Incontinence urinaire: incommodante, mais traitable!

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D’après une récente enquête menée auprès des Canadiennes et commanditée par Tena, 70% des répondantes qui reconnaissent souffrir d’incontinence urinaire ont avoué n’avoir jamais discuté de leur problème avec quiconque. Et selon le Canadian Urinary Bladder Survey, seulement 26% des gens atteints en ont parlé à leur médecin.

Étonnant quand on sait qu’environ 3,3 millions de Canadiens sont touchés par une forme ou une autre d’incontinence urinaire, et 2 fois plus de femmes que d’hommes. En effet, on estime que 33% des femmes et 16% des hommes de plus de 40 ans ont des symptômes d’incontinence.

Pourtant, l’incontinence urinaire peut avoir des répercussions importantes sur la vie sociale, professionnelle et sexuelle des personnes affectées. Redoutant les pertes d’urine accidentelles, plusieurs préfèrent demeurer à la maison ou se priver  de certaines activités. Elles modifient également leur façon de se vêtir par crainte que les fuites paraissent: les vêtements sombres deviennent des incontournables. Bon nombre – particulièrement dans les cas de vessie hyperactive – souffrent aussi de troubles du sommeil.

Malgré les impacts sur leur vie, 45% des répondantes à l’enquête Tena n’ont jamais tenté d’en soigner les symptômes, et seulement 20% se sont renseignées sur le sujet…

Les types d’incontinence urinaire

Une fois filtrée par les reins, l’urine emprunte deux conduits, appelés uretères, pour se rendre à la vessie. Lorsque celle-ci est quasi pleine, des nerfs indiquent au cerveau qu’il est temps d’uriner.

L’urine passe alors dans un autre conduit, l’urètre, dont le col est maintenu fermé par un sphincter. Normalement, il peut retenir l’urine jusqu’à ce que le sphincter se relâche volontairement, au moment voulu.

Quant aux muscles du plancher pelvien, situés sous la vessie, ils ont pour tâche de soutenir la vessie et de maintenir l’urètre bien fermé afin de retenir le flot d’urine.

Il arrive toutefois que les choses ne se déroulent pas exactement de cette façon. C’est alors que survient l’incontinence. Il en existe cependant plusieurs types.

L’incontinence urinaire à l’effort

C’est la forme la plus fréquente chez les femmes. Elle se caractérise par une perte involontaire d’urine. Tousser, éternuer, rire, danser, soulever un objet lourd ou faire de l’exercice suffisent à provoquer la fuite.

L’incontinence urinaire par impériosité (vessie hyperactive)

Elle s’observe par une envie pressante, soudaine et fréquente d’uriner, pour une très petite quantité à la fois. Ce besoin se fait sentir plusieurs fois durant la journée et, parfois même, la nuit. À l’occasion, devant l’impossibilité de se rendre très rapidement aux toilettes, elle peut occasionner des pertes accidentelles d’urine. Chez les personnes qui ont une vessie hyperactive, le muscle vésical se contracte trop souvent et involontairement, même quand la vessie n’est pas remplie. C’est cette contraction musculaire qui crée l’envie subite d’uriner.

L’incontinence urinaire mixte

C’est une combinaison de l’incontinence à l’effort et de l’incontinence par impériosité. Près de la moitié des gens ayant une vessie hyperactive font aussi de l’incontinence urinaire à l’effort. 

L’incontinence urinaire par regorgement

Elle se signale par un écoulement fréquent ou constant d’urine, qui se produit en raison d’un trop-plein d’urine dans la vessie. La personne n’arrive pas à évacuer complètement l’urine: elle n’en élimine qu’une petite quantité à la fois. Les troubles de la prostate en sont le plus souvent à l’origine.

L’incontinence urinaire fonctionnelle

Elle se produit en raison d’un problème physique ou neurologique (arthrite grave, maladie d’Alzheimer, AVC, maladie de Parkinson, etc.) qui empêche la personne de se rendre à temps aux toilettes.

Les causes de l’incontinence urinaire

Les causes à l’origine de l’incontinence urinaire sont nombreuses. Certaines entraînent une incontinence temporaire ou amplifient une incontinence permanente. C’est le cas des infections urinaires. Aliments et liquides peuvent également irriter la vessie et favoriser l’incontinence. La constipation peut nuire aux muscles qui contrôlent la miction, en raison de la pression exercée par les selles sur la vessie. En outre, l’usage de certains médicaments – sédatifs, diurétiques, relaxants musculaires, antidépresseurs, etc. – occasionne parfois une incontinence. L’obésité également: l’excès de poids produit une pression continue sur la vessie et sur les muscles du plancher pelvien, ce qui les affaiblit.

Chez beaucoup de gens cependant, l’incontinence est un problème persistant. Diverses causes peuvent en être la source. Chez les hommes, un trouble ou une chirurgie de la prostate explique habituellement le phénomène. L’hypertrophie de la prostate est notamment fréquente chez les hommes de plus de 40 ans. Or, la prostate hypertrophiée peut bloquer le flot d’urine dans l’urètre, d’où des mictions plus fréquentes, un jet plus faible et, parfois, une incontinence par impériosité ou regorgement.

Chez les femmes, l’incontinence à l’effort résulte le plus souvent d’un affaiblissement des muscles du plancher pelvien, fréquent après un accouchement, une chirurgie gynécologique – les organes de reproduction et la vessie sont soutenus par plusieurs muscles communs – ou durant la ménopause, en raison des changements hormonaux.

La vessie hyperactive s’explique notamment par le relâchement des muscles vésicaux. Chez certains individus, une blessure ou une maladie neurologique peut être en cause: la transmission d’influx nerveux entre le cerveau et l’appareil urinaire joue en effet un rôle important dans le fonctionnement de la vessie.

Mais qu’importe la raison, si vous pensez souffrir d’incontinence urinaire, il faut en discuter avec votre médecin. Il s’assurera d’abord qu’il n’y a pas de problème sous-jacent. Puis, une fois le diagnostic posé, il déterminera le type d’incontinence, ainsi que la cause, et proposera un traitement adéquat.

Contrôler et traiter l’incontinence urinaire

Ceux qui souffrent d’incontinence considèrent généralement les fuites urinaires comme un problème inévitable lié au vieillissement pour lequel il n’y a rien à faire. Ils ne voient donc pas l’importance de prendre leur problème en charge rapidement afin d’éviter sa dégradation. Or, il n’en est rien. Il est possible de contrôler, traiter et, parfois même, guérir l’incontinence urinaire. Coup d’œil sur quelques mesures efficaces.

Modification du régime alimentaire

Certains aliments et liquides peuvent irriter la muqueuse de la vessie et la faire se contracter plus souvent, ou encore augmenter la fréquence des mictions en raison de leur action diurétique. Au banc des accusés: alcool, caféine (café, thé, cola), chocolat, agrumes et jus d’agrumes, édulcorants artificiels (attention aux boissons «diète») et mets épicés. Consommez-les donc avec modération. Les aliments à teneur élevée en fibres préviennent la constipation et un régime alimentaire équilibré permet de maintenir un poids santé.

Boire de l’eau

Le réflexe de ceux qui souffrent d’incontinence est de réduire drastiquement leur consommation de liquide dans l’espoir d’uriner moins souvent. Erreur. Une faible consommation d’eau peut rendre l’urine très concentrée, ce qui irrite la vessie et… entraîne des visites plus fréquentes aux toilettes! Boire peu favorise aussi la constipation.

En revanche, consommer des quantités excessives d’eau n’est pas conseillé non plus, car cette pratique peut causer une anomalie du globe vésical et, naturellement, augmenter les envies d’uriner, ce qui accroît le risque d’«accidents». Bref, on recommande de boire de six à huit verres d’eau par jour. Évitez simplement de boire beaucoup en peu de temps.

Exercices des muscles pelviens (Kegel)

Ils visent à renforcer les muscles qui soutiennent la vessie et à garder l’urètre bien fermé. Debout, assis ou allongé, genoux légèrement écartés, contractez les muscles que vous utiliseriez pour retenir l’urine, et ce, sans serrer l’abdomen, les fesses ou les cuisses. Maintenez ces muscles contractés pendant 10 secondes, en respirant normalement. Relâchez la contraction durant 10 secondes, puis recommencez de 12 à 20 fois; à pratiquer de 3 à 5 fois par jour, sans faute. Vous devriez constater une amélioration après quelques semaines. Et comme ces exercices se font incognito, vous pouvez les faire quand et où bon vous semble sans éveiller le moindre soupçon!

Si vous avez de la difficulté à faire les exercices, demandez au médecin ou à un autre professionnel de la santé (un physiothérapeute spécialisé en rééducation périnéale, par exemple) de vous les enseigner. Par ailleurs, prenez l’habitude de contracter ces muscles quand vous riez, vous toussez, vous vous penchez ou vous faites une activité susceptible de provoquer une fuite d’urine.

Changement des habitudes urinaires

Êtes-vous de ceux qui vont aux toilettes au cas où, par exemple avant de quitter la maison? Sachez que ces visites préventives sont inutiles. En agissant ainsi, vous entraînez votre vessie à se vider plus souvent que nécessaire. La normale: entre cinq et huit fois par jour. La solution: retenez-vous d’y aller dès que vous sentez une envie. Contractez alors les muscles pelviens… et changez-vous les idées avec une activité que vous aimez! Attendez d’avoir vraiment envie avant d’aller aux toilettes. Ainsi, vous contrôlerez progressivement votre vessie et réduirez la fréquence des mictions.

Haro sur la cigarette!

Les chercheurs ont découvert que la cigarette augmente le risque d’incontinence urinaire. Les fumeurs sont en effet davantage portés à développer une vessie hyperactive que les non-fumeurs, probablement à cause de l’effet de la nicotine sur la paroi vésicale.

Traitement médicamenteux

Il existe une panoplie de médicaments destinés à améliorer la condition des personnes aux prises avec cette affection. Le médecin déterminera celui qui convient le mieux à votre type d’incontinence et à la sévérité des symptômes.

Chirurgie

Elle est envisagée en dernier recours, surtout pour l’incontinence à l’effort, quand les traitements classiques n’ont pas porté fruit. Rappelez-vous que plus on traite l’incontinence de façon précoce, plus le traitement s’avère efficace.

Les protections en cas d’incontinence urinaire

Pour se sentir à l’aise en tout temps et en tout lieu, on trouve sur le marché une panoplie de produits absorbants, souvent ultra-minces et discrets, conçus pour l’incontinence (Tena, Depend, Poise): protège-dessous, serviettes de jour et de nuit, coquilles pour les hommes et culottes ajustables. Ces produits conviennent à tous les âges et à tous les types d’incontinence. Essayez-en plusieurs afin de trouver celui qui vous convient.

Cela dit, bon nombre de femmes s’en remettent aux serviettes hygiéniques parce qu’elles croient qu’il n’y a pas de différence entre les deux produits. Or, même si les serviettes hygiéniques ressemblent aux serviettes d’incontinence, elles sont faites d’un matériel isolant qui absorbe bien le sang, mais qui ne donne pas les mêmes résultats avec l’urine, dont la consistance est différente. Question de bien-être et de confort, mieux vaut utiliser les bons produits.

Merci à Claudia Brown, physiothérapeute spécialisée dans la gestion de l’incontinence urinaire, et à la Fondation d’aide aux personnes incontinentes pour leur précieuse collaboration.



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