Vous inquiétez-vous... trop?

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Trouble d'anxiété généralisée


Du tac au TAG

Il est normal qu’une personne qui vient de perdre son emploi et dont le budget est serré se fasse du souci. Mais lorsque son inquiétude l’empêche de mettre de l’avant des stratégies pour s’en sortir et que cet état perdure pendant des mois, on parle alors de trouble d’anxiété généralisée (TAG).

La pierre angulaire du TAG, c’est la présence d’inquiétudes excessives et incontrôlables. La personne a de la difficulté à contenir son souci, elle n’arrive pas à en détourner ses pensées. Elle a du mal à mener sa journée, à accomplir son travail, à se concentrer sur autre chose. Elle ressasse ce qui a généré son inquiétude, que ce soit une situation concrète ou éventuelle. Anxieuse, elle se sent survoltée. En alerte, sur le qui-vive, elle a l’impression d’être à bout et de tourner en rond. Et elle est fatiguée. Dans 70% des cas, les personnes qui ont un TAG connaissent des difficultés de sommeil.

Pour poser un diagnostic de TAG, outre une inquiétude excessive et incontrôlable, trois symptômes parmi les suivants doivent apparaître: agitation, fatigue, difficulté de concentration, irritabilité, tension musculaire, perturbation du sommeil.

Le TAG ne guérit pas tout seul. «On ne naît pas avec le TAG», souligne Lynda Bélanger. On a appris à s’inquiéter... Et ça se désapprend. La thérapie cognitive comportementale donne de bons résultats. Sans traitement approprié, le TAG peut devenir chronique et mener à la dépression majeure ou à la dysthymie – perte de plaisir –, et provoquer un lot de malaises physiques que les examens médicaux n’expliquent pas. «Dès que l’on reconnaît que notre propension à l’inquiétude et aux scénarios catastrophiques interfère de façon significative avec notre quotidien, on doit consulter », avertit la psychologue.

Agir

Les grands inquiets tolèrent mal l’incertitude. Ils peinent à évaluer de façon réaliste ce qui peut advenir: tout prend vite des allures dramatiques. «Pour augmenter sa tolérance à l’incertitude, comme pour changer n’importe quelle attitude d’ailleurs, on doit agir. Et se comporter comme si l’on était tolérant à l’incertitude ou faire ce que ferait un tel qui s’accommode bien des changements », explique Lynda Bélanger.

Il faut remettre en question l’inquiétude, s’interroger sur les probabilités que telle ou telle situation se produise et se poser la question suivante: est-ce que ce serait vraiment tragique si cela se produisait? Plutôt que se tourmenter durant trois jours de peur d’oublier de payer un compte, on se demande ce qui arriverait si l’on oubliait. On aurait une amende à verser, comme celui qui a négligé de payer sans s’en faire. Et ce ne serait pas si grave!

Lorsque l’inquiétude porte sur une situation présente concrète, on travaille à résoudre le problème: d’abord, on l’identifie, puis on établit des étapes à franchir pour le régler. Et l’on s’y met, étape par étape, en évaluant chaque fois les résultats.



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