Le marché de l'habitation québécois ralentit

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À l’échelle provinciale, la variation des prix moyens de l’habitation, comprenant les maisons et les condos, devrait se situer dans une fourchette allant d’un repli de 1,8% à une quasi -stagnation de 0,5% en 2009, d’après les prévisions récentes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et du Mouvement Desjardins.

«Les effets d’une conjoncture économique affaiblie et d’un gonflement des stocks dans certains segments du marché de l’habitation l’emporteront sur les effets résultant de la croissance démographique et de taux d’intérêts favorables, faisant baisser la demande de logements en 2009, peut-on lire dans l’étude Perspectives du marché de l’habitation, publiée par la SCHL en février dernier. Le volume de production résidentielle régressera donc vers la barre des 40 000 mises en chantier, tandis que les ventes de logements existants fléchiront d’environ 8,1%.»

Les ventes d’habitations seront en baisse dans toutes les régions du Québec, mais les plus touchées seront Sherbrooke (-10,9%), Gatineau (-9,6%) et Saguenay (-9,4%), estime la SCHL. Les vendeurs devront désormais s’armer de patience.

«Actuellement, le marché de l’habitation est pratiquement à l’équilibre», pense Claude Charron, président de la Chambre immobilière du Grand Montréal et franchisé des bureaux RE/MAX T.M.S. Les acheteurs, donc, peuvent prendre le temps de magasiner alors que les vendeurs ont un flot de visiteurs suffisant pour leur permettre d’espérer obtenir un prix satisfaisant.

L’effet attendu de cette accalmie sur les prix ne sera pas brutal. «La croissance démographique prévisible dans toutes les régions du Québec et le taux de chômage relativement faible, particulièrement dans la région métropolitaine de Québec, tempèreront la baisse de l’activité», explique Louis Gagnon, économiste au Mouvement Desjardins.

Parmi les zones où le répit risque d’être un peu plus lourd de conséquences, on compte la métropole québécoise. Le prix moyen des maisons et condos pourrait fléchir de 1,2% en 2009, selon la SCHL. Le marché de l’habitation montréalais, aussi bien l’Île que les banlieues, a tous les symptômes de l’essoufflement. Le taux d’inoccupation des logements est le deuxième en importance au Québec, après celui de Sherbrooke, soit 2,4% contre 2,8%, et est quatre fois plus élevé que celui de la ville de Québec.

On compte six à sept vendeurs pour un acheteur dans la région de Montréal. Et la région pourrait perdre encore 1000 emplois cette année dans la foulée du ralentissement du secteur manufacturier.»



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