OK boomer!

OK boomer!

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

Rarement une expression m’aura autant dressé le poil que celle-là! «OK boomer» est ce «Cause toujours» ou «Tasse-toi, mononcle» balancé depuis un an à toute personne qui exprime une opinion jugée réactionnaire ou passée date, tant sur les réseaux sociaux que dans la vraie vie. Visés à la base? Les baby-boomers. Comme si les gens de plus de 50 ans étaient faits d’un bloc, votant pareil, vivant pareil, consommant pareil. La condescendance, voire le mépris, dans ces deux petits mots, coupe souvent net la discussion.

Pourtant, experts, études et enquêtes s’accordent pour dire qu’aucune génération n’est monolithique. D’autres facteurs sont bien plus importants que l’âge pour façonner notre vision des choses: seul ou en couple, homme ou femme, aisé ou démuni, vivant en région ou en ville… Ranger tous les «vieux» dans le même tiroir rend la critique plus facile, mais on repassera pour le dialogue!

Non, les plus âgés ne coûtent pas si cher. Ils sont plus actifs que jamais sur le marché du travail et créent de l’emploi dans le secteur de la santé et des services. Ils redonnent aussi très largement à la communauté par leur rôle majeur dans le bénévolat et le soutien de leurs proches, en temps comme en argent.

Non, les retraités ne sont pas «gras dur». Il n’y a qu’à voir ceux du Groupe Capitales Médias (parmi tant d’autres), à qui on annonce un matin la perte de 30 % de leurs rentes. 

Non, bien sûr que non, les 50+ ne sont pas des retardés technologiques sans cellulaire, ordinateur, profil Facebook ou adresse courriel!

Et non, tous les aînés ne sont pas des climatosceptiques. Ni tous les jeunes, des militants écologiques au quotidien. D’ailleurs, brisons tout de suite quelques mythes supplémentaires: si les baby-boomers ont fortement réduit leur consommation de viande rouge ces cinq dernières années, il n’en va pas de même des milléniaux (les adultes dans la vingtaine en gros). Ces derniers consommeraient beaucoup plus de biens que la moyenne de la population, n’auraient en rien freiné leurs voyages en avion ni leur utilisation d’électricité, achèteraient moins de vêtements écoresponsables et seraient beaucoup plus séduits par les derniers gadgets technologiques.

Bref, rien n’est tout noir ni tout blanc. Aux manifestations pour le climat, les têtes grises ne sont pas les dernières à marcher. Le mouvement social international écologiste Extinction Rébellion s’est même créé une branche «aînés», compte tenu de la demande. Et l’iconique Jane Fonda, 82 ans, se fait arrêter par la police quasiment chaque semaine devant le Capitole, à Washington, pour dénoncer l’inaction politique face aux changements climatiques, aussi engagée que l’incontournable Greta Thunberg, 17 ans. 

Tant pour l’environnement que pour la société, les enjeux à venir s’annoncent majeurs. Il faudra y faire face ensemble, toutes générations confondues. Bâtir des ponts au lieu de creuser des fossés. C’est OK d’être boomer, on ne devrait jamais faire rire de soi pour ça.



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OK boomer!

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Commentaires

OK BOOMER

Tout a fait d'accord avec votre article. Ca me dresse les cheveux quand je vois: "Encore les Boomers" sur les réseaux sociaux.

Boomer?

On est un boomer si on a 50 ans maintenant ? Je pensait qu’il fallait être né avant 1964 et après 1946? Je suis une X et j’ai 53

OK BOOMER

Je suis entièrement d'accord avec les commentaires de madame Pinxteren, car nous contribuons énormément à l'économie. Vous n'avez qu'à aller au restaurant, au cinéma, dans les salles de spectacles et vous verrez qu'il y a souvent beaucoup plus de têtes grises que de jeunes.
De plus, beaucoup d'associations qui aident tous les gens de la société dépendent du bénévolat et les baby boomer y sont présents de façon déterminante.
Je vous remercie pour vos commentaires car cela m'a fait réaliser que nous sommes loin d'être un poids pour la société actuelle.

Denis Fournier ( Ste-Adèle )

OK Boomer

J'en ris depuis la première fois que j'ai entendu cette expression. Je la répète à n'importe qui, peu importe son âge. C'est la meilleure position, celle de ne pas avoir l'air offusqué. L'intergénérationnel est une utopie. À vingt ans, je ne fréquentais pas des plus vieux que moi. Et maintenant, je ne fréquente pas les X Y Z ou les millénariaux (?). Et je n'ai rien contre les jeunes. Ainsi va la vie.

OK BOOMER

Comme votre article me fait du bien. Je me suis souvent fait invectiver par des neveux ou leus conjointes parce que nous avons la SV, le RRQ qui a été augmenté de 47$ suite au décès de mon mari qui avait contribué le maximum toute sa vie. Les Boomers n'ont pas pu profiter des congés de maternité, des garderies qu'ont les trentenaires et autres pour pouvoir consommer à leur guise. Je suis toujours bouche bée devant leur méchanceté. Merci de me donner les mots pour rétablir la vérité.

boomer

A l'age de 50 ans, on est Gen X pas des boomers....

Bravo

Il était temps que quelqu'un écrive un article comme celui-là! Dommage que ça soit uniquement dans une revue dédiée aux "boomers". Ce sont les plus jeunes qui devraient lire ça aussi. Merci.

OK Boomer

Excellent commantaire

Ok boomer

Je confirme. J’en suis une. Et, travaillant dans une école secondaire, je l’ai entendu. Le but était de provoquer. Ce fut un coup raté pour les jeunes. Et ça c’est arrêté.
Le grand paradoxe, c’est que ces jeunes sont allés manifester pour le climat à l’automne mais vous devriez voir ce qu’ils mangent, ce qu’ils jettent et dans quel état ils peuvent laisser une salle. Un jour peut-être les bottines suivront les babines. Je leur souhaite.

La bêtise des préjugés

Merci pour cet article, vous devriez le diffuser sur les médias sociaux, peut-être que cela sensibiliserait quelques un. Un boomer, c'est un ou une femme qui est né(e) a une époque où il y avait beaucoup à faire pour nous doter d'un système sociale qui permet, à tout le monde, d'avoir une place au soleil. Chaque génération à son défi à relever et c'est toujours avec les personnes ouvertes et volontaires de tous les âges que cela se fait. Alors Ok Boomer définit celui qui l'emploi et non celui à qui il s'adresse.

Tout à fait d’accord....

Tout à fait d’accord.... merci pour cette réflexion.

Merci

Merci pour ce texte. Il devrait être diffusé à plus grande échelle.
Jaime beaucoup tous vos éditoriaux.

Tourte la revue d’ailleurs est fort intéressante!

Lyse

OK BOOMER

OK BOOMERS
Propulsé dans la vie du haut de la commode de la chambre maritale au neuvième rang des enfants
vivants d’une famille typique québécoise, il était loin de s’imaginer qu’à partir de l’an quarante-six du
vingtième siècle il ferait partie d’une génération qui ferait autant parler d’elle, les boomers.
Il était loin également de se douter qu’un jour les générations suivantes, x,y, z, alpha… leur diraient un
moment ou l’autre amicalement ou sérieusement, ok boomers. Aujourd’hui, il se sent directement
concerné quand il entend une des idées reçues comme « les boomers sont nés heureux et qu’ils vont
trouver la façon de mourir heureux ». Plus particulières encore, les affirmations que « tout leur est
tombé tout cuit dans le bec, » qu’ils « sont pleins aux as » et que par surcroît « ils ont défloré les rêves
de leurs descendants »
Avec sa mémoire de septuagénaire, il se questionne et tente de regrouper objectivement (à ne pas en
douter) les éléments marquants de son parcours personnel et professionnel pour apprécier les
allégations des générations qui le suivent. Contexte, faits, gestes, souhaits et anecdotes s’entremêlent
dans ses souvenirs.
De 1946 à 1959, c’est l’essor économique qui s’installe ( pas pour sa famille) à la sortie de la seconde
chamaille mondiale du siècle où sa prime enfance et le début de l’adolescence se caractérisent par une
une obéissance insouciante aux codes sociaux dominants de ses soeurs et frères aînés de la génération
précédente, la Silencieuse. Pratique religieuse catholique programmée ( récitation du chapelet à
genoux le soir, servant de messes quotidiennes, confession mensuelle avec ou sans péché etc), école
primaire chez les religieuses et religieux avec début de débordement des règles ( subtilisation à
l’enseignante du manuel des réponses aux problèmes arithmétiques à solutionner en devoir à la maison
et vente des réponses à ses copains et copines). participation aux activités domestiques avec détestation
du sarclage en été de l’immense jardin pourvoyeur de la maisonnée pour les longs mois d’hiver et enfin
jeux entre petits voisins-écoliers ( poursuites-western à la Roy Rogers avec fusil à pétards, la cachette
avec coups-de-pieds sur la cannette, hockey-bottine et joutes sur glace, descente en branle-cul dans la
côte à Victorin, baignade dans le lac-à-la Tortue, pêche dans la rivière-aux-Chutes de carpes et de
barbottes dégueulasses pour vente, pèlerinage en famille au Cap-de-la-Madeleine dans la boîte du
camion de son père…) Il vivait dans un patelin où tous et toutes évoluaient dans une pauvreté relative.
Alors, si c’est ça de naître et de vivre heureux, il le confirme.
De 1959 à 1970, là, il y a de quoi à raconter. Période bouleversée et bouleversante. Mort du premier
ministre québécois, Maurice Duplessis et fin de la période nommée de la grande noirceur. Début de la
révolution tranquille, nationalisation de l’électricité, réforme de l’éducation, explosion de la culture et
du nationalisme québécois, manifestations pour protection de la langue française, crise d’octobre 1970,
avancées syndicales importantes, création d’un parti souverainiste, sécularisation des institutions,
libéralisation des moeurs sexuelles et des modes de vie traditionnelle. Tous ces changements coiffés
d’une ouverture sur le monde avec l’Expo 1967. Puis, mariage traditionnel avant la fin de ses études.et
son entrée sur le marché du travail. En somme, un vent de changement mondial où tout devenait
possible et où il y avait plus d’opportunités que de menaces malgré un éventail limité de professions
libérales et de choix de carrières.
Ces événements sociaux extérieurs à sa personne n’ont pas à prime abord bouleversé sa propre vie.
C’est l’influence de sa mère et du frère religieux convers qu’il surnommait « Teuf-Teuf » qui a changé
la trajectoire de son avenir ( les frères convers étaient des membres d’ordres religieux catholiques qui
réalisaient les travaux manuels pour des congrégations, par exemple les pères franciscains).
À la fin de son primaire en 1959, il assistait à une séance de recrutement d’élèves pour études
classiques chez les pères franciscains. Dans le cadre de sa tournée de promotion des vocations et de
cueillette de victuailles pour les franciscains, le frère « Teuf-Teuf » ( surnommé comme tel à cause de
sa sempiternelle histoire de la douzaine d’oeufs qu’il concluait en disant que l’on ne pouvait pas mettre
le mot oeuf au pluriel parce qu’il n’y avait qu’une douzaine) éveilla un intérêt chez ce jeune candidat
que sa mère encouragea tout de go. Il ne peut pas dire que c’est l’appel de Dieu, ni la volonté de faire
ses Humanités qui l’ont attiré. Sans le savoir, il s’inscrivait à une des dernières cohortes d’élèves
pensionnaires pour études classiques traditionnelles, 400$ par année, nourri, logé, éduqué, trio parfait
comme dans la restauration rapide. Il se rappelle que la pratique des sports lui a permis de contenir ses
grippes d’ennui de sa famille et des chums de sa paroisse.
Promu en 1967 avec son baccalauréat ès arts dans une bulle éducative, il n’était pas conscient de
l’importante formation acquise, notamment une solide compétence d’analyse critique de
problématiques complexes et de développement d’une vision systématique et générale du monde. Il l’a
mise à profit avec trois autres collègues durant son séjour dans ce collège par une étude sur la mission
de l’institution qui visait à former des prêtres. Acceptation de la haute direction pour une mission
repensée visant d’abord la formation des hommes. Il a complété son cheminement avec une formation
universitaire en service social en 1970, options organisation communautaire, animation sociale et
développement global planifié.
Aujourd’hui, il se rend compte qu’il a été privilégié d’acquérir ce développement personnel mais avec
labeurs et éloignement des siens. Comme auraient conclus certains spécialistes de l’éducation, on avait
formé un citoyen difficile à gouverner. Doit-il se dire qu’il a tout eu cuit dans le bec? Il ne le croit pas.
De 1970 à 2007 ( année de sa re-traite ), tout en fondant une petite famille, il a oeuvré comme
professionnel et gestionnaire dans la fonction publique québécoise. Il a contribué à l’implantation dans
la région métropolitaine de plusieurs réformes et programmes publics, notamment la santé et services
sociaux (implantation des premiers CLSC), la sécurité du revenu et l’emploi et enfin dans le monde de
l’éducation, la gestion d’un Institut agroalimentaire. À la fin des années 1970. il a complété du soir sa
formation académique par une maîtrise en administration publique. Il considère qu’il a été un agent de
changement au moment où le Québec investissait dans la création et l’amélioration des services publics
en vue d’une plus grande qualité de vie de citoyens. Encore aujourd’hui, même si des ajustements
doivent être apportés, les bienfaits des réformes sont ressentis et bénéficient aux générations suivantes.
A-t’il été chanceux d’arriver sur le marché du travail à cette époque? La réponse est oui.
Est-il plein aux as? Il dirait comme Bernard Landry, « , oeuvrer dans la fonction publique ne rend ni
riche , ni pauvre ».
Va-t’il mourir heureux? Là est toute la question. Alors que son groupe, les boomers, arrivent en grand
nombre à l’âge des impressions de dernière fois, des nostalgies, des deuils, des ultimes contributions à
faire à la société et de la préparation de la retraite définitive des vivants, il sent une faible emprise sur
les poignées de son dernier droit. Il sait qu’il doit traiter deux éléments cruciaux pour effectuer le
passage obligé de la mort. D’abord l‘apprivoiser et non la voir comme une fatalité. La considérer
comme faisant partie intégrante du cycle de la vie sans faire appel à une foi religieuse ou une croyance
quelconque pour la sublimer et l’accepter sereinement. Deuxièmement, comment réaliser le principe
de l’autodétermination dans sa fin de vie dans le cadre des règles juridiques et naturelles qui
prévaudront à cette échéance? Tout un défi.
A-t’il tué les rêves de sa descendance en ne laissant que des restes? Il est d’avis contraire. Le contexte
pour la succession est riche en opportunités à définir et en menaces à contrer. À l’heure où la révolution
numérique et les changements climatiques surviennent, les jeunes rencontrent une complexité plus
grande d’analyse des phénomènes et de la recherche de solutions efficaces. Alors que dans son temps,
le vent de changement était enthousiasmant, aujourd’hui, plusieurs vents contraires de changement
provoquent de l’anxiété, voire une paralysie désarmante chez les jeunes dans le choix de carrière et de
leur futur.
Parvenu à la phase de la re-traite des choses, il constate un certain isolement des gens de sa génération,
une faible reconnaissance de ce qu’ils ont contribué et un intérêt mitigé, voire une indifférence des
jeunes à partager leurs expériences de vie. Lui qui considère avoir joué un rôle d’agent de changement,
il se propose pour partager avec les autres générations le contexte de transformation de la société, les
facteurs de réussite et les écueils à éviter. La mise en commun des expériences intergénérationnelles
pourrait-elle apporter une réponse sécurisante et positive aux problématiques vécues? C’est avec cette
approche retenue qu’il pourra souhaiter que le ok boomers signifie d’accord à échanger plutôt que
tasse-toi.
Jean-Yves Trudel
Février 2020

OK Boomer

Chaque génération a sa ''place'' et aucune ne doit l'oublier. Nos plus jeunes générations se rendront compte ''assez vite'' qu'elles sont devenues à leur tour les générations qui ne sont pas toujours à la même place que les plus jeunes....eh?

Ok Boomer!

Je trouve cette expression remplie d'impolitesse. Quand je me le fais dire, j'invite la personne à venir me le dire en face. C'est tellement facile derrière un clavier. Faudrait pas qu'on me le dise pendant une conversation; je ne répondrais pas de mes actes. Je ne suis pas violente du tout au contraire mais face à l'impolitesse et au manque de respect, je sors mes griffes!! Merci pour cet article

Ok Boomer

J’ai bien apprécié votre billet. Combien de siècles faudra-t-il attendre avant de comprendre le mot ou plutôt le concept de ENSEMBLE?

OK Boomer

En plein dans le mille. Il devrait exister un réseau social spécifique pour nous les 50+. Il pourrait s'appeler
"PIXTEREN".

Ok boomer

C'est vraiment condescendant comme réponse, ça vient souvent de ceux qui n'ont rien d'autre à dire qui n'ont pas d'arguments!

Ok boomer

Quel texte! Je fais partie des boomers et je viens de lire tout ce que je pense, merci et merci!
Est-ce que je peux imprimer ce texte et le partager lors d’un dîner de retraités-es?

OK boomers

Puis-je imprimer votre texte et le partager lors d’un dîner mensuel de mon association de retraités-es? Je fais parti del’AREQ 08-A, secteur Val-d’Or-Malartic. C’est une association qui s’occupe de ses membres retraités, qui nous donnent du pouvoir et qui offre des services qui nous permettent de mieux vivre notre statut de retraités et de mieux vivre ensemble.

Réponse à Denise

Bonjour! Oui, sans problème. Merci!