Inhumation et commémoration : le présent et le futur

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L’évolution des mentalités et le développement commercial des produits funéraires ont contribué à modifier les us et coutumes rattachés aux rites mortuaires. Dans cette variété des services offerts, même l’Église y a perdu son latin au profit d’entreprises funéraires privées qui ont pris en charge, partiellement ou entièrement, les étapes de l’inhumation. Parmi celles-ci, plusieurs possèdent des terrains de commémoration, appelés jardin du souvenir, qui remplacent les cimetières religieux. Par ailleurs, de grands cimetières se sont adaptés à cette tendance et offrent à présent les mêmes services funéraires que ceux que l’on trouve chez les entreprises funéraires privées.

Lieux de commémoration

Depuis plus de 25 ans, Alain Tremblay, fondateur et directeur administratif de l’écomusée de l’Au-Delà, s’impose en ardent défenseur des cimetières afin que ces sites demeurent des lieux de commémoration. «Il faut que les cimetières répondent aux besoins de la population», soutient-il. Mais que veut-elle donc?

Depuis que l’Église catholique a donné son accord pendant le concile Vatican II (1963), l’incinération gagne toujours plus la faveur au Québec — on avance le nombre de 60% à 70% de demandes de crémation. Depuis, l’inhumation des cendres fait preuve d’une grande originalité. Il est d’abord allé de soi que l’on dépose en terre l’urne contenant les cendres; puis, il y a eu la création du columbarium, constitué de niches scellées dans le mur d’une enceinte, les jardins du souvenir, les monuments collectifs comme ceux que l’on retrouve au cimetière Mont-Royal et qui sont des œuvres d’art élaborées par des artistes de chez nous et, finalement, la dispersion des cendres aux quatre vents, une tendance qui, selon Alain Tremblay, gagne en popularité.

Que les cendres soient dispersées en mer, lancées du haut des airs ou répandues dans un coin de son jardin, ce qui importe c’est d’avoir un lieu pour se recueillir et se souvenir. Afin de conserver au cimetière ce rôle de lieu de commémoration, le directeur du musée de l’Au-Delà recommande un espace de dispersion des cendres dans le périmètre intérieur du cimetière. Cet aménagement est permis en Ontario, notamment au cimetière Mount Pleasant. En Belgique, une pelouse de dispersion des cendres est établie dans chaque cimetière communal. Pour l’heure, au Québec, l’Église catholique est encore réticente à accorder son consentement relativement à cette pratique.

L’utilisation de cet espace et la consignation du nom du défunt dans un registre génèrent des frais de quelques centaines de dollars; il n’en coûterait guère plus, sinon moins, de disperser les cendres sur une pelouse plutôt que de les mettre en terre (certains grands cimetières réclament des sommes importantes pour le creusage d’un espace pouvant accueillir une toute petite urne). L’argent recueilli pourrait ainsi servir à l’entretien du cimetière.



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