Hausse du huard: en profitez-vous?

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Les entreprises en profitent...

Les entreprises en profitent…

Dans son analyse, Douglas Porter a trouvé qu’un Big Macet et un iPod shuffle se vendent au prix juste pour le consommateur d’ici. En revanche, livres, magazines, disques et voitures importés des États-Unis, pour ne prendre que ces exemples, sont vendus trop cher de notre côté de la frontière. Voilà pourquoi les profits des entreprises canadiennes ont été si élevés ces dernières années, en particulier toutes celles qui importent des produits américains. Leurs dépenses d’approvisionnement étant en baisse, les prix de vente devraient l’être aussi.

Le fait que les détaillants soient pointés du doigt n’inquiète guère Gaston Lafleur. «Fixer un prix est quelque chose qui relève de beaucoup d’autres facteurs que de la simple vigueur du dollar», soutient-il. Il reconnaît pourtant que les détaillants peuvent faire des économies quand ils s’approvisionnent avec un dollar qui vaut davantage. Il reconnaît aussi que voyager avec un dollar canadien plus vigoureux se traduit par des économies immédiates dans les pays visités. Mais il ne peut expliquer de façon convaincante pourquoi nous ne réalisons pas d’économies dans notre propre pays avec un dollar en santé.

Si les détaillants conservent les profits, ils ne pourront éternellement le faire, soutient un comptable interrogé pour cet article. Selon lui, le premier qui décidera de faire profiter ses clients des bas prix attirera les acheteurs et fera naître une baisse générale des prix.

Autre phénomène, les gens sont habitués à payer tel prix pour tel article. Selon Douglas Porter, détaillants et distributeurs continueront de charger le même prix tant qu’ils le pourront, tant que les gens consentiront à payer, a-t-il déclaré à un journaliste manitobain.

Si l’augmentation de la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain n’avait été que temporaire, la non-répercussion sur les prix n’aurait irrité personne. Mais de nombreux analystes affirment que la vigueur du dollar canadien, forte d’une remontée qui a déjà 5 ans, est là pour rester. Nous aurions dû en profiter bien avant aujourd’hui. En lisant les journaux canadiens, on découvre que la grogne des consommateurs va d’un océan à l’autre. C’est pourquoi des organismes de défense des droits des consommateurs à travers le Canada réclament notre dû.

«La baisse n’advient pas, tranche Jean-François Vinet, analyste financier d’Option consommateurs. Les consommateurs du pays n’ont pas encore pleinement profité de la hausse de valeur de notre dollar.»



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