VIH/sida: une lutte à finir

VIH/sida: une lutte à finir

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Le combat contre le sida n’est pas gagné. En 2017, environ sept nouveaux cas de VIH étaient diagnostiqués quotidiennement au Canada. Le 1er décembre, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/sida, on prend la peine de parler de cette condition encore trop taboue.

Qu’en est-il des aînés vivant avec le VIH? À l’instar de bon nombre d’autres maladies ou conditions, les progrès en médecine permettent aux personnes atteintes de vivre de plus en plus longtemps. Sachant que le nombre de Canadiens âgés de 65 ans et plus doublera d’ici 25 ans, les porteurs du VIH seront également plus nombreux. Et si vieillir n’est une sinécure pour personne, ça l’est encore moins pour les gens porteurs du VIH qui font face, en vieillissant, à de plus nombreux soucis de santé. «On sait que les personnes qui vivent depuis longtemps avec le VIH ont plus de diabète, plus de problèmes avec les tissus mous, des cancers qui sont plus opportunistes que d’autres, explique Gary Lacasse. S’ils vivent depuis longtemps avec le VIH, ce sont surtout les comorbidités qui sont les plus dangereuses.»

 

Stigmatisation exacerbée

Un autre défi pour les personnes âgées porteuses du VIH, «c’est de trouver, en vieillissant, des endroits où la stigmatisation – la sérophobie, comme on dit – n’est pas omniprésente», affirme M. Lacasse. À ce propos, il insiste sur l’importance d’aller sensibiliser les gens dans les maisons de retraite pour mieux faire connaître le VIH et, surtout, faire comprendre qu’on ne l’attrape pas en donnant la main à quelqu’un. «Les personnes porteuses doivent avoir accès aux mêmes services que tout le reste de la population, insiste-t-il. C’est normal: ça s’appelle de la dignité et du respect».

 

Ne pas se voiler la face

Le problème, estime le directeur général de la Société canadienne du sida, c’est le tabou entourant la sexualité des aînés. «C’est complètement fou, parce que ce n’est pas parce qu’on a 60 ou 80 ans que notre sexualité est terminée! Les gens âgés devraient pouvoir parler de ça avec leur médecin, d’autant que ceux qui ont 60 ans et plus n’ont généralement pas eu à négocier avec le condom, souligne M. Lacasse. Et les 50 ans et plus représentent environ le quart des cas d’infections au VIH diagnostiquées en 2017. C’est le même taux que celui des 15-29 ans!»