Rendez-vous à Nicolet

Fondation du patrimoine religieux du Québec 2003

Imaginez une rivière. Oh! pas une grande rivière: elle ne fait pas 140 kilomètres. En coulant vers le Saint-Laurent depuis les Appalaches, elle visite Asbestos, Victoriaville et, tout près du lac Saint-Pierre, une petite ville qui porte le même nom qu’elle. Les Abénaquis disaient Pithiganitekw, «rivière de l’entrée». Champlain l’a renommée Du Pont avant que d’autres l’appellent du Gast, Monet, Laubia, Cressé... et finalement Nicolet en l’honneur de Jean Nicolet, explorateur et pionnier. Si vous aimez taquiner la truite, tendez votre ligne à Chesterville, à Notre-Dame-de-Ham, plus en amont. Vous serez comblé.

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Nicolet 

Au bord de sa rivière, Nicolet n’est pas sans histoire. Le matin du 12 novembre 1955, à peine six mois après qu’un grand incendie eut ravagé 35 immeubles et jeté 300 personnes à la rue, un bruit sourd se répand dans la ville. De l’eau infiltrée sous le sol entraîne un terrible glissement de terrain: 250 000 mètres cubes de terre – un volume équivalant à une centaine de piscines olympiques! – se retrouvent dans la rivière. En dix minutes, ont disparu des maisons, une station-service, le palais épiscopal, le collège des Frères. Trois personnes sont mortes. Est apparu un cratère de 12 mètres de profondeur, de 20 mètres de largeur et de 200 mètres de longueur. Tout près, la cathédrale menaçait d’y sombrer: on la démolira pour en édifier ailleurs une nouvelle qui sera inaugurée en 1963.

Ce sera la cinquième cathédrale érigée à Nicolet depuis 1885. Toujours debout, elle constitue une très belle – et audacieuse – pièce d’architecture. Son toit blanc incurvé lui confère une élégance tout altière. En façade, d’immenses et magnifiques vitraux laissent pénétrer la lumière: elle irise le sol qui s’incline vers le choeur et l’autel de granit noir. L’ensemble est impressionnant, tout comme le haut campanile de pierre, détaché de l’édifice, qui supporte les cloches. L’orgue, datant du début du XXe siècle, est l’oeuvre de la maison Casavant Frères de Saint- Hyacinthe. Croyez-moi, on s’attarde aisément dans un tel lieu.



Pages :

Partagez votre opinion

Réagissez à cet article

Rendez-vous à Nicolet

Laissez ce champ vide, il est là pour prévenir contre les soumissions automatisées en spam.

Voir les politique de commentaires