Vie à deux: il m'énerve, mais je l'aime!

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C’est un workaholic

Il travaille souvent le soir et la fin de semaine, apporte son ordi en vacances, répond à son cellulaire et à ses courriels au resto… Vous le voyez à peine, même quand il est à la maison. Vous en avez ras le bol!

Qu’on se le dise: être accro au travail, c’est vivre une dépendance au même titre que l’alcool, le jeu ou les drogues. Mais une dépendance valorisée par la société! N’empêche. Vous vous retrouvez souvent seule avec, en prime, les responsabilités familiales.

Inutile toutefois de le critiquer, vous l’encourageriez à s’investir encore plus dans son travail, puisque c’est ainsi qu’il comble son besoin de reconnaissance. Il peut aussi se braquer et chercher à se justifier en mettant l’accent sur les biens acquis grâce à son boulot. Cela risque de vous éloigner davantage.

La solution

En parler à cœur ouvert. Exprimez calmement et clairement vos sentiments, vos besoins et vos limites, tout en évitant de souligner sa dépendance. Expliquez également les conséquences sur votre vie de couple et sur votre vie familiale.

Puis tentez d’établir ensemble des façons de changer la dynamique. Ça pourrait être de vous entendre sur le nombre d’heures qu’il devra consacrer aux loisirs et, pourquoi pas, aux travaux de la maison. Ou encore de fixer des moments précis durant lesquels il lira ses messages lorsque vous serez en vacances.

Il veut tout décider

Il veut toujours organiser les choses à sa façon quand vient le temps de planifier les activités du week-end et les vacances, de faire les achats ou de gérer les travaux de la maison. Il choisit même le resto pour vos petits tête-à-tête amoureux. Et que dire de ses «Tu devrais faire ceci ou porter cela». Ça vous énerve!

La solution

Ce n’est pas parce qu’il veut que les choses se passent à sa manière que vous êtes obligée d’acquiescer. Vous pouvez lui dire que, maintenant qu’il a donné son avis, vous aimeriez qu’il écoute le vôtre pour que vous puissiez décider ensemble.

Échangez et négociez. Par exemple, vous acceptez sa proposition pour samedi et, la semaine prochaine, ce sera la vôtre qui l’emportera. Bref, apprenez à exprimer vos opinions et vos désirs, à tracer vos limites et, bien sûr, à tenir votre bout.

Ce qui ne veut pas dire de le confronter continuellement – il sera sur la défensive et cela deviendra une lutte de pouvoir –, mais plutôt de ne pas baisser les bras pour les choses qui vous tiennent vraiment à cœur. D’où l’importance de bien définir vos besoins et les situations qui vous énervent, puis de lâcher prise pour le reste. Important: clarifiez les choses en lui parlant ouvertement.

Étonnamment, la personne contrôlante est souvent la première surprise quand on lui dit ce que l’on ressent face à son contrôle, parce qu’elle n’en est généralement pas consciente. Cela dit, elle ne s’améliorera pas du jour au lendemain. Mais, avec de la patience, ça finira par porter fruit.

Pantouflard à l’os!

Il suffit que vous prononciez le mot «sortir» pour que votre jules fasse de l’urticaire. Il apprécie le confort de la maison et ne ressent pas le besoin d’avoir une vie sociale active. Pire: il passe ses soirées rivé à l’écran du téléviseur ou de l’ordinateur, ce qui complique drôlement vos relations. Pourquoi préfère-t-il rester à la maison? Est-il déprimé ou épuisé par son boulot? Est-ce que les activités proposées l’ennuient? Est-ce un casanier dans l’âme? Êtes-vous à la retraite (donc, pleine d’énergie et de projets), mais pas lui? La réponse vous guidera vers des solutions.

Par ailleurs, le fait qu’il soit un téléphage ou un internaute passionné n’arrange guère les choses: pendant qu’il pitonne, il s’enferme dans sa bulle. De prime abord, n’envenimez pas la situation en lui répétant, jour après jour, que vous en avez assez de le voir assis devant sa maudite télé!

La solution

Soyez futée en proposant d'aller faire une promenade d’une quinzaine de minutes avant que son émission débute. Au fond, le but n’est pas qu’il vous suive partout ou qu’il ferme télé et ordi dès que vous êtes là, mais que vous passiez de temps à autre d’agréables moments ensemble.

Par ailleurs, ne vous laissez pas berner par sa phrase préférée: «Je vais rester à la maison. Toi, sors!» Si vous vivez toujours chacun de votre côté, vous vous éloignerez l’un de l’autre. Aussi vaut-il mieux lui répondre que vous aimez partager du temps avec vos amies, mais que vous avez également le goût de sortir et de faire des activités avec lui.

Il aime voir des films? Proposez-lui d’aller au cinéma l’après-midi, c’est moins achalandé. Il est accro de l’ordi? Cherchez ensemble des activités qui pourraient vous intéresser tous les deux. Il résiste? Prenez de temps à autre des initiatives, comme accepter une invitation quand vous savez qu’il apprécie les hôtes.

Convenez aussi de souper en tête-à-tête – sans ordi ni télé en marche – au moins une fois par semaine. Rien à faire? C’est le temps de lui dire: «J’ai l’impression d’être ta coloc. Mais ce rôle ne m’intéresse pas. J’ai envie d’avoir un conjoint avec qui je peux passer de bons moments.» Ce peut être une sage décision que de faire le deuil d’une relation qui nous rend malheureux...

Monsieur a tout son temps

Dès que vous réclamez son aide pour le ménage ou les grands travaux, il se rappelle soudainement un rendez-vous important. À moins qu’il ne soit du genre à dire: «Oui, oui, je m’y mets dans un moment!» Deux jours plus tard, rien n’est encore fait. Grrrr! La relation mère/ado, vous avez déjà donné. Vous voulez une relation d’égal à égal, où chacun assume ses responsabilités.

La solution

Plutôt que de ronger votre frein en maugréant contre lui, prenez les devants. Mettez-lui carrément le marteau dans les mains en lui disant que vous apprécieriez beaucoup qu’il répare telle chose tout de suite.

Il vous revient avec sa phrase fétiche? Répondez simplement que c’est maintenant que vous avez besoin de lui. Il retarde les gros travaux – peinture et compagnie? Prévenez-le calmement: «S’ils ne sont pas terminés d’ici un mois, je vais engager un ouvrier.» Et faites-le. Sinon, il ne vous prendra jamais au sérieux.

Par contre, ne devenez pas hyper contrôlante. Souvent, le conjoint fait plein de choses, mais l’autre ne les voit pas parce qu’elles ne font pas partie de ses priorités. Soyez juste et reconnaissez son travail.

Par ailleurs, définissez vos besoins et faites des demandes claires.

Finalement, n’insistez pas outre mesure pour qu’un travail soit fait rapidement s’il n’est pas vraiment urgent. Choisissez vos batailles.

Radin comme ça n’est pas permis 

Quand il s’agit de sous, il répond systématiquement: «On verra!» Il repousse les dépenses aux calendes grecques. Et lorsqu’elles s’imposent, il rechigne sous prétexte que le prix est trop élevé. Bref, quand il est question d’argent, il invente mille et une raisons pour ne pas entrer dans la danse. Et vous, vous en avez assez d’avoir à justifier chacun de vos achats.

La solution

Votre douce moitié est assurément un grand anxieux. Vous ne le changerez pas. Aussi bien entretenir des attentes réalistes et voir les options qui s’offrent à vous. L’idéal: avoir un compte conjoint pour les dépenses communes (hypothèque, électricité, etc.) et deux comptes individuels. Ainsi, la frontière est claire. Chacun est libre de faire ce qu’il veut avec l’argent à son compte.

Il critique un achat fait avec votre argent? Répondez simplement que lui ne l’aurait pas fait, mais que vous, vous en aviez envie. Point. Vous n’avez pas à vous justifier ni à vous excuser. C’est votre argent, après tout. D’autant plus qu’il fait ce qu’il veut avec le sien.

Pour les dépenses communes, vous devrez toutefois négocier – mais avec doigté, sans l’insulter. Il cherche toujours à remettre à plus tard certaines dépenses nécessaires? Exprimez vos besoins immédiats. Ce vieux canapé, par exemple, il a fait son temps et vous avez envie d’en changer. S’il bougonne un peu, ne lui dites surtout pas qu’il est un «vieux gratteux». Vous enterreriez tout espoir de négociation. Vous l’avez finalement convaincu, mais il choisit le canapé le moins cher, qui ne vous intéresse pas? Expliquez vos raisons. Puis faites l’un et l’autre des compromis. Ou encore, si vos propres finances vous le permettent, proposez de payer la différence. Mais n’allez surtout pas le lui reprocher dans six mois! L’objectif, c’est d’avoir le canapé qui vous plaît et non pas de lui rappeler continuellement sa radinerie.

Vous avez envie d’aller dans un resto de fine cuisine? Présentez cette sortie comme un cadeau: ce soir, c’est vous qui invitez! Ainsi, vous vivrez en bien meilleurs termes avec son côté économe – à la condition, évidemment, de ne pas toujours être celle qui paie! Et pour que l’argent ne soit pas un sujet tabou entre vous, préparez le budget ensemble et planifiez des projets communs.

Merci aux psychologues Jocelyne Bounader et Johane Lefebvre pour leur collaboration.


Mise à jour: février 2012



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