Mémoire et oublis

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Quand s'inquiéter?

On remarque toutefois des changements communs chez les individus qui gagnent en âge. On sait, par exemple, que le vieillissement normal n’entraîne pas une baisse généralisée de la mémoire, mais bien de certaines fonctions de celle-ci. Ainsi, on peut se souvenir avec précision d’un événement survenu à la petite école. On n’oublie pas comment conduire sa voiture ou monter à vélo si l’on a effectué ces activités de façon répétitive tout au long de sa vie. En revanche, les souvenirs récents – le nom d’une personne que l’on vient de rencontrer, par exemple – disparaîtront les premiers.

Avec le temps, on éprouve aussi davantage de difficulté à faire deux choses en même temps et l’on doit travailler plus fort pour retrouver l’information et la retenir. Une étude publiée il y a quelques années par l’Université du Michigan démontrait qu’un adolescent de 15 ans parvient, après 2 ou 3 lectures, à retenir un court poème, alors qu’une personne de 70 ans devra, pour ce faire, le lire 9 ou 10 fois.

«En vieillissant, nos circuits ralentissent, mais cela ne veut pas dire que l’on fonctionne moins bien, explique la Dre Shamlian. En excluant la vitesse d’exécution, les aînés performent aussi bien que les jeunes! En réalité, quand on étudie de grandes populations et que l’on regarde la façon dont leurs cerveaux vieillissent, on constate que les gens n’oublient pas l’information, mais qu’ils ont plutôt de la difficulté à la retrouver.» C’est donc ainsi que surgissent les oublis et les «je l’ai sur le bout de langue», des maux dont se plaignent une majorité d’individus qui avancent en âge.

Quand s'inquiéter?

«La situation devient inquiétante quand les problèmes de mémoire affectent les activités du quotidien, explique le Dr Chertkow. Ce qu’il est important de noter, ce sont les changements, par exemple quelqu’un qui avait une excellente mémoire et qui n’arrive plus à se souvenir des événements de la journée.»

À la demande du patient ou de la famille, le médecin généraliste a généralement recours à des tests spécialisés pour déceler toute anomalie de la mémoire. Il utilise, notamment, un outil conçu par le neurologue québécois Ziad Nasreddine, le MoCA Test, avec lequel on évalue l’attention, la concentration, la mémoire, le langage, le calcul et l’orientation. Les résultats permettront de savoir si le patient souffre de dysfonctions cognitives légères. «C’est davantage au début de la maladie qu’il peut être difficile de différencier le vieillissement normal des troubles cognitifs. C’est parfois très clair, comme dans le cas de démences bien entamées», précise la Dre Shamlian.



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