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Micheline Lapierre-Vigneau: à l’écoute aux Îles

C'est de chez elle, «tempête oblige», que Micheline Lapierre-Vigneau raconte son implication auprès des personnes âgées des Îles de la Madeleine, où elle réside depuis environ 38 ans. Ce confinement forcé ouvre la porte à une grande question: de par leur situation géographique, l’isolement des aînés y est-il un problème plus marqué qu’ailleurs?
Micheline Lapierre-Vigneau: à l’écoute aux Îles

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La Madelinienne, qui s’investit auprès des personnes âgées depuis une quinzaine d’années, estime que c’est partout pareil. Animatrice depuis plus de cinq ans aux Logis Communautaires l’Harmonie, une résidence pour aînés sur l’île du Havre-Aubert, elle relate qu’après le repas, les résidents se retrouvent au salon, assis en rond, les uns à côté des autres, mais que nul ne pipe mot. «Ils sont comme isolés dans leur passé ou je ne sais trop. Souvent, je m’aperçois qu’ils surveillent dehors pour voir s’il n’y a pas quelqu'un qui va arriver et venir jaser avec eux. Alors, quand bien même ils vivent en communauté, l’isolement règne.»

Quelques mots, ça change tout

«Si vous avez des personnes âgées dans votre famille, ne les négligez pas! implore Micheline Lapierre-Vigneau. Beaucoup n’attendent qu’une oreille attentive et de pouvoir discuter de toutes sortes de choses. Même si c’est juste pour aller les saluer, les voir 10-15 minutes, ce n’est pas beaucoup de votre temps, mais ça leur fait tellement plaisir!» Elle-même aime beaucoup s’entretenir avec eux, connaître leur vie d’avant, leur remémorer leur jeunesse, de bons souvenirs. D’ailleurs, elle s’investit tellement qu’il lui reste très peu de temps libre. Quand elle en a, elle le consacre à des travaux manuels, à la création de cartes de vœux, au tricot et scrapbooking.

Bénévole en série

Née à Jonquière, Micheline Lapierre-Vigneau vient passer l’été 1980 aux Îles de la Madeleine avec son mari, natif de là, et d’où une bonne partie de leurs familles respectives est aussi originaire. Leur été s’étire finalement jusqu’aux fêtes. L’année d’après, ils décident de s’établir pour de bon à l’Anse à la Cabane sur l’île du Havre-Aubert avec leurs enfants. Rapidement, Micheline s’implique bénévolement dans la communauté. Il faut dire que les Madelinots sont tissés serré et, de façon générale, s’entraident beaucoup. Longtemps, elle donne de son temps aux jeunes, via le mouvement scout de ses enfants, en plus de faire partie de comités d’école et d’être commissaire à la Commission scolaire des Îles. 

Depuis 2004, c’est auprès des aînés qu’elle s’investit en occupant différentes fonctions, certaines bénévoles, d’autres rémunérées. Elle s’efforce notamment qu’ils aient accès aux mêmes services et programmes que dans le reste de la province. Présidente de secteur du Carrefour des 50 ans et plus du Québec depuis 2005, elle a rejoint il y a environ deux ans le comité créé pour mettre en place la politique MADA, contribuant à élaborer un plan d’action pour améliorer la qualité de vie de tous les aînés des Îles de la Madeleine, et siège désormais au comité consultatif. De plus, cette passionnée œuvre depuis 2017 au sein du programme Québec ami des aînés (QADA), qui a pour mission de briser l’isolement chez ces derniers. L’an passé, elle a d’ailleurs été élue personnalité aînée 2018 par la Table régionale de concertation des aînés de la Gaspésie et des Îles pour son implication. Une reconnaissance qui l’a ravie, mais aussi un peu gênée. «Pour moi, ce que je fais va comme de soi. Mais être honorée pour son travail, qu’il soit bénévole ou rémunéré, ça fait plaisir!» En collaboration avec le Carrefour action municipale et famille.