Budget du Québec 2008-2009

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L'exemple de Mme Lemay et réaction de la FADOQ

Pour nous aider à y voir clair, le ministère des Finances donne l’exemple de Mme Lemay, âgée de 86 ans, qui demeure seule dans une résidence pour personnes âgées autonomes depuis près de quatre ans.
 
Mme Lemay gagne 25 000$ par année. Son loyer est de à 1 400$ par mois. Son bail comprend des services de surveillance, trois repas par jour, des services de soins infirmiers, d’entretien ménager, de buanderie et de soins personnels de base. Pour bénéficier du crédit d’impôt remboursable pour maintien à domicile, Mme Lemay remplit le formulaire prescrit et le transmet à Revenu Québec. Ses dépenses admissibles mensuelles sont de 910$, soit:

  • 210$ pour la composante de base (15% de 1 400$);
  • 280$ pour les services alimentaires (20% de 1 400$);
  • 140$ pour les services de soins infirmiers (10% de 1 400$);
  • 70$ pour les services d’entretien ménager (5% de 1 400$);
  • 70$ pour les services de buanderie (5% de 1 400$);
  • 140$ pour les services de soins personnels de base (10% de 1 400$).

Chaque mois, Revenu Québec déposera donc 273$ à titre de crédit d’impôt dans le compte bancaire de Mme Lemay, soit 30% de ses dépenses admissibles de 910$. Évidemment, ce ne sont pas tous les aînés qui habitent dans des résidences pour personnes âgées. Ceux qui vivent dans des appartements traditionnels se creusent aussi les méninges quand vient le temps de calculer les dépenses admissibles au crédit d’impôt pour maintien à domicile. En effet, quelle valeur doit-on donner au déneigement du stationnement ou à l’enlèvement des ordures par le concierge quand ces services sont inclus dans le loyer? La ministre a tranché: ces dépenses seront égales à 5% du loyer, jusqu’à concurrence d’un loyer de 600$ par mois.

Le réseau FADOQ demeure sur son appétit

Appelé à commenter le Budget 2008-2009, le réseau FADOQ se réjouit de voir que plusieurs points du budget du gouvernement Charest «vont dans le sens des principaux besoins exprimés par les aînés et leurs proches». Toutefois, il reste encore «beaucoup de travail à faire pour mieux soutenir les aînés à faible revenu et pour intégrer les mesures destinées aux aînés en perte d’autonomie et à leurs proches», a déclaré l’organisme. Il se désole que le budget ne contienne pas un nouveau supplément de revenu garanti provincial, comme celui qu’a proposé Réjean Hébert, l’un des coprésidents de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés. Un tel supplément profiterait à tous, alors que ceux «qui ne reçoivent pas de revenu de retraite, par exemple, ne pourront bénéficier de la hausse du crédit pour ce type de revenu», a dit Ernest Boyer, président du réseau FADOQ.

En outre, on s’inquiète de la réduction du crédit d’impôt pour maintien à domicile lorsque le revenu familial d’un ménage dépasse 50 000 $. L’organisme estime également que l’ajout du nouveau crédit d’impôt pour des services de répit aux aidants naturels «alourdira leur tâche déjà bien remplie». Le réseau FADOQ se questionne aussi sur la pertinence de cette «mosaïque de crédits offrant une aide spécifique, morcelée et sans véritable flexibilité» aux aidants naturels et à leurs proches. Certes, ces dispositions procèdent d’une bonne intention, mais le gouvernement devra s’assurer que les services de répit concernés par le nouveau crédit d’impôt seront «bel et bien disponibles pour les aidants et ce, peu importe leur région», conclut le réseau FADOQ.

Mise à jour: juillet 2008



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