Trop de cadeaux pour Noël?

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Tout offrir à nos petits-enfants: une bonne idée?

Offrir tout à nos petits-enfants… est-ce souhaitable?

La surabondance fait baisser l’intérêt et le plaisir. Le soir de Noël, au moment du dodo, demandez à l’enfant qui a déballé une dizaine de cadeaux de vous dire ce qu’il a reçu. «Il y a de fortes chances pour qu’il n’en indique que quatre ou cinq, soutient Francine Ferland. C’est probablement qu’il y en avait trop.»

Combien de fois entend-on des jeunes dont la chambre est bondée de jouets se plaindre qu’ils ne savent pas quoi faire? «Il y en a tellement que le désintérêt s’installe», constate Francine Ferland en suggérant d’instaurer une rotation: on range certains jouets et on les ressort plus tard pour qu’ils les redécouvrent. «Particulièrement avant Noël, afin que les nouveaux prennent la vedette.» Et pourquoi ne pas profiter des fêtes pour inviter les petits à confier les jouets dont ils ne se servent plus à des organismes (les pompiers, Réno-Jouets à Québec, les centres de la petite enfance, la Saint-Vincent-de-Paul, Jeunesse au Soleil, les hôpitaux…) qui sauront les distribuer?

Noël arrive après des semaines d’incitation à la consommation. Soumis à cette pression, les jeunes réclament ce qu’ils croient indispensable à leur bien-être. En ne voulant pas les léser, on confond parfois besoin réel, effet de mode et envie passagère. On se ruine pour les objets convoités, souvent détrônés sitôt obtenus…

De plus en plus d’enfants voient même leurs désirs comblés non seulement à Noël, mais tout au long de l’année. Ils courent deux risques: devenir de jeunes blasés qui croient que tout leur est dû, et n’être plus capables de rêver. Un marmot qui espère quelque chose depuis longtemps est heureux quand il le reçoit enfin. L’attente et le désir font partie du plaisir. C’est pour ça que le calendrier de l’avent existe! En comptant les jours qui les rapprochent de Noël, les enfants anticipent et s’excitent. C’est pour ça aussi qu’ils écrivent au père Noël des listes qu’ils étirent à souhait. «Mais c’est le père Noël qui choisit, rappelle Francine Ferland. Comme il doit penser à tout le monde, il ne peut apporter tout ce qu’on veut…» Que les petits se le tiennent pour dit!



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