Cancer: l'art qui fait du bien

Cancer: l'art qui fait du bien

Jayshree Sharma via Unsplash

Les bienfaits de l’art-thérapie en cancérologie sont bien connus, à commencer par la diminution du stress et de l’angoisse. 

Malgré le confinement, la Fondation québécoise du cancer (FCQ) a mis sur pied des ateliers virtuels d’art-thérapie pour justement apaiser cette anxiété ambiante. Une formule qui comporte «de grands avantages», remarque l’art-thérapeute Lucie Sarrasin. Une belle manière de briser l’isolement en temps de pandémie. «Ça ouvre la porte à d’autres façons d’aider et d’offrir un service», souligne celle qui travaille auprès de personnes atteintes de cancer depuis plusieurs années. Il ne serait donc pas étonnant que l’organisme continue à offrir des ateliers hybrides – soit en présentiel, soit en virtuel –, même quand on retrouvera une certaine normalité.

 

Qu’est-ce que l’art-thérapie?

Pas besoin de talents artistiques particuliers pour assister à des ateliers d’art-thérapie, indique Lucie Sarrasin. «Tout ce qu’il vous faut, ce sont la curiosité et le désir d’expérimenter différents médiums tels que la peinture, l’argile, le bois, les pastels, le plâtre et plus encore», résume-t-on sur le site internet de la FQC.

Le thérapeute, détenteur d’un diplôme de deuxième cycle universitaire, guide la démarche de création dans le but premier de faciliter l’expression des émotions. «Je commence toujours par demander aux participants comment ils se sentent, précise Lucie Sarrasin. On n’est pas là pour faire une œuvre, mais bien pour exprimer comment on se sent grâce à l’art. On peut très bien faire des bonhommes allumettes et exprimer quelque chose! L’idée, c’est de mettre des mots sur des maux.»

Que ce soit en personne ou par écran interposé, le contact avec d’autres cancéreux fait aussi beaucoup de bien, croit-elle. «Il y a un vrai lien qui se crée entre les participants au fil des semaines, parce qu’ils partagent des préoccupations semblables et le même espoir d’aller mieux. Personne ne va juger. Quand une personne parle, on voit que les autres hochent la tête parce qu’ils comprennent ce qu’elle vit.»

Un regard empathique et une écoute qui ont, au final, probablement autant de valeur que l’atelier lui-même. Info: fqc.qc.ca.

 

Nouvelle réalité, même cancer

Pandémie ou pas, «le cancer n’attend pas», rappelle la Fondation québécoise du cancer. On fait ici le point sur les répercussions de la COVID-19 sur les soins anticancéreux au Canada.

• Pas moins de 80 % des oncologues canadiens estiment que la COVID-19 a eu des répercussions de modérées à graves sur le diagnostic et l’évaluation des cas nouveaux ou potentiels de cancer, ainsi que sur les soins reçus par les patients. 

• En 2020, les oncologues évaluent à 16 % la diminution du nombre de tous les diagnostics de cancer par rapport à 2019.

• Les nouveaux diagnostics de cancer de la vessie et des ovaires ont diminué de plus de 25 % de 2019 à 2020. Une baisse a aussi été notée pour d’autres types de cancers, dont le cancer du sein (-19 %), le cancer de la prostate (-18 %), le cancer du poumon (-16 %) et le cancer colorectal (-12 %).

• Les nouveaux diagnostics de cancer à un stade avancé de la maladie ont crû de 5 % en comparaison à 2019.

• Près des trois quarts (72 %) des personnes en attente d’un diagnostic de cancer ressentent de l’anxiété face à la possibilité de ne pas être soignées adéquatement durant la pandémie.

 

Sources: sondage Metrika sur l’incidence de la COVID-19 sur les services d’oncologie canadiens (décembre 2020) et sondage Léger pour le Réseau canadien des survivants du cancer (janvier 2021).