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Patrick Paulin: des pictos à Victo!

Afin de mieux répondre aux besoins de ses citoyens âgés, la municipalité de Victoriaville a lancé en 2016 un projet-pilote, Picto-Sécur. L’objectif: faciliter le travail des intervenants, en cas d’urgence, en posant sur la porte des occupants des résidences pour personnes âgées des pictogrammes indiquant leur condition physique. Un outil qui n’est pas seulement un moyen de communication efficace, mais également un symbole d’inclusion sociale, assure Patrick Paulin, conseiller municipal et président du comité consultatif MADA. Il ne s’agit pas ici de simples pictogrammes.
Patrick Paulin: des pictos à Victo!

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La MADA (Municipalité amie des aînés) du mois racontée par un de ses élus ou bénévoles.

Reprenant l’initiative d’une résidence pour personnes âgées à Repentigny, la municipalité de Victoriaville décide carrément de révolutionner l’outil. «Pour plus d’efficacité, on a fait ajouter une plaquette signalétique, des pictogrammes luminescents, ainsi qu’une tirette indiquant une évacuation. Tout cela grâce au travail de concertation entre des représentants des services municipaux, des employés de la résidence Villa St-Georges (où s’est tenu le projet-pilote), des responsables en accessibilité universelle de la Sécurité publique et incendie, ainsi que ceux de la Sécurité publique du Québec.» 

Au-delà des symboles

L’identification des difficultés des personnes concernées ne risque-t-elle pas d’entraîner une stigmatisation? «En affichant ainsi sa vulnérabilité, un aîné pouvait en effet s’exposer à des préjugés ou devenir la proie de personnes mal intentionnées. Il s’avérait donc important d’offrir aux résidents ainsi qu’à leurs familles une information juste, éclairée et transparente quant aux objectifs et conséquences du projet. Le choix ensuite leur appartenait.» Des conférences portant sur les troubles de l’ouïe, de mobilité ou autres sont animées en collaboration avec des organismes communautaires afin de sensibiliser et d'informer les résidents et leurs proches, ainsi que le personnel. «Notre objectif était de favoriser l’acceptation de soi dans sa condition, mais aussi l’acceptation de l’autre dans sa condition.»

Le projet-pilote remporte un vif succès. Les 300 résidents ayant participé de façon unanime se sont sentis considérés et en sécurité: «Parmi les nombreux témoignages, celui d’un résident, que les pictogrammes ont aidé à comprendre qu’une autre résidente, qu’il saluait régulièrement sans qu’elle lui retourne jamais son bonjour, avait un problème de surdité, m’a beaucoup marqué. Il a depuis ajusté sa relation avec cette dame et développé avec elle des liens d’amitié.» 

Pour leur part, les pompiers et les ambulanciers ont apprécié le fait qu’ils pouvaient intervenir de façon plus efficace et rendre l’expérience moins traumatisante pour les personnes en détresse. L’outil s’est aussi avéré pratique pour un nouvel infirmier ou préposé qui pouvait ainsi connaître aussitôt la condition physique du résident et adapter sa pratique. «Ce qui a grandement favorisé les liens sociaux et de confiance entre les résidents et le personnel soignant.»

Simple comme bonjour

Devant l’enthousiasme suscité par l’initiative, la Ville assure désormais soutien financier et accompagnement aux résidences pour personnes âgées de Victoriaville intéressées par le programme Picto-Sécur. Mais cela ne s’arrête pas là. «On vise le bien-être des aînés à la grandeur du Québec!» lance Patrick Paulin. Un guide d’implantation a donc été produit, en collaboration avec le Carrefour action municipale et famille (CAMF), afin d’aider les résidences des autres municipalités qui veulent reproduire le modèle. «Ce qu’on dit aux gens, c'est d’en faire plus qu’une simple plaquette signalétique. Le projet doit surtout donner lieu à une réflexion sur la participation sociale de tous, jeunes et moins jeunes, et sur le bien-être de nos aînés.»  En collaboration avec le Carrefour action municipale et famille.