Autocueillette: passion champignons!

Autocueillette: passion champignons!

Florian van Duyn via Unsplash

Plus populaire que jamais, l’autocueillette ne concerne pas seulement les petits fruits. De nombreux mycologues amateurs scrutent la forêt, en quête de champignons. En vraie passionnée du sujet, Marie-Lise Pilote nous confie ses trucs de pro pour amorcer nos recherches. 

Artiste et femme d’affaires, Marie-Lise Pilote a été initiée à l'autocueillette des champignons pendant son enfance. «Mon grand-père Pilote était pépiniériste. Avec ma grand-mère, j’allais ramasser des champignons. J’y ai repris goût grâce à mon terrain, en Estrie.» C’est dans son havre de paix qu’elle se rebranche sur la nature. Le jour où elle y a découvert des bolets, sa passion s’est ravivée. «Je me suis acheté des livres. Quand on a de l’intérêt pour quelque chose, on apprend vite!»

Depuis, chaque année – au printemps, en été et à l’automne –, Marie-Lise ramasse, déshydrate et congèle son butin. Elle connaît chaque recoin de son domaine mieux que personne. «J’ai un seul champignon homard, qu’on appelle comme ça à cause de sa couleur, rouge comme celle des homards. Poêlés, ces champignons sont délicieux! Il y en a un seul qui pousse sur mon terrain et je sais exactement où il est!»

Comme on trouve différentes espèces de champignons un peu partout au Québec, la fondatrice de Pilote & Filles, une entreprise qui conçoit des vêtements et des bottes de travail pour femmes, aime faire des escapades liées à son passe-temps. «Je rêve d’aller dans le secteur des Passes-Dangereuses, au Lac-Saint-Jean, parce qu’il y a énormément de champignons homards. On y trouve aussi beaucoup de morilles.»

Sorties guidées pour commencer

L’incendie qui a dévasté la région pendant l’été est susceptible d’attirer des mycologues comme Jean-François Bourdon, ingénieur et guide-mycologue à la Forêt-Montmorency, qui a d’ailleurs axé son mémoire de maîtrise sur le sujet. Le titre: Utilisation de la télédétection pour évaluer la sévérité de feux de forêt dans une perspective de récolte de morilles en forêt boréale. C’est d’ailleurs à la suite de ses recherches universitaires et des demandes répétées de gens intéressés par la mycologie qu’il s’est penché plus sérieusement là-dessus.

Bien que les activités qu’il guide à la Forêt-Montmorency soient en pause pour une période indéterminée au moment de rédiger ces lignes, M. Bourdon souligne que les clubs de mycologues des diverses régions de la province proposent toujours des sorties supervisées. Comme on n’a pas tous une grand-mère mycologue comme celle de Marie-Lise Pilote pour faire nos premiers pas dans cet univers, on pourra y rencontrer des passionnés prêts à partager leurs tuyaux. 

«On trouve de bonnes informations dans les livres, dit Jean-François Bourdon, mais un œil expert peut nous amener à remarquer certaines choses.» Il existe des clubs de mycologues particulièrement dynamiques, comme celui de la Mauricie. En plus de répertorier les activités liées à l'autocueillette de champignons dans la région et les lieux où en trouver, ils nous indiquent les restaurants où l’on peut en déguster et avec quelles recettes les apprêter. 

 

Beaux et bons… mais parfois mortels

Parmi les champignons qu’on trouve au Québec, certains spécimens sont très toxiques. «L’ange de la mort – ou amanite vireuse – est très commun chez nous. On en voit souvent dans la forêt. C’est un beau champignon blanc avec un chapeau blanc. Il tue lentement, organe par organe... Quand il est jeune, il ressemble beaucoup à un champignon comestible.»

C'est la raison pour laquelle l'expert recommande aux débutants de laisser les champignons blancs de côté et de s’intéresser surtout aux tubes pour se faire la main. «Le mieux, c’est de cueillir avec quelqu’un qui s’y connaît un peu. Et surtout, dans le doute, on s’abstient!» Pas de panique, toutefois, si on touche un spécimen toxique par mégarde: «Il n’est pas dangereux de simplement toucher un champignon mortel, même l’amanite vireuse. Il est préférable de l’éviter, mais il ne faut pas dramatiser non plus.»

Certains coins du Québec proposent des activités touristiques particulièrement intéressantes autour du champignon. C’est le cas de Kamouraska, porte d’entrée du Bas-Saint-Laurent. L’invitation est lancée!