Grandes entrevues Le Bel Âge: Guylaine Tremblay

Grandes entrevues Le Bel Âge: Guylaine Tremblay

Photo: Laurence Labat; maquillage: Richard Bouthillier; coiffure: Jonathan Lee; stylisme: Annie Richard; vêtements et accessoires: Le Château.

Sur les planches

Guylaine Tremblay est devenue la reine du petit écran, mais son lien avec le théâtre demeure vital. Après quatre ans d’absence, elle remonte sur scène dans la pièce Encore une fois, si vous permettez, de Michel Tremblay, présentée chez Duceppe du 6 avril au 14 mai. Ce rôle immense, créé en 1998 par Rita Lafontaine, est celui de Nana, la maman de l’auteur, ramenée à la vie grâce à la magie du théâtre. Malgré tout son talent, Guylaine était très nerveuse lorsqu’elle a accepté ce rôle. Les gens allaient-ils la comparer à Rita? «Michel Dumont, le directeur artistique chez Duceppe, m’a rassurée: il m’a rappelé que le théâtre est une longue affaire de passation des rôles. Lui aussi avait hésité à jouer La mort d’un commis voyageur, pièce immortalisée chez nous par Jean Duceppe, mais il a vite réalisé que le théâtre mourrait si de nouveaux comédiens ne reprenaient pas les rôles marquants du répertoire. Cette Nana sera “ma” Nana, différente des autres, mais je vais travailler très fort! Nana parle une langue des années 1950 et 1960, il faut se la mettre en bouche. Elle utilise des expressions de son temps comme “le plancher allait défoncer”, quand moi, j’ai tendance à dire que le plancher “allait s’écrouler”. Je dois me surveiller! Mais c’est un pur bonheur d’incarner cette mère à la complicité presque amoureuse avec son fils.»

Hors des planches, Guylaine Tremblay retrouve son autre rôle de maman, le plus important! Ses deux filles adoptives sont sa principale raison de vivre. «Pendant que je tourne Unité 9, de mai à décembre, je suis une maman moderne: on mange des pâtes et des repas rapides. Mais de décembre à mai, je redeviens une mère à l’ancienne qui cuisine des plats mijotés, de bonnes soupes, et je passe beaucoup de temps avec mes enfants.» Lorsque Juliane est entrée dans sa vie, une bonne fée s’est penchée sur son berceau: «Elle avait neuf mois quand je l’ai adoptée. Elle est arrivée de Taïwan le jour de la crise du verglas et son avion a été le dernier à pouvoir atterrir à Montréal. Je devais jouer au théâtre à ce moment-là, mais la pièce a été annulée à cause de la tempête. J’ai donc pu vivre pleinement ces premiers moments avec mon bébé, un rêve!»

Mère et comédienne comblée, Guylaine souhaite vieillir en santé: «Le cadeau le plus important de la vie, car il permet d’apprécier tous les autres!» À 55 ans, comment voit-elle l’avenir? «Je vais préserver ma jeunesse de coeur et d’esprit. Il ne faut jamais cesser de croire en la vie. Chacun doit cultiver l’espoir et changer le monde à sa petite échelle, selon ses moyens. Je le répète à mes filles: c’est facile de lâcher prise, mais plus difficile de travailler à son bonheur.»



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