Conducteurs âgés et conduite automobile

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Si en tant que conducteur nous choisissons de rester sur la route après 75 ans, la Société de l’assurance automobile du Québec est chargée d’évaluer nos capacités à prendre le volant. Comment cela fonctionne? La SAAQ envoie un formulaire à faire remplir par un professionnel de la santé, une demande qui nous est acheminée une première fois à 75 ans, puis à 80 ans et, par la suite, à tous les deux ans. «C’est tout un choc quand on reçoit cette lettre, se rappelle Laurent. Je me souviens l’avoir cachée quand je l’ai eue. J’étais fâché parce que j’ai toujours été bon conducteur. Prenant mon courage à deux mains, je me suis rendu chez le docteur et j’ai réussi le test. Quel soulagement…» Mais qu’évalue-t-on au juste? Et comment s’y prend-on pour tester nos capacités à conduire?

Chez le docteur

Le Collège des médecins du Québec, en collaboration avec la SAAQ, a publié un guide d’exercices pour déterminer l’aptitude des patients à conduire un véhicule automobile. Cet outil permet au professionnel de la santé de dépister les déficits cognitifs, sensoriels, neurologiques et locomoteurs d’un patient. L’examen se déroule en trois étapes.

La première est l’observation du conducteur. À partir du moment où vous entrez dans son cabinet, sachez que le médecin vous a à l’oeil! Entendre votre nom, lorsqu’il est mentionné dans la salle d’attente, est déjà un fait observable tout comme votre démarche. Par ailleurs, le médecin peut, en vous serrant la main pour vous souhaiter la bienvenue, détecter si une incapacité fonctionnelle du bras est susceptible de compromettre les manoeuvres au volant, par exemple.

Deuxième étape: le questionnaire. «On leur demande: qu’est-ce que vous faites avec la voiture, où allez-vous, conduisez-vous le soir? Il y a une démarche bien précise à suivre», explique Suzanne Dufour, omnipraticienne, professeure d’enseignement clinique à la faculté de médecine universitaire de Sherbrooke et de Chicoutimi. La longue liste des éléments à évaluer permet à notre médecin de vérifier toutes les fonctions qui nous sont nécessaires pour conduire. Les antécédents médicaux (accident vasculaire cérébral, diabète, etc.) qui pourraient influencer nos fonctions motrices, les problèmes d’audition et de vision sont bien sûr examinés. Des petites questions peuvent également être posées aux membres de la famille d’un conducteur en examen afin de savoir s’il a, par exemple, des pertes de mémoire.

Troisième étape: l’examen physique. À cette étape, signes vitaux (arythmie, hypotension), amplitude des mouvements et fonctions cognitives (comme la baisse d’attention) sont évalués à l’aide de deux examens distincts. D’abord, le test de l’horloge durant lequel le patient doit dessiner un cadran sur papier et marquer, à l’aide de la grande et la petite aiguille, une heure en particulier. On utilise également le test de Folstein composé de 30 questions. «On demande, entre autres, quel jour nous sommes et la date. Nous demandons également au patient de retenir une phrase simple qui lui sera redemandée au bout de quelques minutes, explique la docteure Dufour. Un résultat standard est de 28 sur 30, en montant. En bas de ce résultat, on suggère de faire un bilan de santé plus approfondi.»

«La plupart du temps la consultation se passe bien, ajoute la spécialiste. Surtout si le médecin qui évalue le conducteur connaît le patient. Bien sûr, ils sortent rarement du bureau avec un sourire sachant qu’il est possible pour eux de se voir retirer leur permis de conduire, mais je pense qu’ils réussissent à comprendre notre position.» 

Ce qu’il faut retenir: la décision finale d’enlever le permis de conduire ou de limiter l’utilisation de la voiture n’est pas entre les mains du médecin! Une fois le questionnaire compété, on doit, dans les 90 jours, retourner l’évaluation à la SAAQ qui examinera les résultats et fera part de la décision au conducteur, par la poste.

Avant 75 ans

Même avant l’âge de 75 ans, la SAAQ peut demander un examen préventif. Il est d’ailleurs recommandé d’aviser la SAAQ si l’on doute des capacités de conduite d’un proche et que cette personne pourrait menacer la sécurité des autres sur la route. Si on ne connaît pas le conducteur dangereux, on peut tout de même le signaler à la SAAQ en mentionnant la plaque d’immatriculation du véhicule de la personne. «Ma mère de 72 ans commençait à oublier beaucoup de choses. Il lui arrivait de nous appeler pour nous demander quel jour nous étions. Évidemment, cette situation a inquiété toute la famille. On a alors demandé un bilan médical et son permis lui a été enlevé. Dure épreuve…», confie Dominique.

À tout moment, un conducteur peut également décider de ne plus prendre la route, comme dans le cas de Francine qui, à 68 ans, n’a pas renouvelé son permis de conduire. «Depuis quelques années déjà, je limitais mes déplacements puisque prendre la route me stressait, raconte-t-elle. J’ai fait ce choix lors de mon emménagement en condo qui est situé près de tous les services; la voiture devenait donc inutile. Quand je veux aller voir mes enfants, ils viennent me chercher sinon, je prends le transport en commun.» 

Une épreuve

Si Francine vit bien avec sa décision, il n’est pas toujours facile d’abandonner le privilège de conduire, surtout si c’est notre état physique qui nous y force… D’après Micheline Bradette, psychologue et neuropsychologue, plusieurs étapes doivent être franchies pour arriver à mieux vivre avec la situation: frustration, tristesse, colère puis l’acceptation de notre état de santé et de notre perte d’autonomie.

Bien sûr, le chemin de la guérison est parfois difficile pour ceux qui ont l’impression de perdre une partie de la liberté dont ils jouissaient depuis des décennies... «Apprendre qu’on ne peut plus conduire nous oblige à trouver et à choisir des alternatives pour le transport (autobus, taxi), afin de pouvoir continuer à pratiquer nos activités et préserver notre autonomie le plus possible. Lorsque nous nous sommes adaptés, on arrive habituellement à y voir des points positifs: baisse du stress, sécurité, diminution des coûts associés au véhicule, etc.», ajoute madame Bradette. Finalement, le temps et un bon soutien de notre entourage s’avèrent des outils essentiels pour nous aider dans ce processus.

Quelques statistiques

Voici les données relatives aux contrôles médicaux pour les conducteurs âgés de 75 ans et plus, pour l’année 2006 (les résultats de 2007 ne sont pas encore publiés).

  • 72 553 contrôles
  • 46 431 renouvellements de conduire sans conditions
  • 25 288 renouvellements de permis avec conditions (conduire de jour seulement, porter des verres correcteurs, ne pas conduire sur l'autoroute…)
  • 834 permis suspendus
  • 3694 conducteurs de plus de 75 ans et plus ont renoncé d'eux-mêmes à leur permis

Un petit test

Suis-je encore apte à conduire? Comme conducteur, éprouvez-vous des difficultés ou des problèmes avec l’un ou l’autre des points suivants?

  • Vous êtes limité dans vos mouvements lorsque vous êtes au volant.
  • Vous êtes confus lorsque vous devez vous engager sur une route.
  • Vous réagissez au dernier moment pour arrêter à une intersection.
  • Vous avez de la difficulté lorsque vous devez reculer votre voiture.
  • Vous vous faites klaxonner ou interpeller régulièrement par les autres conducteurs que vous rencontrez sur la route.

Si vous avez répondu oui à une ou à plusieurs de ces questions, il serait important de consulter un professionnel de la santé.

Ce questionnaire est extrait de la brochure Au volant de ma santé publiée par le gouvernement du Québec. On peut la consulter en ligne

Mise à jour: mai 2008



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Commentaires

Permis

Je détient un permis de classe 1 chauffeur poid lourd depuis 55 ans je doit passer un examen médical
Au 5 ans et je considère cela normal. ,
Donc je n'aie aucun problème pour le demander à un conducteur de plus de 70 ans

P.s. J!aie 65 ans et encore ma classe 1

déni

Pas facile quand la personne est ma mère et qu'elle en déni de ses pertes a tous les niveaux.

PERMIS DE CONDUIRE SUSPENDU

ESPPÉRANCE DE RÉUSSIR L',EXAMEN PRATIQUE LE 22 DÉC. À 9H.

Cours pour conducteurs de plus de 55 ans

Sur une base volontaire, vous pouvez faire l'achat de quelques heures de conduite avec une école de votre région. Souvent quelques heures suffisent pour vous remettre sur le droit chemin. Le tarif par heure de conduite varie d'une école à l'autre mais vous pouvez habituellement trouver des écoles avec un taux horaire de 50-60$/h. Quand bien même que vous auriez a investir 200 ou 300 $ pour vous assurer d'augmenter vos chances de réussite pour votre évaluation à la SAAQ et maintenir la validité de votre permis de conduire, c'est un investissement qui fait tout son sens. Il existe un site pour qui vous aide à localiser les écoles de conduite près de chez vous: www.trouveruneecole.com
Bonne chance!

hospitalisation = perte de permis de conduire!

C'est connu, l'hospitalisation pour une personne âgée affecte le cognitif de celle-ci. En apprenant que mon père conduisait toujours à 85 ans ils en ont profité pour lui faire passer des tests de mémoire après 2 jours à l'urgence et une semaine à l'hôpital. Évidemment, en état de vulnérabilité, il n'a pas passé. Ils ont donc envoyé le fameux document de déclaration à la SAAQ - Mon père est de retour chez lui. Il a retrouvé ses esprits mais il doit maintenant passer des tests chez un ergothérapeute au coût de 500$ afin de tenter de récupérer son permis de conduire. Il est insulté et hors de lui et je partage sa façon de penser! Il conduit très bien, n'a jamais eu d'accidents ni de contraventions et est assez responsable pour avoir décidé de ne plus conduire lorsqu'il fait noir depuis maintenant un an. Mon père ne conduit plus et attend de pouvoir faire les tests - pendant ce temps-là il ne peut même pas pratiquer et donc risque de perdre sa capacité de conduire...

Possession d'un véhicule automobile

Si je décide volontairement de ne plus conduire mon auto, puis-je conserver ma voiture?

conserver son auto sans permis se faire accompagner par quelqu'u

Si je décide volontairement de ne plus conduire mon auto, puis-je conserver ma voiture?

Déboursé pour faire remplir un formulaire.

À 75 ans nous devons nous rapporter au médecin pour avoir droit de garder notre permis de conduire.Nous et vous avez payé durant plusieurs années des droit , des taxes et impôts toute notre vie durant, pourquoi ne pas faire remplir ces formulaires par le médecin et que la facture soit payé par la SAAQ et à ce moment le coût pourrait être moindre. UNE suggestion

Permis de conduire ,

Je n'ai jamais eu de probleme de conduite,exepté 1 billet de stationnement .. il y a 40 ans J,ai 85 ans ,L'autre jours on m'a enlevé mon permis de chauffeur,C'est de la discrémination,On veut enlever les anciens de la route.On est PLUS dans un Pays,c'est la POLICE qui dicte,On est pourtant etre dans un pays libre..non??6

Permis de conduire apres 80 ans

Pourquoi doit on payer plus de $100,00 pour examen a tous les deux ans ce apres 80 ans ?? La S A A Q ne pourrait elle pas avoir entente avec R A Q car apres tout on paie le permis de conduire ce qui a mon avis est suffisant