Quand la pandémie impose une retraite hâtive

Quand la pandémie impose une retraite hâtive

Jornada Produtora via Unsplash

La situation actuelle a précipité plusieurs départs à la retraite. Retraite forcée ou devancée, le risque d’exposition à la COVID-19 ou la précarité financière des entreprises en sont les principales causes.

Bon nombre de travailleurs qui planifiaient une retraite progressive ou qui occupaient des postes à temps partiel se retrouvent aujourd’hui sans emploi, alors que d’autres craignent le coronavirus et refusent carrément de retourner à leur poste de travail. Certes, la Prestation canadienne universelle (PCU) est venue à la rescousse pour amoindrir le choc, mais ce soutien n’est pas éternel. Qu’adviendrait-il si la pandémie se prolongeait?

Si on perd son emploi

En raison de la situation économique, notre employeur a fermé ses portes ou a réduit ses activités. Du jour au lendemain, on n’a plus d’emploi. Une retraite hâtive est imposée. Heureusement, on peut percevoir la PCU imposable pendant un maximum de 24 semaines, en date des présentes. Par la suite, on peut être admissible à recevoir des prestations régulières d’assurance-emploi (55 % du salaire normal) si notre nombre d’heures assurables est suffisant. Ces revenus aideront à repousser le décaissement du capital retraite.

Toutefois, si on refuse de retourner au travail malgré le fait que l’employeur ait mis en place toutes les mesures sanitaires recommandées, on risque de ne plus être admissible à des prestations d’assurance emploi. On devra alors puiser plus rapidement dans ses épargnes.

Si on reçoit une indemnité de départ

Ce revenu sera déduit des prestations régulières d’assurance-emploi, selon le nombre de semaines équivalent. Si on compte des années de service avant 1996 chez ce même employeur, une partie de l’indemnité peut être transférée à un REER, et ce, sans affecter les droits REER actuels. On échappe ainsi à l’imposition immédiate sur ce montant admissible. 

Revoir son budget et son fonds d’urgence

Mieux vaut établir sans tarder ses nouvelles priorités et refaire son budget. On remet aussi ses projets tant espérés. Pendant la pandémie, le fonds d’urgence revêt toute son importance lorsque des imprévus surviennent. Prévoir trois mois de coût de vie ne s’avère plus suffisant, on recommande maintenant au moins six mois pour couvrir ses dépenses mensuelles. On évite ainsi de s’endetter ou de puiser dans ses épargnes.

Demander ses rentes publiques

Les calculs étaient faits. On avait prévu, à 65 ans, de reporter ses rentes publiques (RRQ et PSV). Ce manque de revenus aurait été compensé par du travail à temps partiel ou des retraits du CELI ou du REER. Plus rien ne tient! Envisager de devancer la demande de ses rentes publiques s’avère alors une excellente solution pour certaines personnes.

Revoir son plan de retraite

L’arrivée de la COVID-19 a parfois déstabilisé les projets de retraite. Ces années de travail qui permettaient de reporter ses rentes de retraite, d’accumuler des épargnes ou d’alléger les dettes n’existent plus. Les variables diffèrent désormais, les revenus espérés seront probablement moindres et le coût de vie pourrait subir certaines coupures. Bref, le portrait de la retraite a changé pour certains avec ces événements précipités. On gagne dès lors à revoir ses objectifs et son avenir. Le planificateur financier des personnes concernées saura réexaminer leur plan de retraite en tenant compte de ces nouvelles réalités.