Prêt pour la retraite? Cinq situations, cinq pistes de solution

J’hésite. J’ai peur de m’ennuyer, de me sentir inutile, de perdre mon réseau social

Même si vous vous sentez mûr pour la retraite, il est normal de vous sentir angoissé. Le travail contribue à établir votre identité et votre réseau social, à définir votre statut, à vous réaliser et à vous valoriser. Du jour au lendemain, la routine que vous aviez adoptée disparaît. Fini aussi les discussions avec les collègues. La perte de ces repères et la rupture avec la routine quotidienne risquent donc d’être déstabilisantes, surtout si vous n’avez pas prévu de stratégies de remplacement ou si vous entretenez des attentes irréalistes. Par exemple, voir la retraite comme des vacances perpétuelles est la meilleure façon d’être déçu et désorienté. 

Pour éviter le choc, vous devez prévoir le coup bien avant de partir à la retraite, en ayant déjà une bonne idée de ce que vous ferez de vos journées. Songez-y: puisqu’on vit plus longtemps et en meilleure santé que les générations précédentes, votre vie à la retraite pourrait bien être aussi longue que votre vie au travail! Savoir vers quoi vous allez, voilà qui vous permettra d’atténuer le stress émotionnel lié à cette période et de chasser le sentiment de perte de but dans la vie. Il faut voir ce moment comme un nouveau départ, une façon différente de s’engager socialement. 

«La retraite nous oblige à nous redéfinir, à nous reconstruire sur des bases différentes, à nous prendre en main et à nous valoriser à travers d’autres activités que le travail, déclare Stéphanie Léonard. Mais si on n’a jamais eu de telles activités, si notre réseau social se limite à nos collègues de travail, il est évident que le choc sera énorme. La période euphorisante des premiers mois risque alors d’être suivie d’un grand vide. Voilà pourquoi il est important de se demander comment on occupera son temps et comment on pourra continuer à être utile et actif une fois à la retraite. Ça peut être en s’inscrivant à des cours, en adhérant à un club de marche, en faisant du mentorat ou du bénévolat, par exemple. Il s’agit de choisir des activités qui correspondent à nos intérêts et d’être réaliste. Si l’on n’est pas sportif, on ne le deviendra pas subitement.» 

«On a aussi avantage à instaurer une routine quotidienne, avec des plages de temps où l’on est actif physiquement et mentalement. Et, bien sûr, il faut maintenir une vie sociale. Le bureau est un lieu important de socialisation. On passe souvent plus de temps avec nos collègues qu’avec les membres de notre famille. Il faut donc se créer un nouveau réseau.» 

Malgré une bonne planification, attendez-vous à vivre une période d’adaptation. Et plus encore si le travail occupe une partie importante de votre vie et si vous vous sentez valorisé à travers lui. «Beaucoup de gens idéalisent la retraite et sont forcément déçus, dit Stéphanie Léonard. L’écart est trop grand entre leurs attentes, leurs exigences et la réalité. Cela ne veut pas dire que la retraite soit une calamité! Mais la vie de retraité est différente. Il y a des deuils à faire. La transition est donc une étape très émotive. Mais bien préparée, la retraite peut s’avérer une période passionnante et enrichissante.»



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