Se sentir moins seul après un deuil

Se sentir moins seul après un deuil

James Baldwin via Unsplash

La tristesse d’avoir perdu un être cher peut nous pousser à nous isoler. Voici des idées réconfortantes pour s’ouvrir de nouveau aux autres après un deuil et renaître à la vie.

Je suis à l’âge où les premiers deuils importants de mon existence sont ceux qui ont suivi le décès de mes grands-parents chéris. Chaque disparition m’a donné l’impression de perdre un bras ou une jambe. Elle m’a plongée dans un état d’esprit apathique qui m’isolait. Je me suis sentie vide à l’intérieur, sans envie de socialiser. 

La mort d’un conjoint, d’une amie chère ou d’un parent a un effet instantané sur notre moral. Les pleurs, les souvenirs qui jouent en boucle, les changements de routine… Tous ces petits chocs nous essoufflent, surtout si on comptait beaucoup sur la personne disparue pour nous aider dans la vie de tous les jours. 

La mort peut aussi entraîner un sentiment de soulagement, ce qui nous culpabilise. C’est souvent le cas quand la personne défunte a mené un long combat contre la maladie. On se prive alors de retourner à notre train-train, à notre vie avant que cette personne tombe malade, surtout si on a pris soin d’elle dans les derniers jours. 

Comment composer avec ces émotions qui nous chamboulent et briser le sceau de la solitude après un deuil? 


Célébrer après avoir pleuré

Il n’est pas question de refouler nos larmes. Elles sont importantes si on veut assimiler ce qui se passe et comprendre nos émotions. Pour les apaiser, on se concentre sur ce qui rendait notre relation avec la personne disparue belle et spéciale. Sortir et encadrer des photos de moments clés de notre relation, relire nos lettres échangées au fil des années ou des courriels archivés peut faire du bien. Inviter des amis communs pour échanger des souvenirs nous permet de continuer à vivre notre deuil tout en socialisant. Quand arrive le premier anniversaire de son décès, on peut organiser un petit rassemblement et partager quelques anecdotes heureuses autour d’un repas. 

Remplir son agenda de moments joyeux

Consacrer du temps à des activités sociales, sans forcer la dose, est une bonne façon de retrouver le sourire. Les événements de groupe (cours d’aquagym, parties de quilles, spectacles) font en sorte que toute l’attention ne repose pas uniquement sur vous. On lance une politique du «oui» en acceptant toutes les invitations de rencontres et sorties pendant quelques semaines. On teste ainsi notre niveau de confort social en douceur.

Réaliser qu'on a d'autres complices

Si les moments de réconfort routinier qu’on partageait avec la personne défunte nous manquent terriblement, on voit comment on peut en créer de nouveaux avec d’autres personnes. Ainsi, ma grand-maman paternelle avait l’habitude d’appeler ses sœurs le soir avant d’aller dormir, pour se détendre et prendre des nouvelles. Quand la dernière d’entre elles est décédée, mamie s’est retrouvée seule devant son téléphone. Heureusement, mon père a pris la relève pour le petit coup de fil du soir. Puis mon frère et moi. Les autres complices étaient au rendez-vous.

Sisoler pour vivre sa peine après la perte dun être cher est humain. Mais remettre les pieds dans la piscine peut s’avérer salvateur. L’eau est bonne, je le promets!

Pour retrouver le goût des autres, je peux…

• garder vivants les souvenirs heureux

• ouvrir mes journées aux moments de bonheur

• me tourner vers mes complices



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Commentaires

Se sentir moins seul après un deuil

Cet article aurait eu toute sa pertinence en " temps normal ".
Dommage qu'il n'aborde pas comment vivre un deuil seul en temps de COVID-19. C'est ce qui m'est arrivé. Mon conjoint a été terrassé par une crise cardiaque à la fin de février. Heureusement, les funérailles ont eu lieu le 7 mars, une semaine avant le grand confinement.Tout le monde : famille, amis, collègues ont pu s'y rendre, même son frère de Floride et notre fille de Vancouver. Déjà, on se tapait du coude au lieu de se serrer la main ou de s'embrasser.
Puis, je me suis retrouvée seule dans une grande maison remplie de sa " présence " après une vie commune pendant 36 ans. Pas facile, ce choc soudain, comme un coup de poing dans l'estomac. Puis je me suis ressaisie, grâce au sentiment de gratitude d'avoir partagé un bout du parcours avec lui. Maintenant, j''accepte son absence avec bon sens et calme. Personne n’est immortel.
La durée de notre existence est limitée, mais au moins c’est notre vie et c’est tout ce dont nous disposons, qu’il s’agisse de trois ans ou de trente ans. Si nous perdons notre temps à désespérer, nous gaspillons le temps qu’il nous reste. Alors, vivons dans l’instant présent au lieu de nous laisser happer par l’apitoiement sur soi-même ou de nous tracasser pour l’avenir. Pratiquons la bonne humeur, même si nous pensons que tout va mal… Soyons reconnaissants de vivre, chaque jour! Dans la gratitude se trouve une belle source de joie qui nous fait sentir moins seuls.