Tout sur les REER

Attention aux prêts REER

Attention aux prêts REER

De nombreux travailleurs arrivent dans la cinquantaine sans régime de retraite d’employeur et avec un petit REER. Sentant l’échéance de la retraite arriver rapidement, ils contractent un prêt REER à leur institution financière afin de rattraper le temps perdu. Est-ce une bonne idée? Oui, mais seulement si deux conditions sont réunies.

1. Avoir déjà de l’argent pour cotiser.

2. Pouvoir éliminer entièrement la dette avec le remboursement d’impôt. En effet, si vous empruntez la totalité de la somme à cotiser, le remboursement d’impôt ne vous permettra probablement pas d’effacer la dette d’un coup. Pour y parvenir, vous devez avoir au préalable de l’argent pour cotiser, à défaut de quoi vous vous retrouverez avec un paiement – un autre! – à faire chaque mois. Daniel Laverdière recommande la prudence avec les prêts REER. «Admettons que vos droits de cotisation inutilisés sont de 30000$. Si un prêt REER établi à cette somme se traduit par des mensualités de 500$ par mois, par exemple, pourquoi ne pas simplement faire des cotisations REER de 500$ par mois et laisser faire l’emprunt?», suggère cet expert-conseil auprès de Banque Nationale Gestion privée 1859. C’est que le recours à l’endettement peut se révéler insidieux.

 • En cas de perte d’emploi ou de difficulté budgétaire, vous pourriez être pris de court avec vos remboursements. «Si vous êtes obligé de sortir de l’argent de votre REER pour respecter vos obligations, vous ne serez pas plus avancé », dit M. Laverdière.

 • Si vous investissez d’un seul coup les 30000$, vous subirez des pertes plus lourdes en cas de recul des marchés financiers. Le contraire est aussi vrai (vous pourriez faire un coup d’argent), mais, en matière de dettes, il importe de considérer le scénario du pire. Bien sûr, vous pouvez placer ces 30000$ dans des produits garantis, mais alors les rendements que vous obtiendrez risquent d’être plus bas que vos coûts d’emprunt. Dans ces circonstances, il sera difficile, voire impossible, de rentabiliser cette opération. Quant au remboursement d’impôt résultant de cette forte cotisation, il pourrait être décevant si votre taux d’imposition ne se situe pas au maximum de l’échelle. «Les personnes qui tiennent absolument à emprunter pour cotiser à leur REER devraient y aller graduellement», conseille le spécialiste. Par exemple, commencer avec un prêt de  6000$ et voir comment cela se gère durant un an. Si les résultats sont positifs, elles peuvent relancer le processus l’année suivante, et ainsi de suite jusqu’à ce que tous leurs droits de cotisation soient honorés.



Pages :