Ensemble: les Duceppe, un héritage politique

Ensemble: les Duceppe, un héritage politique

Courtoisie

Gilles Duceppe a d’abord été connu comme le fils de Jean Duceppe. Aujourd’hui, l’ancien chef du Bloc Québécois se présente plutôt comme le père du député Alexis Brunelle-Duceppe.

La scène a marqué les esprits. Alors commentateur à la soirée électorale d’octobre 2019, un Gilles Duceppe ému assiste en direct à l’élection de son fils, sous la bannière du Bloc. Malgré l’historique familial – à 11 ans, il posait déjà des pancartes électorales –, Alexis Brunelle-Duceppe ne se destinait pas nécessairement à la politique active.

Il a tout de même milité pendant des années au sein du Bloc Québécois, du Parti Québécois et d’Option nationale avant de se porter lui-même candidat. «Je cherche à faire avancer mes idées et, pour l’instant, la façon que j’ai trouvée de le faire, c’est d’être député du Bloc», résume celui qui a pourtant commencé sa carrière loin de la colline parlementaire, sur les plateaux de tournage montréalais.

Gilles Duceppe acquiesce: «Il ne faut pas choisir une carrière pour avoir un titre, un poste ou pour récolter les honneurs, mais bien plutôt pour changer les choses. Si on veut que la nation québécoise s’épanouisse et continue d’exister, ça prend un pays.» 

La question de la souveraineté est d’ailleurs de celles qui rassemblent les Duceppe. «On vient de la même famille politique et on partage les mêmes idéaux en ce qui concerne notre langue, notre culture et notre pays, poursuit le fils. Mais il y a quand même eu des élections où on ne soutenait pas le même parti.» C’était en 2012: alors qu’il s’était rallié à Option nationale, son père appuyait le PQ de Pauline Marois. «On a toujours été ouverts aux arguments, nuance-t-il cependant. C’était comme ça dans les soupers de famille. S’il y a une chose que j’ai apprise de mon père et de ma mère, c’est d’écouter les autres. Le but n’est pas de convaincre à tout prix.»

«C’est le propre de la démocratie d’avoir différentes opinions et d’être capable d’en débattre», renchérit Gilles Duceppe.

 

Transmission des savoirs

Élu il y a un peu plus d’un an, le jeune parlementaire admet volontiers avoir encore «beaucoup à apprendre». Avec Gilles Duceppe à ses côtés. «Je suis très chanceux par rapport à mes collègues. Ce n’est pas tout le monde qui parle de job à son père huit fois par jour!» En réalité, ça n’a pas été toujours facile d’être «le fils de», confie-t-il. L’héritage politique a parfois été lourd à porter. «Il y a eu des moments plus difficiles, par exemple à l’adolescence, mais j’ai arrêté de me voir comme le fils de Gilles Duceppe et ça a changé l’espèce de paradigme que je m’étais imposé.»

Paradoxalement, son père a vécu un peu la même chose à une autre époque. «Dans mon cas, c’était, d’une certaine façon, plus facile parce que je n’exerçais pas le même métier que papa», relève Gilles Duceppe. Il raconte avoir néanmoins décliné une offre du PQ, qui lui avait offert une circonscription sur un plateau d’argent en 1970. «J’avais 23 ans et je me disais que j’allais être élu comme le fils de, chose que je ne voulais pas.»   

On connaît la suite: «Alexis, tout comme moi, a fait autre chose par lui-même avant d’être élu, soutient l’ancien chef. On n’est donc pas, ni dans un cas ni dans l’autre, des fils de.»

Gilles Duceppe a été le premier député élu du Bloc Québécois en 1990, puis a été chef du parti souverainiste pendant une quinzaine d’années avant de se retirer de la vie politique active. Alexis Brunelle-Duceppe est actuellement député du Bloc dans la circonscription Lac-Saint-Jean

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