Retraite: combien dépenser sans en manquer?

Retraite: combien dépenser sans manquer d’argent?

Elena Saharova via Unsplash

La solidité de notre plan de retraite peut parfois nous inquiéter. Quel montant nous permettra de vivre décemment sans épuiser nos économies? Nos réponses à cette question complexe, mais fondamentale. 

En matière de planification financière, plusieurs règles visent à simplifier la compréhension et la vie des investisseurs. Celle du 70 %, par exemple, stipule qu’il est réaliste de compter sur 70 % de nos revenus annuels avant impôt pour maintenir le même rythme de vie une fois à la retraite. Si vous gagnez un salaire brut de 50 000 $, cela représente donc 35 000 $. Ce pourcentage trouve son origine dans les régimes de pension à prestations déterminées: il représente le montant auquel a normalement droit un travailleur en fin de carrière selon un tel régime, soit 35 ans de service multipliés par 2 % de son salaire.

Cette règle du 70 % comporte toutefois des lacunes et demeure une approximation. Si, dans la quarantaine, elle peut nous donner une idée de notre coût de vie annuel à la retraite, on a avantage à se montrer plus précis à mesure qu’on vieillit et que notre projet de retraite devient plus concret, souligne l’Institut québécois de planification financière (IQPF).

Des postes en moins

Soyons franc: il est peu probable qu’une fois à la retraite on dépense autant que pendant notre vie active. «On cotise à notre REER, on paie notre hypothèque, sans oublier les frais déboursés pour nos enfants à charge. Une fois retraité, plusieurs de ces dépenses vont diminuer ou disparaître», remarque Daniel Laverdière, directeur principal planification financière et service-conseil à la Banque Nationale Gestion privée 1859. D’autres postes budgétaires s’éliminent généralement au moment du retrait de la vie active: nos contributions à l’assurance-emploi, au Régime des rentes du Québec et au Régime québécois d’assurance parentale.

Pour avoir une vision plus claire de notre situation, mieux vaut s’asseoir avec un planificateur financier et estimer le retrait maximal qu’on peut effectuer sans compromettre notre plan de retraite. Tout dépendra de nos projets pour cette nouvelle vie… Veut-on beaucoup voyager ou plutôt faire du bénévolat, de la lecture et d’autres activités moins coûteuses? Cette réflexion permettra de déterminer de manière réaliste combien nous coûtera la retraite convoitée et quels seront les revenus générés.

À moins de cinq ans de la retraite, notre marge de manœuvre sera également limitée. Nos projections dépendront essentiellement du capital accumulé et des revenus de retraite auxquels on a droit. Il faudra émettre plusieurs hypothèses concernant le rendement généré par nos placements, le taux d’inflation et le montant qu’on dépensera. 

Un budget réaliste

Difficile d’évaluer notre train de vie plus tard sans savoir ce qu’il nous en coûte aujourd’hui. «Afin d’estimer le plus précisément possible notre coût de vie à la retraite, il faut établir un budget dès maintenant», indique M. Laverdière.

On devra donc détailler le montant de nos dépenses, en spécifiant pour chacune si elle diminuera ou augmentera à la retraite. Ces montants après impôt incluent les frais liés au logement, les dépenses courantes et les frais de subsistance du ménage, les frais de déplacement (voiture, transport en commun), les coûts liés aux assurances et à la gestion de nos placements, les dépenses personnelles et de soins de santé, les frais de téléphonie, de câble et d’Internet. N’oublions pas non plus les frais de voyage et de loisirs, ainsi que les dépenses non récurrentes et imprévues, comme le bris d’un électroménager ou le remplacement de notre téléviseur, de nos fenêtres ou de la toiture.

«Dans le cas de ma voiture, je dois évaluer quand je vais la changer. Je pourrai ensuite utiliser comme estimation le prix mensuel de location d’une voiture semblable à la mienne», raconte Daniel Laverdière. Bref, on établit un budget pour la présente année, qu’on ajuste ensuite selon notre projet de retraite: les sommes consacrées à l’habillement sont susceptibles de diminuer, par exemple, alors que les frais liés aux divertissements pourraient, au contraire, augmenter.

La règle du 4 %

Une fois à la retraite, comment savoir si le montant qu’on retire chaque année est raisonnable? La «règle du pouce» prétend que si on décaisse 4 % de notre portefeuille d’investissements, on ne survivra pas à nos économies (une bonne chose). Cela dépend évidemment de notre âge et de la durée de la retraite…

Prenons le cas de Denise, 75 ans, une femme à la santé fragile. Ce taux de retrait risque d’être trop prudent, puisque son pécule de 100 000 $ fondra sur une période de 25 ans, toutes choses étant égales par ailleurs. Si elle retire 4000 $ tous les ans, soit la fameuse règle du 4 %, son capital sera épuisé à 100 ans.

Au début de la retraite, vers 65 ans, un taux de décaissement entre 3 % et 5 % serait dans l’ordre des choses, d’après Daniel Laverdière: «La meilleure façon de connaître le bon pourcentage sera d’examiner une multitude de scénarios.» Le planificateur financier effectuera des projections de retraite en fonction des actifs et des revenus de la personne concernée. On supposera un taux d’indexation de 2 % pour la rente du Régime des rentes du Québec et de la pension de la Sécurité de la vieillesse, par exemple. Si la personne a un profil de risque prudent, on présumera un taux de rendement de 3,5 % sur ses REER et son CELI. On indexera également au coût de la vie le montant qu’elle souhaite retirer chaque année pour vivre.

«C’est finalement par essais et erreurs que notre outil de simulation de la retraite nous indiquera ce qu’on peut dépenser», affirme l’expert. Si ce montant est bien inférieur à notre train de vie estimé à la retraite, il faudra alors prendre une décision: soit on se serre la ceinture en réduisant nos dépenses à la retraite, soit on reste encore quelques années sur le marché du travail (à temps plein ou partiel). Il est important aussi de revoir nos projections de retraite régulièrement. Si les rendements sur nos placements ou l’inflation sont supérieurs ou inférieurs à nos prévisions, cela peut changer la donne.

Où trouver une grille budgétaire?

Sur le site questionretraite.ca, on peut télécharger des grilles de budget sous les onglets «Outils pratiques», puis «Guides» et «Grilles de budget».

Sur quelle espérance de vie se baser? 

L’espérance de vie est une notion cruciale en planification de la retraite. Elle représente, à la naissance, le nombre moyen d’années qu’un nouveau-né peut espérer vivre. En 2017, l’espérance de vie des Québécoises était de 84,5 ans, et celle des hommes, de 80,6 ans. Une donnée dont bien des gens tiennent compte au moment de se retirer de la vie active. Ainsi, les femmes âgées de 65 ans en 2017 pouvaient espérer vivre encore 22,4 ans, contre 19,6 ans pour les hommes. Bien sûr, ces chiffres représentent une moyenne. Il y a une probabilité sur deux qu’on soit encore en vie à cet âge. Planifier sa retraite en fonction de son espérance de vie n’est par conséquent pas très prudent, affirment les experts.

L’Institut québécois de planification financière (IQPF) recommande plutôt d’utiliser l’âge d’épuisement des actifs lorsque la probabilité de survivre aux actifs n’excède pas 25 % (quand il y a moins d’une chance sur quatre d’être encore en vie). «Planifier un nombre d’années de retraite supérieur à l’espérance de vie offre une protection contre une éventuelle augmentation de celle-ci et contre le plus grand risque financier d’un individu, soit le risque de survie», souligne l’organisme. Quel est donc cet âge pour un couple de 65 ans aujourd’hui? Rien de moins que 97 ans! Cela signifie que leur retraite pourrait s’étirer sur plus de 30 ans. Mieux vaut donc se montrer prévoyant.

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Commentaires

La retraite - Dépenser pour ce qui nous fait vraiment plaisir.

*L’auteur du commentaire est planificateur financier-conseil* L’article donne plein de trucs et soulève surtout des questions importantes à considérer. Cependant, vous partez pour un voyage de près de 30 ans remplis d’imprévus heureux et malheureux. Vous avez besoin d’une feuille de route solide. Les règles du pouce sont pratiques, mais c’est pour les robots. En planification de retraite, elles sont trop générales et même erronées. La retraite a 4 ennemies principales : impôt, inflation, frais de placement et volatilité. On ne peut les éviter, mais on peut les contrôler de manière efficace, cohérente et éclairée. Une vraie planification de retraite n'est pas une simple projection de chiffre (indispensable par ailleurs). La fiscalité a aussi un impact majeur sur vos finances surtout si vous êtes en couple. La manière de décaisser peut vous épargner des milliers de $. Il est beaucoup plus délicat de décaisser que d’épargner. Il y a des manières de maîtriser la volatilité en restant serein et tout mettre dans des CPG. (https://coaching.planidex.ca/decaissement-retraite-zones-de-danger/ . Qu’est-ce qui peut faire dérailler votre plan? Une vue 360 de votre situation permet d’identifier les risques qui vous sont propres. La bonne nouvelle est qu'une fois la question financière réglée, vous profiterez pleinement du bonheur de votre retraite en sachant que vos besoins sont bien harmonisés avec vos ressources.

retraite-et argent

c est concernant votre article sur l argent et la retraite je réagis a chaque fois quand on parle de cela parce que il faut être réaliste quand on décide de prendre notre retraite se sera avec les revenus que nous aurons si tu veux dépenser comme avant retraite bonne chance a moins d avoir un salaire de cadre supérieur et un planning a très long terme on pourra pas il y en a très peu qui réalise cet objectif le chiffre vingt est ce que j ai comme revenus et je vis bien secret: discipline.

Combien dépenser sans en manquer :

Après plusieurs théorie de quelque planificateur, j’en ai retenu une plutôt génial, que l’on pourrait nommer ‘’proportionnel’’ ou dans leur jargon financier ‘’par amortissement’’. Avant de le définir, il faut penser que chacun va y trouver son compte, que ce soit l’investisseur très prudent avec seulement des CPG, ou au risque ‘’moyen’’ avec des fonds communs, c’est un nouveau calcul à faire à chaque année. Au lieu de fixer des retraits identiques à 3, 4 ou 5%/année, etc… Il faut être conscient de son espérance de vie, même ce calcul est disponible sur internet en y ajoutant ses propres condition de santé. Prenons comme exemple, l’espérance de vie moyenne la plus haute, donc pour les femmes à 85 ans, vous pourriez par exemple, y ajouter un 10% (= 94 ans) à votre décision. Revenons sur 85 ans, vous arrêtez à 65, donnant donc 20 de décaissement, étant donné qu’autant les CPG, que les fonds communs, pourrait varier au pourcentage du rendement, il faut donc oublier ce facteur. Il faut plutôt étaler le montant du capital réel obtenu pour chaque année, donc prenons en exemple un capital initial de 100,000$ pour votre première année vous le divisé par 20 ans, donnant 5,000$ de retrait, votre capital sera à 95,000$, vos rendement on fait un piètre +3% = 97,850$, ce nouveau capital, vous le divisé par le nombre d’année restant, à partir du nombre d’année déjà établi au départ, vous divisez le restant d’année, soit 19 ans du 97,850$ = 5,150$ de retrait pour cette année, votre capital sera à 92,700$ et ainsi de suite. Parce qu’il y de bonne année et des années de récession, vous allez donc suivre le même rythme, vous aurez de meilleur année ou vous devrez vous serrez la ceinture sur des années en récession, va vous permettre ‘’par amortissement’’ pour vous rendre à votre étalement du capital sur les 20 ans établi au départ qui sera réparti proche de l’équilibre pour chaque années. Continuons l’exemple pour une meilleure année, vous obtenez un bon rendement par des fonds communs à +5%, rendu à votre 3e année de retrait, votre capital à 92,700% +5% = 97,335$, vous le divisez donc sur 18 ans = 5,407$ et ainsi de suite jusqu’à votre dernière année prévu à 85 ans. Mais en tout temps, selon votre condition de santé, rien ne vous empêche de modifier votre division au nombre d’année qui vous convient, en plus ou en moins. Mes salutations!