Je dis oui au farniente!

 Je dis oui au farniente!

Aaron Burden via Unsplash

Quand le temps prend ses aises et que nous avons enfin autre chose à faire que de compléter notre liste de tâches, surgit parfois un obstacle: la culpabilité face au manque de productivité. Comment arrêter pour souffler sans s’en vouloir?

Pendant des années, j’ai eu deux emplois: mon poste dans une agence de publicité et mes projets sur le web, soit mon blogue et mes chaînes YouTube. Il y a deux ans, alors que mes projets personnels prenaient de l’ampleur, je travaillais souvent le jour, le soir et les fins de semaine. À mon 9 à 5 s’ajoutaient les sessions de travail pour faire avancer mes propres dossiers. La productivité était ma compagne de tous les instants. 

Puis, j’ai décidé de changer de vie et de quitter mon boulot pour me consacrer entièrement à mes plateformes. Comme elles se portaient bien, je pouvais gagner ma vie avec elles. Je pensais reprendre un horaire normal et retrouver mes week-ends. Si seulement ça avait été aussi facile…

Au lieu de m’ajuster à mon nouveau rythme plus détendu, je travaillais tous les jours. Et quand je prenais des journées de pause, je me sentais coupable de ne pas être en train de construire, d’organiser, de nettoyer ou de planifier. J’ai réalisé que je devais réapprendre à ne rien faire. À embrasser le farniente sans lui faire de reproches. 

Pour y arriver, je crois que la détente doit devenir naturelle et organique. Si on la voit venir de loin, on aura le réflexe de combler la case horaire avec des moments productifs. C’est comme si on se forçait à acheter son droit au repos en travaillant à tout prix sur un projet. Que vous soyez en préretraite, que vous ayez accroché votre tablier ou que vous éprouviez simplement de la difficulté à décrocher, essayez ces quelques astuces que j’ai développées en me concentrant pour évacuer la culpabilité. 

 

Revamper sa to-do

Parfois, nous sommes obsédés par l’idée de créer une longue to-do list pour simuler notre productivité. Nous décomposons chaque objet en sous-tâches, afin d’avoir l’impression d'accomplir plein de choses. Le premier truc est donc de ne pas continuellement se surcharger avec une liste de tâches. Au lieu de dresser une liste chaque jour, faisons un planning hebdomadaire et, surtout, réaliste. Si on a besoin d’une journée relaxe, on met la liste de côté. Si nous sommes dans un esprit productif, nous nous y attaquons. Le but est de ne pas remplir chaque journée avec les courses et les petits travaux. Oublier la to-do le temps d’une pause nous laisse inviter l’improvisation dans nos vies. Nous nous retrouvons soudain à flotter dans la piscine pendant une heure au lieu de tondre le gazon (qui peut bien attendre un peu). Et la vie est belle!

Reprogrammer son réflexe de performance

Toute notre vie, nous nous faisons évaluer et récompenser selon notre performance. Nous avons été habitués à cette dynamique dès la petite école, au travail et même dans certains loisirs. Quand vient le temps de ralentir, nous recherchons cette même gratification. En disant non à la productivité constante, nous culpabilisons de ne plus être des fonceurs. Pourtant, s’occuper de soi devrait être la nouvelle échelle de performance. Donc, c’est décidé: chaque fois que nous soufflons un peu pour apprécier la vie, prenons l’habitude de nous en féliciter mentalement. Ce sera comme coller une étoile dans notre cahier du bien-être. Acceptons que se reposer, c’est être productif… pour sa santé physique et mentale.

Donner la priorité à l’oisiveté

Nous avons la mauvaise habitude de croire que l’oisiveté se mérite suite à de gros efforts. Nous ferons cette sieste APRÈS avoir rempli les documents pour notre comptable. Nous irons lire sous un arbre APRÈS avoir fait le changement d’huile de la voiture. Et si on inversait? Voyons le bien-être du temps d’arrêt comme le moteur qui nous donnera l’énergie nécessaire pour accomplir beaucoup de choses plus tard. Comme un moment vivifiant, et non comme un ralentissement de notre efficacité. 

Comme vous le voyez, je ne suggère pas de méditer, de faire du yoga ou d’invoquer notre guru zen intérieur. Je propose plutôt d’apprivoiser de petits gestes pour réapprendre à vider sa tête et à vivre lentement. Allez, décrochez!

Pour se détendre sans trop s’en faire, on essaie de:

Réinventer sa liste de tâches.

Oublier la performance.

Faire des temps d’arrêt une priorité.



1

Commentaires

Oui à la farniente

Je viens justement aujourd’hui de prendre conscience que je me sens coupable de ne rien faire car je suis à la retraite depuis 10 mois après 48 années de travail. Merci pour votre article qui tombe à point pour moi.