Bouger pour prévenir le cancer

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1, 2, 3, partez!

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Dans son livre, Richard Chevalier a développé trois programmes d’entraînement à partir d’un exercice simple, à la portée de tous et largement sous-estimé pour ses bénéfices sur la santé : la marche. Dans le premier programme de base, accessible à n’importe qui, la protection contre le cancer va de 20% à 30%. Dans le troisième programme, qui représente 60 minutes d’activité aérobique par jour, la protection dépasse les 50% pour les cancers les plus répandus, soit ceux du sein et du côlon. Ce n’est pas négligeable.

Quoique probable, la protection contre les autres formes de cancer (ovaires, utérus, prostate) n’est pas encore bien documentée. L’exercice protège probablement du cancer du poumon par la bande puisqu’il est prouvé que, en faisant de l’exercice, on adopte aussi de meilleures habitudes de vie. «L’exercice fait écraser plus vite que Nicorette, c’est prouvé!», soutient Richard Chevalier.

L’obésité, responsable de tant de maladies, serait également l’un des principaux facteurs de risque du cancer. «Il n’y a rien de mieux que l’exercice pour combattre l’obésité, remarque M. Chevalier. C’est aussi un combat contre le cancer par la bande.»

Même quand une personne ne perd pas tout son excédent de poids, l’exercice, pourvu qu’il soit en quantité suffisante, contribue à améliorer l’efficacité de son insuline, une hormone que l’on sait désormais responsable de la division cellulaire, donc potentiellement à l’origine de tumeurs. «L’insuline des grands sportifs est nettement plus performante pour faire entrer de l’énergie dans les muscles tout étant moins présente dans le sang», illustre l’auteur.

L’exercice commence aussi à être prescrit à des personnes atteintes de cancer, comme traitement d’appoint. Aux États-Unis poussent déjà des Cancer Fitness Center et dans l’Ouest canadien apparaissent des programmes d’exercice spécifiquement destinés aux gens traités pour un cancer. Non seulement l’exercice remonte-t-il le moral des personnes en traitement de chimiothérapie ou de radiothérapie, mais il préserve aussi leur masse musculaire et leur densité osseuse. Une étude a montré que la récidive a chuté de 50 % chez les cancéreux ayant adopté la marche à raison de 30 minutes par jour.

On n’imaginait pas, en 1950, que faire de l’exercice après un infarctus était ce qu’il fallait. Depuis, c’est l’évidence même. «À mon avis, c’est exactement le même scénario qui nous attend avec le cancer», lance Richard Chevalier.

Même s’il faut une montagne de courage pour se remuer en raison de l’immense fatigue qui accompagne le cancer et ses traitements, ça en vaut la peine. «L’exercice est un donneur d’énergie net, assure Richard Chevalier. En tout, il en reste plus que ça en a pris pour bouger.»



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