Mémoire et oublis

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Mémoire et ménopause

À la ménopause, il est possible que, en plus des bouffées de chaleur et des sautes d’humeur, la femme note des changements dans ses capacités de mémorisation. Bien que le lien entre perte de mémoire et ménopause soit officieux depuis fort longtemps, les spécialistes n’étaient pas en mesure de démontrer que les changements dans les fonctions cérébrales résultaient d'une fluctuation hormonale.

Tout récemment, une étude menée par la Dre Barbara Sherwin, chercheuse en psychoneuroendocrinologie de l’Université McGill, a démontré que l’œstrogène avait un effet positif sur la mémoire des femmes. Des jeunes femmes, à qui l’on avait dû enlever les ovaires, ont reçu un traitement permettant la production d’œstrogène; d’autres n’ont reçu qu’un placebo. La mémoire de ces dernières s’était dégradée par rapport à celle dont le taux d’hormones était demeuré stable.

La Women's Health Initiative Memory Study, une autre étude portant sur plus de 4 500 femmes américaines de plus de 65 ans, aurait dû confirmer ces résultats. À l’issue de l’étude, les femmes qui avaient pris de l’œstrogène pendant quatre ans et celles qui n’avaient reçu qu’un placebo montraient cependant le même déclin… Une explication? L’âge. La chercheuse Barbara Sherwin conclut que si l’œstrogène peut protéger une jeune femme, la prise de l’hormone est inutile une fois le processus de dégradation enclenché.

De nouvelles études confirment d’ailleurs cette théorie: la mémoire de rates à qui l’on a enlevé les ovaires retrouve sa vivacité si les bêtes reçoivent de l’œstrogène dans les 3 mois suivant l’opération; après 10 mois, le même traitement n’a plus aucun effet. D’où l’hypothèse de Barbara Sherwin : il existe une période de 2 ou 3 ans autour de la ménopause, soit vers 50-53 ans, où la prise d’œstrogène aurait des effets bénéfiques sur la mémoire. Voilà des pistes de recherches fort intéressantes!

Vous n’avez pas reçu d’œstrogène durant votre ménopause? Pas de panique! «On n’est pas impuissant devant ses pertes de mémoire, soutient la Dre Shamlian. Nous avons suivi des cohortes de personnes dans la cinquantaine et nous avons pu démontrer que celles qui travaillent sur leur mémoire retardent vraiment les troubles cognitifs par rapport à celles qui ne le font pas.» Prêts à faire travailler votre cerveau? Consultez notre article Faites travailler votre cerveau



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