» La proposition a été accueillie avec enthousiasme. Le curé de l’époque, très avant-gardiste, a accepté d’emblée de leur ouvrir les portes de l’édifice.

L’idée de fouler d’un pied ferme le sol d’un lieu saint semblait au départ un brin surprenante. «Les gens se disaient: “Wow! Je vais marcher dans une église, moi?”» se souvient Mme Vocal. Mais le concept a vite gagné du terrain auprès des fidèles qui, depuis, emboîtent le pas allègrement plusieurs fois par semaine, beau temps mauvais temps, de novembre à mai! «La plupart d’entre eux sont croyants et trouvent prestigieux de s’activer ainsi dans la maison de Dieu», constate dans un sourire le maire Claude Doyon. Ayant travaillé plus de 30 ans dans un CLSC, entre autres à titre d’organisateur communautaire pour le volet Aînés et saines habitudes de vie, ce dernier connaît les bienfaits de l’activité physique, et ce, à n’importe quel âge. «Dans notre village, on croit très fort à ce principe», souligne-t-il. L’église est-elle en mesure de combler les besoins des villageois? «Oh! oui!» répond monsieur le maire, qui ajoute qu’ils foulent avec entrain les 95 mètres qui en constituent la surface. Certains le font en silence, comme Denise Vachon qui, à cause de problèmes cardiaques, préfère marcher à l’intérieur quand le froid sévit. «Pendant 20 minutes, j’avance d’un pas décidé, sans piper mot. C’est la détente absolue!» D’autres, par contre, ajoutent des pas beaucoup moins feutrés au podomètre: «On jase et on met même de la musique!» s’exclame Mme Vocal, qui précise qu’il faut effectuer 33 tours des bancs pour parcourir l’équivalent d’un kilomètre. 

Ça marche!

Par temps plus doux, la petite et vaillante municipalité n’y va pas par quatre chemins non plus pour aider les 50 ans et plus – qui constituent pas moins de la moitié des 961 habitants – à demeurer actifs. Ce paradis de la randonnée, situé dans le sud des Appalaches québécoises, leur offre des kilomètres de sentiers pédestres qu’ils peuvent arpenter à loisir. «Nous avons aménagé trois corridors actifs, de 30 minutes, 45 minutes et 60 minutes, qui relient quatre parcs entre eux, décrit Claude Doyon. Personnes âgées, familles avec poussettes, adolescents, tous peuvent ainsi se rendre d’une aire récréative à l’autre en suivant les sentiers agrémentés de pancartes informatives et de fontaines d’eau. On peut aussi se prélasser dans un pavillon offrant une vue magnifique sur les environs.»

Pour répondre aux demandes des citoyens âgés qui souhaitent pratiquer une activité physique adaptée à leurs besoins, la Ville a également fait installer un centre de conditionnement dans le sous-sol communautaire. «On a choisi des appareils en suivant les conseils d’une kinésiologue du CLSC», précise Claude Doyon. L’endroit, dont l’accès est gratuit, est ouvert 24 heures sur 24. Une instructrice vient sur place toutes les deux semaines afin de préparer un programme d’entraînement personnalisé aux intéressés. Le petit plus: grâce à Skype, les gens peuvent même bénéficier de son soutien à distance! Le concept connaît un tel succès, explique le maire, que la Ville a prévu l’installation d’un téléviseur dans la salle d’entraînement pour des vidéoconférences animées par l’instructrice, qu’on pourra visionner dans les huit municipalités de Montmagny-Sud: «Avec ce tour virtuel des villages, on règle le problème d’accessibilité des ressources, on limite les déplacements... et on garde les troupes motivées!»