MADA

Michel Thérien: semeur d’idées

Au moment de sa retraite, en 2011, Michel Thérien réalise un rêve: celui de retourner vivre sur la fermette de ses parents à Saint-André-Avellin et d’y planter des arbres. Aussitôt installé, il offre ses services comme bénévole à la mairesse de l’époque, Thérèse Whissell. «Je lui ai dit que je voulais contribuer à la vie communautaire. Elle m’a fait savoir que la Ville, qui venait d’être déclarée Municipalité amie des aînés (MADA), avait formé un comité Politique familiale et des aînés. "Ça t’intéresse d’en faire partie?" m’a-t-elle demandé. "Bien sûr que oui!" ai-je répondu avec enthousiasme.» L’ex-administrateur chez Hydro-Québec devient donc président du tout premier comité MADA de la MRC de Papineau. Également conseiller municipal pendant quelques années, il se dit «bien content d’avoir mis les pieds là-dedans»!
Michel Thérien: semeur d’idées

La MADA (Municipalité amie des aînés) du mois racontée par un de ses élus ou bénévoles.

Grand rassembleur

À l’ordre du jour du nouveau comité: le travail en équipe. Michel Thérien et les neuf autres membres provenant de divers milieux (municipalité, communauté, organismes) veulent d’abord mettre en place un cadre pour répondre de façon intégrée aux demandes des citoyens de Saint-André-Avellin. «La démarche MADA, avec l’aide du Carrefour action municipale et famille (CAMF), nous a fourni l’occasion de concrétiser ce désir en faisant participer tout le monde.»

Une consultation publique est lancée l’année suivante afin de mieux définir les besoins de la population. Elle donne lieu à l’élaboration d’un plan d’action 2013-2015, grâce auquel des gestes concrets sont posés, comme le développement d’un parc, l’aménagement de terrains de pétanque, l’installation de bancs et d’exerciseurs, l’uniformisation des limites de vitesse dans le village et les rangs ou le développement du covoiturage… «Ces premières démarches nous ont permis de créer un solide réseau d’entraide entre les partenaires de tous les milieux.»  

Loin de se reposer sur ses lauriers, le comité poursuit ses efforts avec l’intention, en 2019, d’approfondir ses interventions auprès des aînés. «Chez nous, le tiers de la population, qui compte 3700 personnes au total, est âgé de 65 ans et plus. Et la moitié a 55 ans et plus. Certains s’ennuient, sont isolés ou ne peuvent se déplacer. D’autres sont en pleine forme et autonomes. Il y a donc divers besoins à combler.» D’où le désir d’adopter une démarche globale, autour de tous les aspects d’une vie à la retraite. «On voudrait mettre en place une mosaïque de services afin de faire ressortir toutes les couleurs de notre population aînée, de lui permettre de s’épanouir, peu importe son âge et sa condition, en fonction de ses besoins spécifiques.»

Se donner la main

Une des difficultés que la municipalité rurale doit surmonter est le manque de proximité des services. Pourquoi, dans ce cas, ne pas faire d’une pierre deux coups en créant un incubateur d’entreprises d’économie sociale, propose notre visionnaire engagé. «Des retraités souhaitent valoriser leurs connaissances et contribuer à la qualité de vie de leur communauté. Ce groupe, que j’appelle le Bel Âge (rires), constitue une force tranquille. En créant un réseau de soutien qui servirait à les guider dans leurs démarches pour démarrer leur business (cordonnerie, nettoyeur ou autre), on leur fournirait l’occasion de s’impliquer. Et cela resterait dans la communauté.»

Pour ce protecteur de l’environnement (il est membre du CA de l’Organisme de bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon), semer pour récolter, c’est une seconde nature! «La préoccupation des aînés fait boule de neige dans notre MRC. On va essayer de se connecter avec les autres MADA et tables de concertation. Si on veut avancer, ça prend une cohésion sociale.» 

Ce fier grand-papa ne rate jamais les retrouvailles annuelles en famille («Cette année, nous avons dormi avec les loups et les ours au parc Oméga!»), tout en étant comblé par son travail. «Grâce à lui, je demeure alerte et je peux continuer de contribuer à la qualité de vie de mes concitoyens.» En collaboration avec le Carrefour action municipale et famille.