MADA

Micheline Anctil: des idées qui font du chemin

En 1978, au moment de la création des CLSC, Micheline Anctil devient la première travailleuse sociale de celui de Forestville. Avec l’objectif de mettre en place l’équipe des services sociaux, elle emménage pour une période de deux ans dans cette région éloignée, qui lui est totalement inconnue. Emballée à l’idée de relever un tel défi, elle prend pays. Puis, éventuellement, mari! Dans sa petite municipalité d’accueil, la native de Saint-Pamphile tisse des liens profonds avec la communauté immédiate et contribue même à l’organisation sociale des MRC de la Côte-Nord. En 2009, elle quitte son poste de directrice générale du Centre de santé de la Haute-Côte-Nord pour prendre sa retraite. «À un âge beaucoup trop jeune pour rentrer à la maison. Je suis donc devenue mairesse de Forestville!»
Micheline Anctil: des idées qui font du chemin

L. Richer

La MADA (Municipalité amie des aînés) du mois racontée par un de ses élus ou bénévoles.

Ça commence ici

En 2014, Madame la mairesse inscrit sa ville dans la démarche Municipalité amie des aînés. «Cette politique me rejoint dans mes valeurs: elle mise sur la participation des personnes du troisième âge, encouragées à exprimer leurs besoins et à nommer les actions qu’elles souhaitent voir se concrétiser ou auxquelles elles désirent participer.» Le comité MADA formé à l’époque prête donc une oreille attentive aux demandes des aînés. Ceux-ci font savoir qu’ils veulent contribuer à la vie communautaire et demeurer actifs sur le plan physique. Ils se préoccupent aussi des enjeux liés aux services de proximité. «Chez nous, où l’éloignement géographique constitue un défi de taille, le combat pour assurer aux citoyens l’accessibilité à des services de proximité prend tout son sens! Nous devons songer à des formules novatrices qui nous permettent, par exemple, d’aider ceux qui souhaitent rester dans leur milieu significatif le plus longtemps possible à obtenir un continuum de services. Et leur éviter ainsi, s’ils doivent ultimement changer de domicile, d’être déracinés pour aller vivre 100 km plus loin.»

À grande échelle

L’isolement étant un enjeu majeur pour la Côte-Nord, qui s’étend sur plus de 1000 km de Tadoussac à Blanc-Sablon, Micheline Anctil décide en 2014 de siéger à la Table régionale de concertation des aînés de la Côte-Nord, d’abord en tant que membre, puis à titre de présidente. «On doit ouvrir le dialogue d’un bout à l’autre du territoire.» À quoi sert une table de concertation des aînés? «Mise sur pied dans chacune des régions administratives du Québec à l’occasion de l’Année internationale des personnes âgées en 1999, elle est devenue par la suite une table permanente et structurée, autour de laquelle s’assoient des organisations liées aux aînés, et dont la mission est de représenter les intérêts et les grands enjeux liés aux conditions de vie de ces derniers. Elle sert de courroie de transmission entre la population âgée et des instances gouvernementales, dont le Secrétariat aux aînés du ministère de la Famille, avec qui elle travaille de concert pour mieux répondre aux besoins aux personnes du troisième âge.» Depuis 2011, chaque MRC de la Côte-Nord, à l’exception de Caniapiscau, est dotée d’une table locale. «De cette façon, les besoins des aînés de chaque région sont bien représentés et nous sommes assurés qu’il y a un aller-retour d’informations et de concertation jusqu’au bout du terrain.»

Tous ensemble!

Dans ce vaste coin de pays, le travail d’équipe mène loin, malgré la distance: la Table de concertation des aînés de la Côte-Nord a créé il y a deux ans l’Alliance en faveur de l’amélioration des conditions de vie des aînés. «Nous invitons les organisations concernées par le vieillissement de la population de chaque municipalité à s’engager, de façon volontaire, à unir leurs forces afin de mener des actions favorisant le mieux-être des aînés au cours des prochaines années.» Toutes les municipalités de la Côte-Nord sont aussi invitées à s’inscrire à la démarche MADA. «Notre région est une des plus vieillissantes au Québec. Il est dans notre intérêt de prendre conscience de cette démographie et de se dire que nous sommes tous concernés.» Madame la mairesse est visionnaire… et rassembleuse. «Au bout du compte, ce dont je rêve, c'est une Côte-Nord amie des aînés ET amie des enfants. Parce que c’est tous ensemble, à travers les générations, qu’on peut progresser.» En collaboration avec le Carrefour action municipale et famille.