Faire face à la douleur chronique

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Ah, la douleur! Elle se pointe sans crier gare, draine notre énergie, perturbe notre sommeil, mine notre humeur et embrouille notre esprit. Qui est donc cette grande trouble-fête?

Janvier 2008. Michel rentre à la maison. Il neige. Soudain, c’est le carambolage. À première vue, il n’est pas blessé. Mais le choc passé, il ressent une vive douleur au bas du dos. Trois ans plus tard, la douleur est toujours là, lancinante. Certains matins, il n’arrive même pas à sortir du lit sans aide.

L’histoire de Michel n’est pas unique. Selon la Dre Aline Boulanger, anesthésiste et directrice des cliniques de la douleur du CHUM et de l’hôpital du Sacré-Cœur à Montréal, de 20% à 25% des Canadiens souffrent, à différents degrés, de douleur chronique, ce qui en fait un problème plus fréquent que le diabète et l’asthme. N’empêche, elle est encore souvent sous-évaluée et banalisée.

«L’ennui, c’est que la douleur se mesure difficilement – contrairement au diabète ou à l’hypertension, par exemple – et que les symptômes sont invisibles, déclare le psychologue Jacques Charest, spécialiste en psychothérapie stratégique au Département des sciences de la santé à l’Université du Québec en Abitibi- Témiscamingue. Bon nombre de gens atteints de douleur chronique passent donc pour des malades imaginaires auprès de leur entourage et, parfois même, de leur médecin. Et quand on les croit, on a tendance à penser qu’ils exagèrent leur mal, ce qui est rarement le cas.»

Le seuil de tolérance à la douleur

Autre réalité: on peut difficilement comparer l’intensité de sa propre douleur à celle des autres. Alors que certains individus supportent stoïquement leurs migraines, d’autres ne peuvent endurer un simple mal de tête. Or, chez tous, la douleur est bel et bien réelle. C’est le seuil de tolérance qui diffère.

«Cela s’explique par la tolérance physique propre à chaque individu, mais aussi par divers facteurs qui modulent la perception de la douleur, tels que le conditionnement social (les hommes ne doivent pas exprimer leurs émotions!), l’éducation familiale, l’expérience antérieure de la douleur, l’impact émotionnel et la culture des individus (les peuples asiatiques et anglo-saxons sont moins expressifs que les peuples latins), relate Jacques Charest. L’anxiété et la fatigue physique et mentale rendent également plus sensible à la douleur, tout comme l’isolement social.»



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