Mémoire et oublis

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Autres facteurs qui influencent les pertes de mémoire

Au-delà du vieillissement

D’autres facteurs que le vieillissement normal influencent les pertes de mémoire. Certains médicaments peuvent en effet ralentir les capacités cognitives. «Il faut faire attention aux médicaments qui ont des effets secondaires ou un effet dépresseur sur le système nerveux central: benzodiazépines, valium, ativan, sérax... Ce sont de bons médicaments, mais pour de courtes durées, prévient la Dre Shamlian. Chez les personnes qui en prennent pendant 15, 20, 25 ans, la mémoire peut souffrir.»

Dépression, manque de sommeil, problèmes de glande thyroïde, carence en vitamine B12, anxiété, stress peuvent également provoquer des troubles amnésiques. «C’est pour cette raison qu’il faut consulter un médecin si l’on est inquiet, soutient le Dr Chertkow. Beaucoup de problèmes de mémoire peuvent être traités. Il s’agit d’identifier la cause et de donner la médication appropriée.»

On est également plus exposé aux troubles cognitifs et aux pertes de mémoire si l’on a eu des traumatismes crâniens – avec ou sans commotion cérébrale – au cours de sa vie.

La génétique joue également un rôle. «Le fait qu’un membre de sa famille ait souffert de démence – maladie d’Alzheimer, par exemple – double le risque d’avoir des problèmes de mémoire», dit le Dr Chertkow. Voilà pourquoi il faut mettre toutes les chances de son côté lorsque son histoire familiale comporte de tels cas.

Il faut également surveiller les facteurs de risque liés aux maladies cardiovasculaires: haute pression, tabagisme, diabète et glycémie, sédentarité, cholestérol, surpoids, etc. «Tout cela affecte le flot sanguin dans le cerveau et pourrait provoquer la maladie d’Alzheimer, indique le Dr Chertkow. Ce sont d’ailleurs les maladies vasculaires qui augmentent le plus les probabilités d’en souffrir.» Cette découverte récente découle de la Nun Study, une étude très significative dans la compréhension des démences. «On y a démontré que deux cerveaux avec la même quantité de plaques amyloïdes – que l’on associe à la maladie d’Alzheimer – n’évoluaient pas de la même façon. Les patientes qui avaient quelques lésions vasculaires cérébrales en plus étaient devenues très symptomatiques alors que celles qui n’en avaient pas fonctionnaient très bien», raconte la Dre Shamlian.

Autre facteur: l’éducation, qui jouerait un rôle préventif pour l’apparition des démences. «La proportion de personnes atteintes d’Alzheimer est beaucoup plus élevée chez les personnes qui ont moins de quatre ans de scolarité. On voit même que chaque année supplémentaire d’éducation joue un petit rôle», explique le Dr Chertkow.



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