MADA

Notre-Dame-de-Ham. Une belle leçon de transmission

Même si elle ne comporte qu’une poignée d’habitants, 420 au dernier recensement, la modeste municipalité de Notre-Dame-de-Ham, située à une trentaine de kilomètres de Victoriaville, n’est pas en panne d’inspiration quand il s’agit de permettre aux générations de se tendre la main.

En 2014, dans le cadre de la démarche MADA, son comité de développement a lancé le projet Papi et mamie à l’école! Le but: encourager les citoyens plus âgés à reprendre le chemin des classes, non pas à titre d’écoliers mais plutôt comme enseignants. «On s’est dit que ce serait une agréable façon de rejoindre les enfants de la communauté, tout en fournissant aux aînés l’occasion de partager, sur une base bénévole, leurs compétences et leurs expériences», explique Geneviève Boutin, présidente du conseil d’établissement scolaire.

Professeurs-nés

Les enfants de Notre-Dame-de-Ham, ainsi que ceux de Ham-Nord, où se trouve l’école primaire Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, qui assure l’éducation de tout ce petit monde, ont donc demandé à leurs grands-parents de leur enseigner les rudiments du métier que ces derniers ont exercé toute leur vie ou d’un passe-temps qu’ils pratiquent. La réponse ne s’est pas fait attendre, les aînés étant plus qu’heureux de partager ce qu’ils ont eux-mêmes appris de leurs parents et de leurs proches. «Si on ne veut pas que les traditions se perdent, il faut être capable de les transmettre aux plus jeunes», affirme Céline Grimard, membre septuagénaire du Cercle des Fermières qui a, pour sa part, enseigné aux écoliers les secrets du tissage. Avec son aide et celle de son amie Claudette Lehoux, de jeunes apprentis ont réalisé des serviettes et des portemonnaies sur des métiers à tisser. «L’expérience a été fort enrichissante, raconteMme Grimard. J’avais commencé à montrer à mes petits-enfants comment tisser. Et, bien entendu, les autres n’ont pas tardé à dire: “Ben là, si toi, tu es capable, moi aussi, je peux le faire!”» Certains ont aussi appris à manier les aiguilles à tricoter ou à jouer du djembé.

Outre ces activités parascolaires à l’heure du midi, des sorties éducatives ont été organisées. Les élèves ont, entre autres, assisté à un cours de généalogie offert par les bénévoles aînés de la Société d’histoire de Victoriaville, durant lequel ils ont constitué l’arbre généalogique de leur famille. Ils ont également pu confectionner des lanternes avec les résidents du foyer Sts-Anges de Ham-Nord.

À se mettre sous la dent

Dans le cadre du même projet, le Comité de développement de Notre-Dame-de-Ham a produit en 2015 un ouvrage auquel ont participé des citoyens de tous les âges. De ce bel effort collectif est né le Livre de recettes et d’anecdotes de nos grands-parents, 100 % authentique et rigolo. «Les enfants avaient pour mission d’obtenir de

leurs grands-parents une histoire de jeunesse et une recette préférée, se souvient Geneviève Boutin, responsable du projet. Les résultats ont été inespérés, plus d’une trentaine d’aînés y ont contribué!» En marge de recettes conviviales, comme la gelée de poivrons rouges piquante, le pâté de chalet, la végémousse, les grands-pères au sirop et la croustille aux pommes, on découvre une grand-maman Monique qui se mouche comme un ours ou un papi Leclerc qui a déjà fait glisser un boeuf sur un traîneau! De quoi mettre toute une communauté en appétit... et de bonne humeur.


Un bulletin parfait

Par ailleurs, les aînés ont imaginé une autre façon original de resserrer les liens intergénérationnels avec une série de cours et d’ateliers (cuisine, yoga, danse, Zumba) destinés aux citoyens, tous âges confondus. «On apprend de la jeunesse à notre tour, raconte Guy Hudon, conseiller municipal attitré à la politique MADA (et joueur de djembé émérite!). Par exemple, elle est plus consciente que nous des enjeux environnementaux et nous ramène parfois dans le droit chemin! Nos échanges constituent une véritable injection de vitalité dans notre petit village. Ainsi, on a instauré un jardin communautaire où on cultive des légumes avec les enfants du camp de jour. En les laissant pour ainsi dire jouer dans nos plates-bandes, on fait équipe et ça donne des résultats dont on est tous fiers!»